Dans plusieurs régions de l’Est, la filière maraîchère traverse une zone de fortes turbulences. Des centaines d’arpents de laitues ont été sévèrement touchés en l’espace de quelques semaines, laissant des planteurs désemparés face à des pertes financières importantes. Au cœur des inquiétudes : le champignon Fol, suspecté d’être à l’origine de cette dégradation rapide des cultures.
Sur le terrain, les témoignages convergent. Des laitues qui semblaient saines au départ commencent soudainement à jaunir, puis à se flétrir avant même d’atteindre leur maturité. En quelques jours, les plants deviennent impropres à la vente, forçant les agriculteurs à arracher et jeter des récoltes entières.
« Tout allait bien au début. Puis, du jour au lendemain, les feuilles ont jauni et les plants ont dépéri. On n’a rien pu faire », confie un planteur de la région de l’est , visiblement découragé.
Selon plusieurs sources agricoles, le champignon Fol connu pour attaquer le système racinaire de certaines variétés de laitues, notamment la Tourbillon pourrait être responsable de cette situation. Ce pathogène fongique provoque un blocage de l’absorption de l’eau et des nutriments, entraînant un affaiblissement rapide de la plante.
Les autorités appellent à une mobilisation urgente
Face à la propagation de la maladie, les autorités agricoles et les spécialistes du secteur lancent un appel à la vigilance. Des documents de sensibilisation circulent actuellement auprès des planteurs afin de mieux identifier les symptômes et adopter les bons réflexes.
Parmi les premières mesures recommandées figure le contrôle rigoureux des jeunes plants en pépinière. L’objectif est de détecter toute contamination en amont, avant même la mise en terre. Les experts insistent également sur l’importance d’utiliser uniquement des semences certifiées et du matériel de plantation sain.
Autre point crucial : l’hygiène des parcelles. Les planteurs sont appelés à retirer immédiatement les plants contaminés et à les détruire afin de limiter la propagation du champignon. Le nettoyage régulier des outils, des bottes et des équipements agricoles est également fortement conseillé.
Des pertes lourdes pour les producteurs
Dans les zones les plus touchées, les pertes sont déjà conséquentes. Certains agriculteurs parlent de récoltes quasiment anéanties, alors même que les coûts de production semences, fertilisants, irrigation ont augmenté ces derniers mois.
Pour de nombreux petits planteurs, la laitue représente une source de revenus essentielle, avec des cycles de production rapides. La destruction des cultures signifie donc un manque à gagner immédiat et difficile à compenser.
Une situation qui ne serait pas généralisée
Toutefois, tous les planteurs ne sont pas affectés de la même manière. Sudesh Khedun, planteur dans le Nord et membre de l’Association des Planteurs, estime que le phénomène reste pour l’instant localisé.
« Dans certaines régions, notamment dans le Nord, la production continue normalement. Cela montre que le problème pourrait être lié à des conditions spécifiques dans certaines zones », explique-t-il. Selon lui, plusieurs facteurs pourraient entrer en jeu, notamment la qualité du sol, le drainage ou encore les conditions climatiques.
Le sol et l’eau dans le viseur
Parmi les hypothèses avancées, celle d’un déséquilibre du sol revient fréquemment. Une terre trop compacte, mal drainée ou chargée en sels minéraux pourrait favoriser le développement de maladies.
Certains planteurs évoquent également la qualité de l’eau d’irrigation. Dans certaines zones de l’Est, la présence de salinité pourrait altérer progressivement les sols et affaiblir les cultures, les rendant plus vulnérables aux attaques fongiques. « Il faut peut-être assainir les terres, les ‘laver’ en quelque sorte, pour éliminer les éléments nocifs », suggère un agriculteur.
Face à l’incertitude, les planteurs réclament des analyses scientifiques rapides afin d’identifier clairement l’origine du problème. Des tests sur les sols, l’eau et les plants pourraient permettre de confirmer la présence du champignon Fol et d’adapter les stratégies de lutte.
Par ailleurs, plusieurs voix s’élèvent pour demander un accompagnement technique renforcé de la part des autorités. Les agriculteurs souhaitent bénéficier de conseils pratiques, de formations et, éventuellement, d’un soutien financier pour faire face aux pertes.
Une hausse des prix déjà visible
Sur les marchés, les conséquences commencent à se faire sentir. La raréfaction de l’offre entraîne une hausse progressive des prix. Dans le centre, une laitue se vend actuellement entre Rs 40 et Rs 50, tandis que dans certaines régions du Nord, les prix peuvent grimper jusqu’à Rs 70 l’unité. Si la situation persiste, cette tendance pourrait s’accentuer dans les semaines à venir, impactant directement les consommateurs.

