Le gouvernement s’active pour garantir la sécurité énergétique du pays face aux perturbations mondiales. Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Énergie , Patrick Assirvaden a fait le point sur la situation critique de l’approvisionnement en huile lourde.
Patrick Assirvaden a souligné que la sécurité énergétique est un enjeu fondamental pour Maurice, avertissant que la crise actuelle pourrait avoir des répercussions plus importantes que celles de la pandémie de COVID-19. Il a rappelé que le conflit déclenché au Moyen-Orient le 28 février 2026 a fortement perturbé les chaînes d’approvisionnement, empêchant notamment l’expédition d’une cargaison de fuel initialement attendue le 21 mars.
Face à cette situation, une réunion de crise a été organisée début mars, réunissant notamment la State Trading Corporation, le Central Electricity Board et le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen. Il a été décidé de diversifier les sources d’approvisionnement afin de réduire la dépendance aux zones affectées par le conflit.
Dans cette optique, un premier tanker en provenance de Singapour, transportant 33 500 tonnes de l’huile lourde, est attendu à Port-Louis le 1er avril. Une seconde cargaison, acheminée par le navire MT Clean Thrasher, devrait arriver entre le 15 et le 17 avril avec 32 000 tonnes supplémentaires. Toutefois, ces opérations représentent un coût total estimé à 2,4 milliards de roupies, soit un surcoût d’environ 1 milliard de roupies pour le pays.
Parallèlement, plusieurs mesures ont été mises en place pour faire face à la crise. Un comité de haut niveau, présidé par le secrétaire financier, a été instauré afin de coordonner les actions. Le gouvernement envisage également de limiter la consommation d’électricité dans certains secteurs fortement énergivores, tels que les centres commerciaux, les terrains de football en soirée ou encore les établissements scolaires en dehors des heures de cours.
Des efforts sont également entrepris pour renforcer l’efficacité énergétique. Une campagne nationale de sensibilisation sera intensifiée, tandis que des mesures réglementaires seront appliquées pour sanctionner le gaspillage d’électricité. À partir de septembre 2026, les réfrigérateurs à forte consommation énergétique seront interdits, dans la continuité des restrictions déjà appliquées aux climatiseurs.
Le ministre a par ailleurs annoncé qu’un protocole d’accord avec Inde devrait être signé en juillet 2026 afin de renforcer la coopération énergétique. En attendant, le Central Electricity Board travaille à augmenter ses capacités de stockage, avec pour objectif de passer d’une autonomie de 50 jours à deux ou trois mois.
Face à cette situation jugée préoccupante, Patrick Assirvaden a lancé un appel à la population, invitant chacun à adopter des comportements responsables et à éviter tout gaspillage d’énergie.

