Opération de saisie à Baie-du-Tombeau: La FCC cherche-t-elle à percer le réseau de drogue Maurice-Madagascar ?

ByRédaction

January 14, 2026

Ce mercredi matin, la Financial Crimes Commission (FCC) a mené une opération de saisie à Baie-du-Tombeau, visant le domicile de Jean Lino Albert. Trois véhicules de luxe ont été saisis : une Ford Raptor, un Range Rover et une BMW X5.

Jean Lino Albert, parait-il, aurait échappé aux autorités, tandis que son épouse a été interpellée et conduite dans les locaux de la FCC pour interrogatoire. Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une enquête sur des liens présumés avec un réseau de drogue transfrontalier, reliant Maurice et Madagascar révélé par le Journal du Dimanche depuis octobre 2025.

Un réseau de drogue au cœur de l’enquête

L’affaire remonte à février 2015, lorsqu’une saisie de 16,4 kilos de drogue a eu lieu à Antananarivo, impliquant neuf personnes, dont trois Mauriciens. Selon un des détenus, il s’agissait d’un informateur infiltré, chargé de collecter des preuves pour les transmettre à la police mauricienne. Ses alertes ont été ignorées, et il a été emprisonné avec les suspects.

Deux figures centrales du réseau sont Wendip Appaya et son bras droit J.L. Albert. Leur voyage à Antananarivo du 25 au 27 janvier a renforcé les soupçons, car ils apparaissent dans plusieurs témoignages et dépositions.

L’enquête journalistique du Journal du Dimanche avait révélé l’existence de vidéos compromettantes. Celles-ci montrent que deux valises, supposées contenir de la drogue, ont quitté un hôtel d’Antananarivo sur une moto, échappant mystérieusement à la saisie officielle. Ces images confirment que l’affaire dépasse largement les 16 kilos de drogue interceptés par la gendarmerie.

Plus troublant encore, certains visuels identifient des Mauriciens directement impliqués dans la manutention des colis. De quoi conforter la version du dénonciateur, qui assurait depuis le départ que l’affaire avait été minimisée et que des personnalités influentes étaient protégées.

Aujourd’hui, les deux Mauriciens encore détenus à Madagascar vivent sous pression. Le premier est menacé : ses proches seraient en danger s’il venait à parler. Le second a reçu une proposition vertigineuse : Rs 25 millions pour garder le silence et assurer sa couverture légale.
Selon nos sources, il a refusé cette offre. 

L’intervention de la FCC à Maurice

Face à ces révélations, la FCC a ouvert une enquête sur ce réseau transfrontalier, sollicitant la coopération du PAC à Madagascar pour croiser les informations et recueillir davantage de preuves. À Maurice, des opérations ciblées et des arrestations sont en préparation.

L’interrogatoire de l’épouse de Jean Lino Albert pourrait révéler des détails cruciaux sur la provenance des avoirs et la localisation actuelle de son mari.