L’ex-président brésilien Jair Bolsonaro a été assigné à résidence, sur ordre du juge Alexandre de Moraes, dans le cadre de l’enquête sur sa tentative présumée de coup d’État. Déjà déclaré inéligible jusqu’en 2030, Bolsonaro voit son isolement politique et judiciaire s’accentuer.
Cette décision intervient après que des interventions de l’ancien chef d’État ont été relayées par ses partisans sur les réseaux sociaux, en marge de manifestations organisées à travers le pays. Le juge Moraes a estimé que Bolsonaro avait violé à plusieurs reprises les restrictions qui lui interdisaient de s’exprimer, directement ou indirectement, sur les plateformes numériques.
Depuis mi-juillet, l’ancien président est soumis au port d’un bracelet électronique, ne peut quitter son domicile soir et week-end, et se voit désormais interdire l’usage de tout téléphone mobile. Une perquisition menée à son domicile à Brasilia a permis la saisie de plusieurs appareils. Seuls ses avocats peuvent encore lui rendre visite, sauf autorisation spéciale.
Le juge Moraes, figure puissante et controversée, n’a pas mâché ses mots : « La justice est aveugle, mais elle n’est pas idiote. » Il a mis en garde : tout nouveau manquement entraînera un placement immédiat en détention provisoire.
L’ancien président, accusé avec sept de ses proches collaborateurs d’avoir voulu se maintenir illégalement au pouvoir après sa défaite électorale face à Lula en 2022, attend l’issue de son procès dans les prochaines semaines. Ses partisans dénoncent une volonté de réduire au silence le chef de l’opposition, tandis que les institutions judiciaires brésiliennes maintiennent la pression.

