Le Premier ministre britannique Andy Burnham est arrivé lundi à Kyiv, à l’occasion de la fête de l’Indépendance de l’Ukraine. Il s’agit de sa première visite à l’étranger depuis son entrée en fonction. Au programme : une rencontre avec le président Volodymyr Zelensky, une réunion de la « coalition des volontaires » et l’annonce d’un accord permettant à l’Ukraine de produire ses propres missiles de longue portée.
Andy Burnham entend ainsi afficher le soutien de Londres à Kyiv, alors que la guerre avec la Russie se poursuit et que les attaques se sont intensifiées ces dernières semaines.
Lors de cette visite, le Premier ministre britannique doit remettre aux autorités ukrainiennes les plans permettant au pays de produire une version de missiles de croisière britanniques de type Storm Shadow. Ces missiles peuvent atteindre des cibles situées jusqu’à environ 241 kilomètres.
Pour Londres, ce transfert de technologie constitue un signal important du soutien britannique à l’Ukraine. Andy Burnham doit également présider sa première réunion de la « coalition des volontaires », une alliance qui regroupe plus de 35 pays soutenant l’Ukraine.
« Le soutien britannique ne faiblira pas »
Au cours de sa visite, Andy Burnham doit rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Le chef du gouvernement britannique devrait réaffirmer que le soutien de Londres à Kyiv restera ferme aussi longtemps que nécessaire.
Cette visite intervient alors que Moscou a récemment menacé le Royaume-Uni de « conséquences » en raison notamment de l’utilisation par l’Ukraine de drones britanniques.
Dans le même temps, Kyiv a intensifié ses frappes à longue portée contre des infrastructures situées en Russie. Des raffineries de pétrole et des entrepôts appartenant notamment au géant russe de la vente en ligne Wildberries ont été ciblés.
L’ancien chef du MI6, Richard Moore, a estimé que l’Ukraine réalisait un travail « extraordinaire » dans ses frappes en profondeur sur le territoire russe. Selon lui, les attaques ukrainiennes mettent sous pression l’économie russe et les infrastructures qui soutiennent son effort militaire.
Il a toutefois averti que l’Ukraine faisait face à des difficultés pour maintenir ses stocks de missiles intercepteurs Patriot, indispensables pour se protéger contre les frappes russes.
De nouvelles frappes des deux côtés
La visite d’Andy Burnham intervient également dans un contexte de nouvelles attaques entre les deux camps.
Deux personnes ont été tuées dans le sud-ouest de la Russie après la chute de débris liés à des frappes de drones ukrainiens, selon l’agence russe Tass. Le groupe russe Ozon a par ailleurs indiqué que plusieurs de ses entrepôts avaient été touchés dans les régions de Krasnodar et du Daghestan, où des incendies se sont déclarés.
De son côté, le ministère russe de la Défense affirme avoir frappé des infrastructures portuaires et des navires dans la région ukrainienne d’Odessa. Moscou affirme que ces installations étaient utilisées pour acheminer du matériel destiné aux forces ukrainiennes. Ces affirmations n’ont toutefois pas été confirmées par Kyiv.
Zelensky sous pression sur la corruption
En marge de la visite britannique, la question de la gouvernance en Ukraine continue également de susciter des débats.
L’ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov, limogé le mois dernier, a estimé que Volodymyr Zelensky devait être interrogé sur les accusations de corruption visant certains membres de son entourage. Il a toutefois précisé ne pas avoir personnellement vu le président participer à des actes de corruption.
Fedorov a également renouvelé son appel à l’organisation d’élections en Ukraine. Volodymyr Zelensky estime, pour sa part, que des élections en pleine guerre seraient actuellement trop dangereuses pour le pays et risqueraient, selon lui, de provoquer de profondes divisions.

