Le vice-président tanzanien Emmanuel John Nchimbi a démissionné de ses fonctions, moins d’un an après son entrée en fonction. La présidente Samia Suluhu Hassan a accepté sa démission, a annoncé le porte-parole du gouvernement, sans en préciser les raisons.
Emmanuel Nchimbi quittera officiellement son poste le 4 septembre, après avoir été nommé vice-président en novembre dernier.
Dans un communiqué publié mardi, le gouvernement a indiqué que les procédures constitutionnelles seront engagées afin de désigner un nouveau vice-président de la République-Unie de Tanzanie.
Avant d’accéder à la vice-présidence, Emmanuel Nchimbi avait notamment occupé le poste de secrétaire général du parti au pouvoir, le Chama Cha Mapinduzi (CCM).
Le responsable avait récemment suscité des critiques au sein de son propre parti après des déclarations faites le mois dernier lors d’un événement organisé par une organisation de défense des droits.
Il avait alors déclaré qu’il encouragerait les Tanzaniens à se mobiliser en faveur d’une nouvelle Constitution, plaidant pour un texte qui favoriserait non seulement le développement économique et matériel, mais également la dignité et la valeur humaine de chaque citoyen.
Ces propos avaient été considérés par certains membres du CCM comme inopportuns. La démission intervient dans un contexte politique particulièrement sensible en Tanzanie. Samia Suluhu Hassan a remporté l’élection présidentielle de l’année dernière avec près de 98 % des voix, selon les résultats officiels.
Le scrutin avait toutefois été marqué par de violentes manifestations et des contestations, notamment après l’exclusion de plusieurs figures importantes de l’opposition.
Une commission d’enquête mise en place par le gouvernement a par la suite estimé qu’au moins 518 personnes avaient été tuées lors des troubles qui ont suivi le processus électoral.
Le départ prochain de Nchimbi ouvre désormais la voie à la nomination d’un nouveau vice-président, dans un contexte politique toujours sous tension.

