Huit ans de cavale : un Mauricien condamné à 20 ans de prison à vie pour le meurtre de son patron à New York

ByRédaction

August 10, 2026

Il pensait avoir définitivement échappé à la justice en se réfugiant à Maurice. Mais huit ans après sa fuite, Michel Patrick Desalles a finalement été rattrapé par les autorités américaines. Extradé vers les États-Unis en 2025, il vient d’être condamné à une peine de 20 ans à la prison à vie pour le meurtre de son employeur, un bijoutier de Manhattan, mettant ainsi un terme à une cavale qui aura duré près d’une décennie.

Les faits remontent au 14 février 2017. Employé dans une bijouterie située à Tribeca, Michel Patrick Desalles s’en prend à son patron dans des circonstances d’une rare violence. Selon les éléments retenus par le tribunal, il étrangle Omid Gholian en serrant autour de son cou deux attaches en plastique (« zip ties »), provoquant sa mort. L’autopsie révèle également que la victime avait été violemment battue avant d’être tuée. Elle présentait notamment une importante blessure à la tête ainsi que de nombreuses ecchymoses au visage, témoignant de la brutalité de l’agression.

Une fuite organisée vers Maurice

À peine le crime commis, Michel Patrick Desalles met son plan à exécution. Environ trois heures après les faits, il achète un billet d’avion pour Maurice. Le soir même, il embarque à l’aéroport John F. Kennedy et quitte définitivement le territoire américain.

Le lendemain, les proches d’Omid Gholian, inquiets de ne plus avoir de ses nouvelles, se rendent à la bijouterie accompagnés de policiers. Le magasin est fermé. Grâce à une clé remise aux enquêteurs, ces derniers pénètrent dans les locaux et découvrent le corps sans vie du commerçant à l’arrière de la boutique, les attaches en plastique toujours serrées autour de son cou. Les soupçons se portent immédiatement sur l’employé disparu. Mais celui-ci se trouve déjà à Maurice, où il restera pendant plusieurs années, hors de portée immédiate de la justice américaine.

Une coopération internationale décisive

L’enquête ne s’est toutefois jamais interrompue. Pendant près de huit ans, les procureurs de Manhattan ont poursuivi les démarches nécessaires afin d’obtenir le retour du suspect devant les tribunaux américains.Leurs efforts ont finalement abouti en 2025 avec l’arrestation de Michel Patrick Desalles à Maurice, suivie de son extradition vers les États-Unis. Cette opération a été rendue possible grâce à une étroite coopération entre le Bureau des affaires internationales du Département américain de la Justice, le U.S. Marshals Service, l’ambassade des États-Unis à Port-Louis, le Bureau de l’Attorney General de Maurice, la Mauritius Police Force ainsi que le bureau du procureur de Manhattan.

« Il n’est jamais trop tard pour obtenir justice »

Le 4 juin 2026, Michel Patrick Desalles a plaidé coupable de meurtre au deuxième degré devant la Cour suprême de l’État de New York. Deux mois plus tard, il a été condamné à une peine de 20 ans à la prison à vie. À l’issue du jugement, le procureur de Manhattan, Alvin L. Bragg Jr., a salué le travail des enquêteurs. « Le prévenu a tout fait pour échapper à ses responsabilités après ce meurtre d’une extrême brutalité. Ses actes ont laissé des blessures profondes et durables à la famille et aux proches d’Omid Gholian. Il n’est jamais trop tard pour obtenir justice pour une victime d’homicide. » Le magistrat a également rendu hommage aux policiers, aux enquêteurs et aux procureurs qui ont poursuivi ce dossier pendant près d’une décennie sans jamais renoncer, malgré la fuite du suspect à l’étranger. 

L’affaire a été conduite par les procureures adjointes Julie Nobel et Elaine Ortyl, sous la supervision de Siobhan Carty et de Lisa DelPizzo, responsables de la division des procès du bureau du procureur de Manhattan. Pour la famille d’Omid Gholian, ce verdict ne pourra jamais effacer la douleur causée par la perte d’un père, d’un proche et d’un employeur. Il marque toutefois la fin d’une attente de huit années et apporte enfin une réponse judiciaire à un drame qui était resté, jusque-là, sans véritable épilogue.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *