Un ancien membre du conseil d’administration de la Financial Services Commission (FSC) se retrouve au centre d’une controverse qui soulève de sérieuses interrogations sur un possible conflit d’intérêts. Selon des informations recueillies, cette ex-dirigeante aurait joué un rôle clé, durant son mandat au sein du régulateur, dans la mise en place d’une société de gestion dont l’actionnaire déclaré réside dans le nord de l’île.
L’affaire prend une tournure encore plus délicate lorsqu’on examine le cadre réglementaire entourant les Managed Corporate Services Providers (MCSP). Jusqu’ici, ce type de licence était principalement accordé à des investisseurs étrangers, à titre transitoire, le temps pour eux de recruter les ressources locales nécessaires notamment un Money Laundering Reporting Officer (MLRO), des compétences informatiques et d’autres fonctions stratégiques avant d’opérer de manière autonome.
Or, sous une influence présumée, le conseil de la FSC aurait modifié cette réglementation afin d’ouvrir, à titre exceptionnel, cette possibilité à une société locale. Une modification qui, selon plusieurs recoupements, aurait bénéficié à une seule entité, alimentant ainsi les soupçons d’un aménagement réglementaire sur mesure.
Mais les interrogations ne s’arrêtent pas là. La société concernée aurait également bénéficié, toujours selon nos informations, d’un positionnement stratégique au sein du régulateur pour attirer une clientèle particulièrement convoitée, comprenant notamment des Investment Dealers et d’autres entités placées sous l’autorité de la FSC. Pour une structure aussi récente, un tel portefeuille soulève inévitablement des questions sur l’existence possible d’un réseau d’influence.
Autre élément troublant : le nom de l’ex-administratrice n’apparaît dans aucun document officiel lié à la société. Aucune mention publique, aucune fonction déclarée. Pourtant, plusieurs sources soutiennent qu’elle aurait été l’instigatrice discrète de cette structure, agissant en coulisses tout en étant investie d’un pouvoir réglementaire significatif.
Le fait que le nouveau conseil d’administration de la FSC ait depuis rétabli la réglementation initiale n’est pas anodin. Cette décision est perçue par certains observateurs comme un désaveu implicite de l’amendement précédent et ravive les inquiétudes quant à la porosité possible entre fonction de régulation et intérêts privés.
Selon nos informations, la Financial Crimes Commission (FCC) travaille en étroite collaboration avec les institutions concernées. L’ancienne administratrice du conseil de la FSC devrait être interrogée très prochainement. Les enquêteurs cherchent à faire toute la lumière sur une série de décisions et de liens présumés, au cœur d’un dossier qui pourrait avoir des répercussions majeures.

