Le Premier ministre britannique Keir Starmer a suspendu l’accord visant à restituer les îles Chagos à Maurice, dans un contexte de relations dégradées avec les États-Unis et en l’absence d’un soutien formel de Washington.
Malgré un appui initial, Donald Trump a ensuite exhorté Londres à abandonner le projet, qualifiant en janvier le plan d’« acte de faiblesse totale ». Cette opposition a pesé lourdement sur la décision britannique.
Le gouvernement britannique précise qu’il ne renonce pas définitivement à l’accord, mais admet ne plus disposer du temps nécessaire pour faire adopter la législation avant la suspension prochaine du Parlement. Le projet de loi ne devrait donc pas apparaître dans le discours du Roi prévu à la mi-mai.
L’accord prévoyait le transfert de souveraineté de l’archipel — officiellement territoire britannique de l’océan Indien — à Maurice, tout en permettant au Royaume-Uni de conserver l’usage de la base militaire stratégique de Diego Garcia via un bail estimé à environ 101 millions de livres par an.
Toutefois, un obstacle majeur persiste : l’absence d’un échange formel de lettres entre Londres et Washington, une condition juridique indispensable à la mise en œuvre du traité.
Un porte-parole du gouvernement a rappelé que Diego Garcia demeure un atout militaire essentiel pour les États-Unis et le Royaume-Uni, soulignant que la sécurité à long terme de la base reste la priorité.
De son côté, l’ancien haut diplomate britannique Simon McDonald estime que Londres n’avait « pas d’autre choix » que de suspendre le projet. Selon lui, le Royaume-Uni cherchait à la fois à respecter le droit international et à préserver sa relation avec les États-Unis — un équilibre devenu intenable face à l’opposition américaine.
Pour l’heure, le dossier des Chagos est mis en suspens, sans calendrier précis pour une éventuelle relance des négociations.

