MSC Vigo : les MARCOS et l’ADSU frappent en haute mer, mais le mystère reste entier

ByRédaction

June 20, 2026

 200 kg de drogue étaient attendus, seuls 3 kg ont finalement été retrouvés

Une impressionnante opération antidrogue menée samedi au large de Flic-en-Flac a mobilisé les plus hautes unités d’intervention du pays. L’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU), la section anti-narcotiques de la Mauritius Revenue Authority (MRA), les commandos MARCOS de la National Coast Guard ainsi que le Police Helicopter Squadron ont uni leurs forces pour intercepter le porte-conteneurs MSC Vigo, en provenance du port sud-africain de Durban.

L’intervention s’est déroulée à environ dix milles nautiques des côtes mauriciennes. Selon des renseignements recueillis depuis plusieurs semaines par les autorités, le navire était soupçonné de transporter une importante cargaison de drogue destinée à Maurice. Une opération commando en pleine mer. L’opération a débuté dans la matinée lorsque douze commandos MARCOS ont été déployés à bord du navire à l’aide d’un hélicoptère de la police.

Une première équipe de six hommes a décollé de l’aéroport SSR de Plaisance. À l’approche du MSC Vigo, plusieurs tentatives de communication auraient été effectuées avec le capitaine via la bande radio maritime VHF. Face à l’absence de réponse, les autorités ont donné le feu vert à une insertion par « slithering », une technique permettant aux commandos de descendre le long d’une corde depuis l’hélicoptère.

Une seconde rotation a ensuite permis le déploiement de six autres MARCOS, embarqués près du Bulk Sugar Terminal à Port-Louis. Au terme d’une mission de près d’une heure et demie, les douze hommes avaient pris le contrôle du navire sans incident.

Les renseignements évoquaient 200 kilos

Les premières informations obtenues par les enquêteurs faisaient état d’une cargaison pouvant atteindre près de 200 kilogrammes de drogues dangereuses. C’est d’ailleurs ce renseignement qui a justifié l’ampleur exceptionnelle des moyens mobilisés.

Cependant, les fouilles approfondies effectuées à bord ont livré un résultat inattendu. Selon les premiers éléments de l’enquête, seuls trois kilogrammes de cannabis auraient finalement été retrouvés et saisis par les autorités. Cette différence considérable entre les renseignements initiaux et la quantité effectivement découverte intrigue fortement les enquêteurs.

La piste d’un largage en mer privilégiée

Les autorités n’écartent aucune hypothèse. Toutefois, plusieurs sources proches du dossier indiquent que les enquêteurs privilégient actuellement la thèse d’un largage de la majeure partie de la cargaison en pleine mer avant l’intervention des forces de l’ordre.

Les enquêteurs soupçonnent que les trafiquants auraient pu être informés du risque d’interception et auraient pris la décision de se débarrasser de la drogue avant l’arrivée des commandos. Des investigations sont désormais en cours afin de déterminer si des colis ont été jetés à l’eau et s’ils pourraient être récupérés par des embarcations complices dans les eaux mauriciennes.

Durban-Maurice : un axe sous haute surveillance

Cette affaire remet une nouvelle fois en lumière l’axe maritime reliant Durban à Maurice, considéré depuis plusieurs années comme l’un des itinéraires privilégiés des réseaux internationaux de trafic de stupéfiants.

Le port sud-africain de Durban fait régulièrement l’objet d’une surveillance accrue de la part des autorités mauriciennes en raison de plusieurs saisies importantes réalisées ces dernières années. Selon nos informations, les services de renseignement suivaient le MSC Vigo depuis son départ d’Afrique du Sud. Les informations recueillies auraient permis aux autorités de planifier cette opération d’envergure plusieurs jours à l’avance.

Un mode opératoire en évolution

Cette affaire pourrait également révéler une évolution des méthodes utilisées par les organisations criminelles. Les enquêteurs examinent notamment la possibilité que les trafiquants privilégient désormais des transferts en mer plutôt que l’introduction directe des cargaisons dans les ports. Cette technique, plus difficile à détecter, consiste à larguer des colis géolocalisés qui sont ensuite récupérés par de petites embarcations complices.

L’enquête se poursuit sous la supervision de l’ADSU et de la MRA. Les autorités cherchent désormais à identifier les destinataires finaux de la cargaison ainsi que les éventuelles connexions locales impliquées dans cette opération qui pourrait n’être que la partie visible d’un réseau beaucoup plus vaste. D’autres développements sont attendus incessamment.