Ce lundi 20 octobre, l’île Maurice s’illuminera pour célébrer Divali, la fête de la lumière. Dans chaque foyer, les lampes à huile chasseront l’obscurité pour rappeler la victoire du bien sur le mal, de la connaissance sur l’ignorance et de la paix sur la discorde. Entre ferveur spirituelle, douceurs sucrées et décorations étincelantes, Divali demeure l’un des moments les plus lumineux du calendrier mauricien, symbole d’unité, de renouveau et d’espérance.
Dans la tradition hindoue, Divali (ou Deepavali) symbolise la lumière triomphant des ténèbres. Elle puise ses racines dans plusieurs récits sacrés, notamment celui du retour du roi Rama à Ayodhya après quatorze années d’exil et la défaite du démon Ravana, relaté dans le Ramayana.
Pour célébrer ce retour, les habitants d’Ayodhya auraient allumé des milliers de lampes pour guider Rama et Sita vers la cité royale — un geste de dévotion et d’amour qui perdure depuis des millénaires.
Divali rend aussi hommage à la déesse Lakshmi, incarnation de la richesse, de la prospérité et de la pureté. Les familles mauriciennes nettoient et décorent leur maison pour l’accueillir, convaincues que la propreté et la lumière attirent ses bénédictions.
Trois jours de rituels et de lumière
Cette année, le Pandit Trishna explique avec bienveillance les rituels à observer durant les trois jours menant à Divali 2025. Il rappelle que la fête coïncide avec le Masik Shivratree, ce qui confère une énergie spirituelle particulière à cette édition.
Les cérémonies ont débuté hier avec le Yam Deep Daan, placé sous le signe de Shani (Saturne). Ce moment de purification invite à harmoniser le foyer et l’esprit. Le Pandit Trishna recommande d’allumer la « lampe à quatre coins », symbole d’équilibre et de protection, en utilisant de l’huile de moutarde et de til noir (sésame) pour éloigner les ondes négatives. « C’est un jour propice à la paix intérieure, dit-il. Quand vous allumez la lampe, pensez à éclairer votre cœur avant vos murs. »
Ce dimanche 19 octobre, veille de la grande fête, marque le Dhanteras, dédié à Maha Lakshmi. Ce jour-là, huit lampes doivent être allumées — une dans chaque coin de la maison — vers 19 heures. « Cette année, il n’y a ni restriction ni heure fixe, car aucune éclipse ne perturbe le rituel », précise le pandit.
“Éclairer son cœur avant son foyer”
Au-delà du rite, le message du Pandit Trishna porte une dimension universelle : « Souhaitez Divali avec la paix, la santé et l’amour. N’allumez pas la lampe de la haine, mais celle de la compassion. »
Dans un monde souvent divisé, ces mots résonnent comme un rappel essentiel : la vraie lumière ne brûle pas dans les diyas, mais dans les intentions.
Elle doit, dit-il, « rayonner non seulement sur ceux qu’on aime, mais aussi sur ceux qu’on comprend moins ».
À la tombée de la nuit, Maurice s’embrasera de milliers de lampes en terre cuite et de guirlandes scintillantes. Les familles se retrouveront, les voisins s’échangeront des ladoos, barfis et gulab jamuns.
Divali dépasse les frontières de la foi pour devenir une fête nationale du partage et de la tolérance. Comme le rappelle le Pandit Trishna : « La lumière n’a pas de religion, elle éclaire tout ce qu’elle touche. Puissions-nous, ensemble, allumer la lampe de l’unité et de l’espérance.

