Le ministre du Travail, Reza Uteem, a été catégorique sur la gestion des permis de travail et le respect des obligations des employeurs en matière de main-d’œuvre étrangère. Répondant à la PNQ du leader de l’opposition, il a indiqué que son ministère ne dispose pas actuellement du pouvoir légal d’imposer des sanctions administratives aux employeurs qui ne renouvellent pas les permis de travail expirés, appelant ainsi à une réforme législative pour combler ce vide juridique.
Le ministre a toutefois précisé qu’une décision politique stricte a été prise pour encadrer ces situations. Désormais, aucune nouvelle demande de permis de travail ni aucun renouvellement ne sera acceptée si l’employeur ne régularise pas au moins 90 % des travailleurs étrangers dont les permis sont expirés.
Selon lui, cette mesure vise à mettre fin à une pratique « tolérée et encouragée sous l’ancien régime », consistant à maintenir des travailleurs étrangers en emploi après l’expiration de leurs permis.
« Aujourd’hui, de nombreux employeurs, notamment dans les secteurs du textile et de la construction, sont contraints soit de renouveler les permis, soit de payer les frais requis, soit de rapatrier les travailleurs avant de pouvoir recruter à nouveau », a-t-il affirmé.
Le ministre a également présenté un état des lieux détaillé de la main-d’œuvre étrangère à Maurice. Les deux principaux secteurs employeurs sont le secteur manufacturier avec 22 949 travailleurs étrangers et le secteur de la construction avec 15 272 travailleurs, représentant à eux seuls environ 80 % du total.
Dans les autres secteurs, on compte 2 680 travailleurs dans l’agriculture, la foresterie et les activités connexes, ainsi que 1 941 travailleurs dans l’hébergement et la restauration.
Sur le plan des nationalités, 15 840 travailleurs viennent d’Inde, 14 821 du Népal, 9 995 de Madagascar et 8 975 du Bangladesh. Ces quatre nationalités représentent plus de 98 % de la main-d’œuvre étrangère dans le pays.
Le ministre a aussi indiqué que ces chiffres excluent les détenteurs d’occupation permits délivrés par l’Economic Development Board.
Immigration et situation irrégulière
Concernant les travailleurs en situation irrégulière, le ministre a indiqué qu’au 15 juin 2026, le pays comptait 6 921 migrants irréguliers, dont 2 886 signalés comme disparus et 4 035 devant quitter le territoire pour cause de permis expiré.
Depuis janvier 2026, 49 opérations policières ont été menées, ayant conduit à l’arrestation de 428 étrangers en situation irrégulière, dont 400 ont déjà été rapatriés. Aucune expulsion n’a été effectuée sous le Deportation Act durant cette période.
Reza Uteem a expliqué que, faute de base légale actuelle, son ministère ne peut pas sanctionner directement les employeurs en infraction. En attendant, une politique stricte est appliquée : les employeurs doivent régulariser au moins 90 % de leurs travailleurs étrangers en situation irrégulière avant toute nouvelle demande de permis ou de renouvellement.
Le ministre a ajouté que le cadre des agences privées de recrutement est désormais régi par la Private Recruitment Agencies Act 2023 et les règlements de 2025, qui prévoient trois catégories de licences : recrutement local, recrutement pour l’étranger et recrutement de non-citoyens à Maurice.
Le ministre a précisé qu’entre janvier et octobre 2025, aucune licence n’a été délivrée, les anciennes ayant expiré dans le cadre de la révision du système. Depuis l’entrée en vigueur des nouveaux règlements en octobre 2025, 20 licences ont été délivrées à ce jour.
La liste des agences agréées est publiée et mise à jour régulièrement sur le site du ministère.

