Le Premier ministre, Dr Navin Ramgoolam, a profité de son discours de clôture du débat budgétaire, prononcé vendredi à l’Assemblée nationale, pour défendre les grandes orientations du Budget 2026-2027 et réaffirmer la nécessité de réformes structurelles afin d’assurer la stabilité économique du pays. S’il a confirmé l’abandon du projet de means-testing pour la pension d’État, il a insisté sur le fait que cette décision ne remet pas en cause la nécessité de revoir en profondeur le système des retraites.
« Le means-testing est out. Mais le problème demeure. La pression démographique demeure. La pression fiscale demeure. Le besoin de réforme demeure », a déclaré le Premier ministre, soulignant que le retrait de cette mesure répond à l’écoute des préoccupations exprimées par la population, sans pour autant faire disparaître les défis auxquels Maurice est confrontée.
Dans son intervention, Navin Ramgoolam a dressé un tableau préoccupant de la situation économique héritée de l’ancien gouvernement. Il a évoqué une économie fragilisée par une dette publique élevée, des pressions budgétaires croissantes, une inflation persistante et un ralentissement des moteurs de croissance. Selon lui, certaines décisions prises ces dernières années, notamment l’augmentation de la Basic Retirement Pension (BRP) et le remplacement du régime contributif par la Contribution sociale généralisée (CSG), ont compromis l’équilibre financier du système de pension.
Pour répondre à ces défis, le gouvernement entend mettre en œuvre une série de réformes destinées à renforcer la soutenabilité des finances publiques. Plusieurs comités seront mis sur pied pour revoir les priorités d’investissement de l’État, examiner les dépenses publiques, proposer une réforme du système fiscal avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI) et améliorer l’efficacité de l’administration publique. L’exécutif envisage également de valoriser certains actifs non stratégiques de l’État et de poursuivre la mise en place progressive du National Pensions and Provident Fund (NPPF).
Le Premier ministre a toutefois assuré que ces réformes seront conduites sans remettre en cause la protection des plus vulnérables. La pension, a-t-il rappelé, demeure un symbole de dignité et de sécurité pour les personnes âgées, et toute évolution devra préserver cet équilibre entre justice sociale et responsabilité budgétaire.
Au-delà de la question des retraites, Navin Ramgoolam a réaffirmé les priorités économiques de son gouvernement. Le Budget prévoit notamment des investissements dans l’intelligence artificielle, la Blue Economy, les infrastructures, la transition énergétique, l’éducation, la santé et le logement social. L’objectif affiché est de stimuler la croissance, améliorer la productivité et créer des emplois durables tout en consolidant les finances publiques.
En conclusion, le Premier ministre a lancé un appel à la responsabilité collective, estimant que Maurice ne peut plus repousser les réformes nécessaires. « Le choix de la responsabilité plutôt que celui du déni. Le choix des réformes plutôt que celui de l’immobilisme », a-t-il déclaré, affirmant que ces décisions visent à préserver le modèle social mauricien tout en garantissant sa viabilité pour les générations futures.

