L’État mauricien se retrouve aujourd’hui face à des obligations financières lourdes héritées de l’ancien gouvernement concernant l’achat des vaccins COVID-19.
Le ministère de la Santé et du Bien-être va effectuer un paiement partiel de Rs 170 millions pour les vaccins Johnson & Johnson, au bénéfice de l’African Vaccine Acquisition Trust (AVAT). Cette décision fait suite aux engagements contractuels signés en mai 2021 par l’ancienne administration pour l’acquisition d’environ 1,1 million de doses.
Or, seules 439 200 doses ont été livrées, laissant un solde de 691 200 doses jamais fournies, pour lesquelles un montant de USD 5,4 millions (environ Rs 243 millions) reste dû, intérêts composés inclus. Les contrats ne prévoyaient aucune possibilité d’annulation ou de substitution, laissant l’État entièrement responsable de cette facture.
La situation est similaire pour les vaccins Pfizer, avec un solde impayé de 599 040 doses, représentant USD 6 millions (environ Rs 277 millions), alors que seulement 400 140 doses avaient été livrées. À l’inverse, la dette liée aux vaccins Sputnik V a été annulée par les autorités russes, soit une économie de USD 11,2 millions (Rs 521 millions).
L’examen des dossiers révèle que aucune procédure formelle de passation de marchés n’a été suivie. Les décisions d’approvisionnement auraient été prises par le High Level Committee on COVID-19, présidé par l’ancien Premier ministre, mais aucun document officiel ne permet de vérifier ces choix. Cette absence de traçabilité soulève de sérieuses questions sur la gestion des fonds publics pendant la pandémie.
Aujourd’hui, l’État doit honorer des paiements pour des doses partiellement livrées ou jamais reçues, conséquence directe de décisions précipitées et mal encadrées par l’ancien gouvernement. Cette situation met en lumière l’importance de transparence et de procédures strictes dans la gestion des contrats publics.

