À Madagascar, la recrudescence des enlèvements et assassinats visant des enfants et adolescents atteints d’albinisme suscite une vive inquiétude des autorités et des organisations de défense des droits humains.
Selon plusieurs sources humanitaires et des données évoquées par les Nations Unies, au moins 16 enfants et adolescents albinos ont été kidnappés puis tués en 2025, auxquels s’ajouteraient quatre nouveaux cas depuis le début de l’année 2026. Les victimes sont majoritairement des mineurs, exposés à une extrême vulnérabilité.
Parmi les cas récents figure celui de la petite Landricia, âgée de 18 mois, enlevée à Ankalika dans la région de Toliara avant d’être retrouvée morte à Betsinjaka. Ce drame a profondément choqué l’opinion publique.
Les attaques sont associées à des croyances et rituels macabres encore présents dans certaines zones, selon lesquels les personnes atteintes d’albinisme seraient porteuses de pouvoirs surnaturels. Certains groupes criminels leur attribueraient des propriétés mystiques supposées favoriser la richesse, protéger des activités illégales ou encore révéler des ressources naturelles, notamment minières.
Les Nations Unies ont alerté à plusieurs reprises sur la situation, indiquant qu’au cours des deux dernières années, plus d’une douzaine d’enlèvements et d’agressions visant des personnes albinos ont été recensés dans le pays. Les experts appellent les autorités à renforcer en urgence les dispositifs de protection, en particulier pour les enfants, les femmes et les personnes âgées.
La situation engendre également des tensions locales. Dans certains cas, des disparitions ont déclenché des mouvements de colère et des actes de justice populaire, comme à Ikongo, où l’enlèvement d’un enfant albinos avait provoqué des émeutes meurtrières.
Les organisations humanitaires soulignent enfin que les personnes atteintes d’albinisme vivent dans un climat permanent de peur et d’insécurité. Elles appellent à une réponse plus ferme de l’État malgache, combinant protection, sensibilisation et lutte contre les croyances dangereuses à l’origine de ces violences.
