C’est un secteur qui ne connaît pas la crise. Pour cause, les pharmaciens tirent toujours leurs épingles du jeu en répercutant systématiquement les hausses sur les consommateurs sans oublier leurs marges. Certains membres du public se plaignent régulièrement de l’envolée sans limite des prix des médicaments. Impossible de les fixer, c’est la pénurie assurée. Face à cette situation, le ministre du Commerce et de la Protection des Consommateurs, Michael Sik Yuen, semble avoir la solution. Il prône l’importation parallèle. Pour pallier la rupture de stock d’une centaine de médicaments dans les pharmacies privées, le ministre Michael Sik Yuen annonce les travaux d’un comité interministériel où l’importation parallèle de médicaments et la révision de la marge de profits des pharmaciens seront considérées.
Le Price Stabilisation Fund déjà en action
Depuis le 1er février 2026, 22 importateurs et près de 400 pharmacies participent au dispositif gouvernemental du Price Stabilisation Fund (PSF), couvrant environ 900 médicaments. Le PSF prévoit une aide de Rs 50 par boîte sur certains médicaments vendus à Rs 100 ou plus. Sont concernés : les traitements pour le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires, ainsi que huit autres catégories, portant le total à onze, incluant antiacides, analgésiques, anticancéreux, produits biologiques, inhalateurs, vaccins, anthelminthiques et antifongiques.
Initialement prévu le 15 janvier, le dispositif a été repoussé pour permettre aux pharmaciens d’adapter leurs systèmes d’information. Malgré tout, l’achat de médicaments plombe le budget familial. Sans compter que le diabète affecte près d’un adulte sur cinq, l’hypertension 27,2 %, le surpoids 36 % et l’obésité 36,2 %. C’est pourquoi le gouvernement veut aller de l’avant avec un autre mode d’acheminement des médicaments à Maurice.
L’importation parallèle expliquée
L’importation parallèle consiste à importer des produits originaux depuis l’étranger via des canaux de distribution non officiels, sans l’autorisation du titulaire de la marque, pour les revendre moins cher sur un autre marché. Ces produits du « marché gris » sont authentiques mais profitent de différences de prix entre pays. Elles sont généralement légales, notamment au sein de l’Union européenne (UE) ou de l’Espace économique européen (EEE), sur la base du principe de l’épuisement des droits de propriété intellectuelle. L’objectif principal est de profiter des disparités de prix pour offrir des produits moins chers (médicaments, voitures, biens de consommation) et stimuler la concurrence.
Un projet toujours à l’étude
L’importation parallèle de médicaments à Maurice, visant à réduire les prix, est un projet toujours à l’étude, confirmé par le ministre du Commerce, Michael Sik Yuen. Ce dossier, examiné pour améliorer l’accessibilité aux produits pharmaceutiques, nécessite des consultations approfondies pour garantir la sécurité et la conformité, selon des déclarations rapportées. Le but est de contenir les coûts, mais le projet fait l’objet d’un examen approfondi pour garantir la sécurité des produits.
L’objectif du gouvernement est d’alléger la charge financière des consommateurs tout en garantissant la sécurité des produits. « Nous devons procéder à de larges consultations pour introduire des produits sûrs sur le marché », explique Michael Sik Yuen. Toutefois, il veut écouter toutes les parties concernées avant d’aller de l’avant. Poursuivant, le ministre ajoute : « Les médicaments sont des produits de précision et concernent directement la santé des personnes. Ce n’est pas comme lorsqu’on achète une boîte de sardines et que l’on peut choisir une autre marque si l’habituelle n’est pas disponible ».
Consensus et prudence nécessaires
Michael Sik Yuen reconnaît que certains sont favorables à l’importation parallèle, tandis que d’autres s’y opposent et défendent des intérêts particuliers. La mesure est actuellement étudiée par un comité qui s’est réuni à deux reprises depuis décembre. Toutefois, le ministre du Commerce insiste sur la nécessité de procéder avec prudence, soulignant que les médicaments sont des produits sensibles, et que le gouvernement ne souhaite en aucun cas permettre l’entrée de produits défectueux ou de qualité douteuse sur le marché.
« Nous devons écouter toutes les parties afin que ce soient les consommateurs qui en bénéficient », affirme Michael Sik Yuen.
Selon le ministre, le comité travaille d’arrache-pied sur le dossier de l’importation parallèle des médicaments, une option sérieusement à l’étude, car elle pourrait résoudre de nombreux problèmes liés à l’accès et aux prix des médicaments. Il y aurait une pénurie de plus d’une cinquantaine de médicaments, toutefois leurs génériques sont disponibles. Cette pénurie serait due à une baisse de la production mondiale, qui a également entraîné une augmentation des prix à l’international.
Vers des outils numériques pour contrôler les prix
Par ailleurs, Michael Sik Yuen a annoncé cette semaine que le projet d’une application pour suivre les prix en supermarché n’a pas été abandonné. Le ministère envisage même d’intégrer de l’intelligence artificielle pour sanctionner plus efficacement les commerçants ne respectant pas les prix fixés ou les marges bénéficiaires.
Il faut aller plus vite avec des mesures qui peuvent alléger les consommateurs. Il y aura de la résistance, surtout concernant l’importation parallèle. Il ne faut plus laisser quelques personnes prendre en otage toute une population.

