Rishi Rapoojee : Cinquante ans de scène, cinquante ans de notes qui ne s’éteignent jamais

ByRédaction

December 12, 2025

Cette année, Rishi Rapoojee franchit un cap rare, presque sacré : cinquante années de musique, de passion et de partage. Cinquante années où sa voix a traversé les générations comme une mélodie qui refuse de vieillir. De ses débuts enfantins aux côtés de son père jusqu’aux scènes internationales, il a fait de sa vie un long chant d’amour, de persévérance et d’héritage.

Une enfance bercée par les gamats et les premières ovations
« Ça fait déjà 50 ans que je chante. J’ai commencé avant mes 10 ans », dit-il avec une douceur presque timide. Le décor de ses débuts : les gamats d’antan, ces spectacles populaires où son père l’invitait à monter sur scène. Là, dans la chaleur des projecteurs improvisés et le bruissement du public, naît l’étincelle.Il n’a jamais cessé de l’entretenir. Sans école de musique, sans professeur, juste ses oreilles, son instinct, ses répétitions acharnées. « Il faut avoir l’oreille musicale, et surtout pratiquer sans relâche ». Chez lui, tout commence par l’écoute  et tout s’accomplit par le travail.

Un artiste aux mille couleurs musicales
Rishi Rapoojee refuse les frontières sonores. Classique indien, Bollywood, Bhojpuri, sega… il navigue d’un univers à l’autre comme un funambule de la mélodie.
Ses idoles ? Kishore Kumar avant tout, dont il reprend les chansons avec une émotion qui traverse le temps. Et s’il devait choisir un artiste contemporain pour un duo rêvé, ce serait Kumar Sanu  une autre légende des voix inoubliables.

L’héritage Rapoojee : quand la musique se transmet comme une lumière
Chez les Rapoojee, la musique n’est pas une activité : elle est une lignée. Son fils Nilesh chante à son tour, et le duo qu’ils viennent d’enregistrer pour célébrer ce jubilé musical est un symbole : celui d’une flamme transmise avec fierté et tendresse. « Comme moi j’étais inspiré par mon père, lui il est inspiré par moi. »
Rishi n’interprète pas seulement des chansons, il en compose. Des morceaux Bhojpuri, Bollywood, parfois fusionnés au sega, preuve qu’il sait marier les traditions aux pulsations modernes sans jamais s’éloigner de son essence.

Il garde aussi un profond respect pour les artistes qui ont marqué la scène mauricienne, comme Claudio Veeraragoo ou Alain Ramanisum, avec qui il a collaboré. Et 2026 s’annonce déjà comme une année de nouveaux défis, de nouveaux projets, de concerts ici et ailleurs  même s’il préfère, pour l’instant, laisser planer le mystère.

La musique comme souffle, comme prière, comme raison d’être
« Je ne peux pas imaginer un jour sans musique. Elle m’a presque tout donné », confie-t-il.Chaque note est un souvenir, chaque répétition une page de sa vie. Pour lui, la musique n’est pas un métier : c’est une manière d’exister.Et au fil des décennies, il a compris que sa voix ne lui appartenait pas vraiment. Elle appartient à ceux qu’elle touche, qu’elle apaise, qu’elle inspire.

À ces jeunes artistes qui rêvent de monter sur scène et à qui il transmet un message clair :« Persévérance, sacrifice, respect et patience. Cela finit toujours par porter ses fruits. »Il regrette une musique actuelle parfois trop vite faite, parfois trop creuse. « Aujourd’hui, beaucoup de chansons ne peuvent même pas être écoutées en famille. » Lui, il veut des chansons qui rassemblent, qui unissent, qui racontent.

Cinquante ans de musique, et toujours la même flamme
Rishi Rapoojee reste un modèle pour les artistes mauriciens, une preuve vivante qu’on peut traverser cinq décennies sans perdre la sincérité de sa voix. Il incarne une musique sans âge, une musique qui respire, qui voyage, qui relie.
Cinquante ans après ses premiers pas sur scène, la mélodie continue  plus ample, plus profonde, plus lumineuse que jamais.Et le public, génération après génération, continue de l’écouter… comme on écoute une histoire qu’on ne veut jamais voir se terminer.