Le pari gagnant d’Urvashi Heerah : du courage à la réussite

ByRédaction

August 30, 2026

Elle est la preuve qu’un petit départ peut mener loin. Après avoir quitté l’école à seulement 15 ans pour entrer dans le monde du travail, elle se lance plus tard dans la vente de draps et de couvertures de lit avec à peine Rs 2 500 en poche. Elle commence modestement depuis chez elle avant de faire grandir son activité et d’ouvrir son propre commerce.Derrière cette réussite, il y a surtout une femme qui lui a appris la valeur du travail : sa mère.

À 34 ans, Urvashi Heerah, habitante de Lallmatie, est aujourd’hui à la tête de son propre petit commerce, spécialisé notamment dans la vente de draps, oreillers, couvertures et d’articles de literie. Elle vend également en gros à d’autres commerçants et développe parallèlement son activité en ligne.Mais son parcours entrepreneurial a commencé bien loin d’un magasin.

Urvashi n’a pas eu un parcours scolaire classique. À l’âge de 15 ans, elle décide d’arrêter ses études et commence à travailler dans une usine de textile. Elle y découvre un univers qui lui sera finalement très utile pour la suite de son parcours. Elle travaille notamment avec les tissus et apprend à reconnaître les différentes matières. « Mo ti travay dan World Knit, mo ti en charge fabric. Mo ti aprann konpran la toile », raconte-t-elle.

Cette expérience lui permet de mieux connaître les tissus, leurs qualités et leurs particularités. Une connaissance qui lui servira plus tard lorsqu’elle commencera à vendre des articles de literie en ligne.

Puis arrive le déclic du Covid

Comme pour beaucoup de Mauriciens, la période de la Covid-19 vient bouleverser son quotidien. Urvashi quitte finalement son emploi et doit trouver une nouvelle manière de gagner sa vie. Elle décide alors de se lancer pleinement dans la vente en ligne.

Au départ, tout se fait depuis la maison. Les commandes arrivent progressivement. Le bouche-à-oreille fonctionne. Les clients sont de plus en plus nombreux. Petit à petit, son activité prend de l’ampleur. Les clients commencent à lui faire confiance et son commerce à domicile devient trop petit pour ses ambitions.

Du business en ligne au magasin de Belvédère

Urvashi décide alors de franchir une nouvelle étape. Elle investit dans un local et ouvre son magasin à Belvédère.Aujourd’hui, elle propose toute une gamme de draps, oreillers, et couvertures. Une partie de ses produits provient de l’étranger, notamment de l’Inde et de la Chine, tandis qu’elle travaille également avec des fournisseurs locaux. “Et mo meme mo pique ban draps la”, affirme-t-elle. 

Mais Urvashi ne souhaite pas seulement vendre directement aux consommateurs. Elle veut également permettre à d’autres personnes de se lancer. Elle développe ainsi la vente en gros, en fournissant d’autres petits commerçants qui souhaitent à leur tour démarrer ou développer leur activité.

Sa première entrepreneure : sa maman

Lorsqu’on lui demande d’où vient cette volonté d’entreprendre, Urvashi n’hésite pas. Elle parle de sa mère qui vend depuis des années des pistaches dans la rue. Un petit commerce qui lui a permis de faire vivre sa famille et de subvenir aux besoins de ses enfants.

Et aujourd’hui encore, elle continue son activité. Pour Urvashi, il n’y a absolument aucune honte à cela.Bien au contraire. « Mo mama finn toujours travaille. Li ti vend pistache lor chemin pou garde so bann zenfants. » C’est cette image d’une femme qui se lève, travaille et se bat pour sa famille qui l’a profondément marquée. Sa mère est devenue sa première source d’inspiration.« Sa pa enn honte. Au contraire, mo fier de mo mama. »

Pour Urvashi, le travail n’a pas de petite ou de grande valeur. Ce qui compte, c’est la volonté de se débrouiller honnêtement et de ne pas attendre que les opportunités viennent à soi.

Un message aux femmes : ne pas abandonner

Elle reconnaît volontiers que l’entrepreneuriat n’est pas toujours facile. Il y a des périodes où les ventes sont bonnes et d’autres où les difficultés s’accumulent. La fin du mois peut être compliquée. Il faut parfois recommencer, revoir ses stratégies et continuer malgré les découragements.

« Ena des moments difficiles. Fin du mois parfois ena coup. Mais bizin remonte. Bizin continuer. »C’est justement cette capacité à se relever qu’elle considère comme essentielle.Urvashi encourage ainsi les femmes à croire en leurs capacités, à apprendre, à essayer et surtout à ne pas se décourager lorsqu’elles rencontrent leurs premières difficultés.

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