Une nouvelle nuit de frappes russes a fait au moins 13 morts et 40 blessés à Kyiv, selon le Premier ministre ukrainien. Des immeubles résidentiels, des entrepôts, une école et un hôpital pour enfants ont été endommagés. Le président Volodymyr Zelensky affirme que le manque de missiles intercepteurs contribue directement au bilan humain, alors que Kyiv dépend largement des livraisons occidentales pour faire face aux missiles balistiques russes.
Une nouvelle nuit de terreur à Kyiv
La capitale ukrainienne a été lourdement frappée dans la nuit de jeudi à vendredi. Les sirènes d’alerte ont retenti peu avant minuit avant qu’une série d’explosions ne secoue plusieurs quartiers de Kyiv.
Selon l’armée de l’air ukrainienne, la Russie a lancé 168 drones et 44 missiles au cours de cette attaque, principalement contre la capitale. Les défenses antiaériennes ukrainiennes ont annoncé avoir détruit 146 drones et 39 missiles de croisière.
Mais les missiles balistiques semblent avoir constitué une menace particulièrement difficile à contrer. La mise à jour publiée par l’armée de l’air ukrainienne laisse entendre qu’aucun des missiles balistiques russes utilisés durant la nuit n’a été intercepté.
Le bilan provisoire fait état d’au moins 13 morts et 40 blessés à Kyiv. Plusieurs bâtiments résidentiels ont été touchés, laissant des habitants sous les décombres.
Zelensky réclame davantage de missiles
Pour le président ukrainien Volodymyr Zelensky, cette nouvelle tragédie illustre directement les conséquences du manque de systèmes de défense antimissile.
Dans un message publié sur Telegram, il a estimé que tant que l’Ukraine ne disposerait pas de suffisamment de capacités capables d’intercepter les missiles balistiques, la Russie ne considérerait pas sérieusement la possibilité de la paix.
L’Ukraine dépend notamment des systèmes américains Patriot, considérés comme essentiels pour tenter d’intercepter les missiles balistiques russes.
Mais Kyiv affirme que ses stocks diminuent et que certains missiles intercepteurs n’ont pas encore été remplacés.
« Chaque missile supplémentaire sauve la vie de notre peuple », a insisté Zelensky.
Le député ukrainien Oleksiy Goncharenko a, de son côté, déclaré à la BBC que l’Ukraine était « absolument sans protection » contre les attaques balistiques sans les intercepteurs nécessaires.
Des quartiers plongés dans le noir
Les frappes ont également provoqué d’importantes perturbations. Des milliers de logements ont été privés d’électricité, plongeant plusieurs secteurs de la région de Kyiv dans l’obscurité.
Dans les rues, les secours ont travaillé pendant des heures pour rechercher d’éventuels survivants sous les décombres.
Parmi les personnes touchées figure Larysa Bondaruk, 60 ans. Son appartement a été détruit dans les frappes. Elle a été évacuée avec quelques affaires personnelles et son chat, Chane, alors que les secouristes poursuivaient leurs opérations.
Des vitres brisées et des débris continuaient de tomber des immeubles endommagés durant les premières heures de la matinée.
Une journée de deuil a été décrétée vendredi en hommage aux victimes.
Une aide occidentale sous pression
Cette nouvelle attaque intervient alors que l’Ukraine fait face à une pénurie de missiles de défense aérienne. Les livraisons occidentales constituent une composante essentielle de la capacité de Kyiv à protéger ses villes et ses infrastructures.
Les États-Unis ont notamment fourni à l’Ukraine des missiles intercepteurs Patriot. Mais Washington a lui-même utilisé une partie importante de ses stocks dans le cadre de ses opérations militaires au Moyen-Orient et fournit désormais moins de missiles à Kyiv.
La situation place donc l’Ukraine devant un dilemme particulièrement difficile : protéger ses grandes villes, ses infrastructures énergétiques et ses installations militaires avec des stocks de missiles limités.
Un nouveau front politique pour Zelensky
La question de la défense aérienne intervient également dans un contexte politique délicat pour Volodymyr Zelensky.
L’ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov a récemment lancé un défi politique au président en appelant à la tenue d’élections malgré la guerre. Il a également accusé le gouvernement d’être confronté à une crise de gouvernance et affirmé que la corruption avait privé l’armée d’armes.
Le gouvernement ukrainien doit ainsi gérer simultanément la pression militaire russe, les difficultés d’approvisionnement en armes et les critiques politiques internes.
La guerre aérienne s’intensifie
Les attaques ne se limitent toutefois pas au territoire ukrainien. Ces dernières semaines, Kyiv a intensifié ses frappes de drones en profondeur sur le territoire russe.
Moscou affirme notamment avoir abattu 726 drones ukrainiens lancés contre différentes régions russes. Une attaque récente contre la capitale russe avait impliqué environ 600 drones, selon les autorités locales.
La Roumanie a également indiqué qu’un drone avait pénétré dans son espace aérien avant de s’écraser dans une zone inhabitée. La Pologne a, elle aussi, annoncé avoir déclenché des opérations aériennes défensives pour protéger son espace aérien.
Alors que les frappes s’intensifient des deux côtés, les efforts diplomatiques visant à obtenir un cessez-le-feu restent largement bloqués. La Russie et l’Ukraine continuent de s’accuser mutuellement de cibler des civils.

