Chaque année, entre juillet et fin septembre, les eaux de l’océan Indien s’animent d’une présence aussi majestueuse qu’émouvante : les baleines à bosse. Fidèles à leur cycle migratoire, les baleines à bosse quittent les eaux glacées de l’Antarctique pour rejoindre les eaux tropicales autour de l’ile Maurice pour accomplir l’un des moments les plus essentiels de leur vie : la reproduction et la mise bas.
Selon le scientifique marin et instructeur de plongée sous-marine Yash Gopalsing, les premiers signes de leur présence sont déjà visibles dans la région de La Réunion, où les cétacés ont commencé à s’installer. Leur arrivée progressive dans les eaux mauriciennes est attendue dans les prochaines semaines, marquant ainsi le début d’une saison très attendue par les opérateurs maritimes, les scientifiques et les amoureux de la mer.
Une migration spectaculaire à travers l’océan Indien
Les baleines à bosse parcourent des milliers de kilomètres depuis les eaux froides de l’Antarctique pour rejoindre les zones plus chaudes de l’océan Indien. Ce long voyage n’a qu’un objectif : offrir à leurs petits un environnement plus sûr et propice à leurs premiers mois de vie.
Yash Gopalsing explique que les eaux mauriciennes jouent un rôle important dans leur cycle de reproduction. « Les baleines viennent à Maurice pour se reproduire ou pour donner naissance. Si un accouplement a lieu durant l’hiver de cette année, les femelles reviendront généralement l’hiver suivant pour donner naissance à leurs petits, la période de gestation étant d’environ onze mois et demi », souligne-t-il.
À leur naissance, les baleineaux restent constamment auprès de leur mère, qui les protège avec vigilance. Le jeune évolue généralement entre la femelle et les zones côtières, une stratégie naturelle qui contribue à le protéger des prédateurs. « Les baleines sont des mammifères marins très sociaux. Lorsqu’elles donnent naissance, elles allaitent leurs petits et leur transmettent progressivement les comportements essentiels à leur vie en groupe », ajoute-il.
Un spectacle vivant le long des côtes mauriciennes
Lorsque les conditions sont calmes, les baleines à bosse peuvent parfois s’approcher des embarcations. Elles saluent alors par un mouvement de nageoire ou une immersion lente avant de replonger dans les profondeurs.
Les comportements observés varient selon la période :
- En juillet, la période est souvent associée aux naissances et aux premiers contacts mère–petit.
- De fin août à septembre, les baleines se regroupent davantage en zones profondes pour la saison des amours.
C’est à ce moment que le spectacle devient le plus impressionnant : sauts hors de l’eau, frappes de nageoire, rotations complètes du corps. Ces comportements spectaculaires sont autant de signaux de communication, d’interaction ou de parade.
L’observation des baleines reste un privilège de la nature. Aucune sortie en mer ne peut garantir une rencontre à 100 %. Toutefois, les chances autour de Maurice sont particulièrement élevées, notamment dans les zones de la côte ouest.
Une rencontre respectueuse, sans interaction directe
À Maurice, l’approche des baleines est strictement encadrée. Il est interdit de nager, plonger ou pratiquer le snorkeling avec elles. « L’observation des baleines est autorisée à Maurice, mais il est interdit de nager avec elles. Une distance minimale de 300 mètres doit être respectée afin de ne pas perturber leur comportement naturel », rappelle Yash Gopalsing.
Il souligne également que cette distance constitue une mesure de sécurité tant pour les animaux que pour les humains.
« Les sauts, les mouvements de nageoires ou les changements brusques de direction font partie de leur comportement naturel. Une embarcation ou un nageur trop proche pourrait mettre en danger les baleines comme les observateurs. »
Le scientifique marin rappelle en outre que la réglementation mauricienne prévoit des sanctions sévères pour les contrevenants. « Nager avec les baleines constitue une infraction passible de lourdes amendes pouvant atteindre Rs 20 millions. » Cette réglementation vise avant tout à protéger les animaux, notamment les mères et leurs petits, particulièrement sensibles aux perturbations humaines et au bruit des moteurs.
Et paradoxalement, c’est souvent depuis cette distance respectueuse que l’émotion est la plus forte : voir surgir une masse vivante de plusieurs dizaines de tonnes au cœur de l’océan reste un moment inoubliable.








