Saison sous haute tension : Letchis et melon d’eau à prix record

ByRédaction

November 22, 2025

Le coup d’envoi de la saison des fruits locaux, habituellement marqué par l’euphorie des premiers letchis et l’arrivée des  melons d’eau bien fraîches, se déroule cette année dans un climat inhabituel. Entre un retard généralisé dans la récolte et une offre encore timide, les prix atteignent des sommets. Les premiers letchis se vendent jusqu’à Rs 2 500 le kilo, tandis que certaines pastèques dépassent Rs 2 800 l’unité. Une flambée qui surprend autant qu’elle exaspère les consommateurs.

Un hiver capricieux qui bouleverse tout

Dans les vergers, le constat est clair : la saison a démarré en retard. À Terre Rouge, le planteur Anand  Seegoolam raconte que les arbres ont pris du retard dès la floraison. « Le vent et le froid ont perturbé le développement des bourgeons. Cette année, rien n’est venu au bon moment », souligne-t-il. L’hiver austral, particulièrement venteux et plus froid que d’habitude, a mis un frein à la croissance des fruits.

À ce facteur climatique s’ajoute un autre problème, plus discret mais bien réel : l’entretien irrégulier de certains vergers privés. « Quand les arbres ne sont pas taillés comme il faut, la production peut arriver encore plus tard », explique le cultivateur. Résultat : une offre limitée et des prix qui s’envolent, alors même que les consommateurs se précipitent pour savourer leurs premiers letchis de l’année.

La flambée des prix, un phénomène temporaire

Comme chaque début de saison, la rareté fait monter les prix. Mais cette année, les tarifs dépassent largement les habitudes. Sur les réseaux sociaux, les annonces se multiplient avec des letchis affichés à Rs 2 500/kg, et des acheteurs prêts à payer pour être parmi les premiers à en profiter.

Les planteurs se veulent néanmoins rassurants : la situation devrait s’améliorer dans les semaines à venir. Avec l’arrivée progressive de la récolte principale, les prix devraient baisser vers la fin décembre. En janvier, ils devraient se stabiliser autour de Rs 200 à Rs 250 le kilo, voire moins dans certaines régions où la production sera abondante.

Pastèques : une arrivée au compte-gouttes

Le melon d’eau, star des journées chaudes, se fait lui aussi rare. Dans plusieurs points de vente, notamment à St Pierre, une simple tranche d’un quart se vend à Rs 475, ce qui place le prix d’un fruit entier entre Rs 1 800 et Rs 2 800. Une hausse spectaculaire, liée à une récolte encore très limitée, mais aussi à une demande déjà très forte avec la montée des températures.

Certains marchands évoquent également des coûts de transport plus élevés pour les lots importés en petite quantité, ce qui contribue à tirer les prix vers le haut.

Les chauves-souris, un fléau toujours plus rusé

Au-delà du climat, un autre adversaire complique la saison : les chauves-souris frugivores. Malgré les filets installés sur la majorité des vergers, les cultivateurs constatent que ces animaux trouvent encore des failles. « Elles sont de plus en plus intelligentes, elles arrivent à passer en dessous des filets », regrette Anand . Seegoolam. Les pertes en début de saison sont importantes et pèsent directement sur les volumes disponibles.

Malgré ces difficultés, les planteurs restent optimistes. Si les conditions restent favorables, les étals devraient être beaucoup mieux fournis d’ici deux semaines, avec des fruits de meilleure qualité et des prix plus accessibles.

Le gouvernement relance l’aide aux producteurs pour l’achat de filets de protection

Le gouvernement apporte depuis peu un nouveau soutien aux producteurs de letchis, mangues, longanes et fraises à travers un plan d’assistance financière visant à faciliter l’achat de filets de protection. Ce dispositif, annoncé par le ministère de l’Agro-industrie, vise à aider les planteurs à faire face aux attaques croissantes de chauves-souris et d’oiseaux, responsables chaque année de pertes importantes dans les vergers.

Effectif depuis ce 14 septembre et valable jusqu’au 16 décembre, , le programme propose une subvention de 50 % pour les arrière-cours, couvrant jusqu’à cinq arbres fruitiers, et 60 % pour les vergers, selon le principe du premier arrivé, premier servi. Les planteurs peuvent contacter le FAREI pour toute information et récupérer les formulaires sur les sites officiels. Cette initiative vise à sécuriser la production locale et à soutenir les familles dépendantes des récoltes saisonnières.