La tension monte d’un cran dans l’affaire qui oppose Gérard Sanspeur à plusieurs figures de l’establishment mauricien. Samedi 6 septembre, Tevin Sithanen a rompu le silence et contre-attaqué frontalement. Dans un communiqué au ton incisif, le fils du gouverneur de la Banque de Maurice a rejeté avec force les allégations portées contre lui par l’ancien Second Deputy Governor, lors d’une conférence de presse organisée le 29 août dernier.
L’expert-comptable formé à la prestigieuse London School of Economics affirme avoir été entraîné malgré lui dans une querelle qui ne le concerne en rien. « Je considère de mauvaise foi les tentatives choquantes visant à m’impliquer dans des conflits opposant Monsieur Sanspeur à son ex-employeur et à l’État mauricien », écrit-il. Selon lui, certains extraits de ses propos et de ses communications auraient été sortis de leur contexte pour nourrir une polémique stérile.
Un démenti catégorique
Tevin Sithanen, habituellement discret, n’a pas mâché ses mots. Il dément catégoriquement toutes les accusations portées à son encontre et insiste sur le caractère infondé des insinuations relayées par Sanspeur. « Je rejette avec la plus grande fermeté toute tentative visant à porter atteinte à mon honneur, mon intégrité et ma réputation », martèle-t-il. Pour le jeune professionnel, ces attaques ne sont rien d’autre qu’une manœuvre visant à brouiller les cartes dans une affaire dont il n’est ni l’acteur ni la cible principale.
Une affaire aux multiples ramifications
Depuis plusieurs mois, Gérard Sanspeur, ancien haut cadre de la Banque de Maurice, multiplie les sorties médiatiques pour dénoncer ce qu’il décrit comme des pratiques irrégulières et des zones d’ombre dans la gestion de l’institution. Ses prises de position lui valent de nombreuses inimitiés, mais aussi une exposition médiatique considérable. Cette fois-ci, ses déclarations semblent avoir franchi une ligne rouge en impliquant, même indirectement, le fils du gouverneur Harvesh Seegolam.
Pour Tevin Sithanen, il est clair que son nom a été instrumentalisé. L’idée d’être associé, même de loin, à des règlements de comptes entre Sanspeur, son ancien employeur et l’État mauricien, est jugée « condamnable ». Ce communiqué signe donc une volonté ferme de couper court aux spéculations.
La menace judiciaire plane
Au-delà du démenti, Tevin Sithanen brandit l’arme juridique. Il précise se réserver « l’intégralité de [ses] droits, y compris celui d’engager toute action légale qu’[il] jugera appropriée sur avis de [son] équipe légale devant les juridictions compétentes ». Une manière claire de faire comprendre que le dossier ne restera pas lettre morte si les attaques persistent. Cette déclaration donne une dimension nouvelle à l’affaire : d’un débat médiatique, elle pourrait rapidement basculer vers une bataille judiciaire.
Une affaire qui ne fait que commencer
Cette contre-offensive de Tevin Sithanen démontre à quel point l’« affaire Sanspeur » est loin d’être close. Elle illustre aussi les tensions profondes qui agitent la sphère politico-financière du pays. Entre accusations, contre-accusations et menaces de poursuites, l’opinion publique assiste à un bras de fer dont les retombées institutionnelles et politiques pourraient être considérables.
Si Gérard Sanspeur persiste dans ses révélations, et si Tevin Sithanen met sa menace judiciaire à exécution, cette affaire pourrait bien s’installer durablement dans l’actualité nationale, ouvrant un nouveau chapitre dans la confrontation entre un ancien haut fonctionnaire rebelle et ceux qu’il accuse de dérives.

