Allégations de détournement de 8 millions USD : des documents accablants visent les dirigeants de Global Primex

ByRédaction

March 3, 2026
  • Son CEO Marek Olgierd Sala a déjà quitté le territoire local

Une affaire aux implications potentiellement majeures secoue actuellement le secteur des services financiers mauricien. Au centre des allégations : Global Primex Limited, société détentrice d’une licence de Payment Intermediary Services (PIS), visée par une mise en demeure formelle émanant de trois sociétés étrangères  TW Corp LLC, Veltres Limited et IBS-M Ltd.

Le montant en jeu est considérable : plus de 8,18 millions de dollars américains et 819 505 euros que les plaignantes affirment ne plus pouvoir récupérer. Selon des sources proches du dossier, l’affaire serait actuellement examinée par la Financial Services Commission (FSC) ainsi que par la Financial Crimes Commission (FCC).

Des comptes marchands devenus inaccessibles

Au cœur du litige : une plateforme de transferts électroniques opérée sous le nom de Sharin.global. Les trois sociétés disposaient de comptes marchands ouverts dans le cadre d’accords contractuels encadrant précisément les obligations de l’intermédiaire financier.

Le mécanisme était clair : les clients effectuaient des transferts via la plateforme, les fonds étaient crédités sur les comptes correspondants, puis restitués lors de demandes de retrait ou de remittance, après déduction des frais convenus.

En tant que titulaire d’une licence PIS délivrée par la FSC, Global Primex était tenue de respecter un principe fondamental du secteur : la stricte ségrégation des fonds clients, séparés des actifs propres de la société.

Or, selon le documents legale , des difficultés d’accès aux fonds auraient commencé à apparaître dès juillet-août 2023. Des demandes répétées de recall et de transfert seraient restées sans effet, alimentant l’inquiétude des partenaires commerciaux.

Des montants vertigineux

Au 3 septembre 2024, les soldes cumulés évoqués atteindraient des niveaux particulièrement élevés : TW Corp : plus de 6,19 millions USD et 440 171 euros , Veltres Limited : 2,84 millions USD,  IBS-M Ltd : 2,78 millions USD. À ces sommes s’ajouteraient près de 1,9 million USD et plus de 379 000 euros logés dans un système interne désigné sous le nom de VLOAD/PAYREDEEM. Le total exigé s’élèverait à 8 183 302,90 USD et 819 505,38 euros.

Les plaignantes soutiennent que ces fonds auraient été « détournés ou dissipés ».

Un prêt à une partie liée qui interroge

Un autre volet sensible du dossier concerne un prêt figurant dans les états financiers comme un « related party loan ». Selon les documents cités dans la mise en demeure, Global Primex aurait accordé un prêt non garanti, sans intérêt et sans échéance clairement définie à son directeur et bénéficiaire effectif, Marek Olgierd Sala.

Ce prêt aurait été octroyé alors que la société enregistrait une dégradation notable de sa performance financière. Les documents examinés évoqueraient une chute de 94 % du profit entre 2021 et 2022.

Des dirigeants nommément visés

Outre Global Primex Limited, la mise en demeure cite plusieurs personnes : Marek Olgierd Sala, Rishianandsingh Moorut, Vijay Anundee, Roger Lucas Salla, Rene Alexander Salla, ainsi que la société de management AACapital International Limited.

Il est allégué que les administrateurs auraient autorisé, validé ou omis de prévenir des décisions susceptibles de contrevenir aux obligations fiduciaires et aux règles de bonne gouvernance.

AACapital International Limited est, pour sa part, accusée d’avoir manqué à son devoir de monitoring et de signalement de potentielles transactions suspectes. À ce stade, aucune des parties visées n’a publiquement communiqué sa version des faits.

Le siège de Global Primex est situé à Ebène, au cœur de Cybercity. Fait troublant : selon nos vérifications, le site internet de la société aurait récemment été suspendu.

Un CEO hors du pays depuis le début des dysfonctionnements allégués

Autre élément qui attire l’attention : la situation personnelle du CEO, Marek Olgierd Sala. Il détient un statut de résident à Maurice en tant qu’investisseur, sous le numéro d’Occupation Permit et valide jusqu’au 24 avril 2028.

Cependant, selon les données officielles, il a quitté le territoire le 29 mars 2022 à destination de Dubaï, à bord du vol EK704 d’Emirates, et ne serait pas revenu depuis. Le parcours de Marek Olgierd Sala est étroitement lié au secteur du paiement électronique international. En 2012, il était CEO de Global Primex Europe, basée à Varsovie, en Pologne.

En 2013, il prend la tête de GPN Data (Mauritius) Ltd, affiliée à Global Primex Europe, spécialisée dans le traitement de paiements par carte bancaire et les services aux commerçants. Aujourd’hui, alors que son permis de résidence demeure valide pour encore plusieurs années, l’absence prolongée du CEO soulève des interrogations.