Longtemps présenté comme favori, le consortium formé par Tevin Sithanen et Michel Guy Rivalland fait désormais face à une offensive de taille dans le dossier Maradiva. LUX Island Resorts aurait soumis l’offre la plus élevée pour reprendre le prestigieux établissement de Flic-en-Flac. Une acquisition qui permettrait au groupe hôtelier de renforcer considérablement sa présence dans l’Ouest et de mettre la main sur un produit de niche à fort potentiel.
La reprise de Maradiva Villas Resort & Spa, détenu par la famille Ramdanee, reste au centre des convoitises de plusieurs intérêts opérant dans les secteurs hôtelier et non hôtelier. Le consortium réunissant Tevin Sithanen et Michel Guy Rivalland s’était jusqu’ici détaché comme favori dans le processus. Il doit désormais faire face à LUX* Island Resorts, dont l’offre le placerait en première position.Selon les dernières informations disponibles, le groupe hôtelier aurait proposé un montant supérieur à celui avancé par le consortium. Face à cette offensive, Tevin Sithanen et Michel Guy Rivalland auraient revu leur offre à la hausse, sans toutefois atteindre le niveau de la proposition soumise par LUX* Resorts. L’issue n’est cependant pas encore arrêtée. Elle dépendra notamment du montant définitif des offres, des garanties financières présentées ainsi que des conditions fixées par les administrateurs et les créanciers.
Un établissement exposé à hauteur de Rs 3,5 milliards
Situé à Flic-en-Flac, Maradiva occupe 27 hectares de jardins et dispose d’environ 750 mètres de plage face à la baie de Tamarin. Son offre repose sur des villas individuelles dotées de piscines privées chauffées. En 2025, l’établissement a obtenu la distinction « Mauritius’ Best Resort Spa » aux World Spa Awards.Le processus de reprise intervient sur fond de difficultés financières et de procédures entourant certains membres de la famille propriétaire. L’exposition totale liée à l’actif est estimée à environ Rs 3,5 milliards. L’objectif des administrateurs et des créanciers est de maximiser le recouvrement des sommes dues.L’appel à propositions aurait attiré entre six et sept soumissionnaires. L’examen des candidatures ne porte pas uniquement sur le prix proposé. Il prend également en considération la structure du financement, les garanties de paiement, la crédibilité du plan d’exploitation, les investissements envisagés et les mécanismes de gouvernance.
Le projet du consortium réévalué
L’offre du consortium Sithanen–Rivalland prévoit une combinaison de fonds propres et de financements structurés. Le plan présenté comprend une stabilisation des activités, des investissements de rénovation et de modernisation, ainsi que le maintien du positionnement de Maradiva sur le segment du tourisme haut de gamme.
Le consortium envisage également le développement de programmes de bien-être, du tourisme de santé et de partenariats internationaux destinés à renforcer la distribution et la visibilité de l’établissement. Il propose une gestion professionnelle, accompagnée d’organes de contrôle et d’engagements en matière de transparence financière.
Tevin Sithanen apporte au projet son expérience dans la structuration financière, la levée de capitaux et le développement d’entreprises. Michel Guy Rivalland dispose, pour sa part, d’une expérience dans la gestion d’actifs, la finance d’entreprise, l’hôtellerie et l’immobilier. Malgré la révision de leur proposition, le duo resterait, à ce stade, devancé par LUX* Resorts.
L’Ouest, un enjeu stratégique pour LUX*
Pour LUX* Resorts, la reprise de Maradiva répondrait avant tout à un objectif de positionnement géographique et stratégique. Si le groupe parvient à mettre la main sur ce joyau de Flic-en-Flac, il disposerait de deux établissements d’envergure dans l’Ouest, aux côtés de LUX* Le Morne.Maradiva lui offrirait toutefois un positionnement différent. Avec ses villas et piscines privées, l’établissement répond davantage à un marché de niche et pourrait également offrir des possibilités de développement sur le segment MICE Meetings, Incentives, Conferences and Exhibitions.
Au fil des années, le groupe aurait rencontré des difficultés pour acquérir un deuxième hôtel ou développer un nouvel établissement sous l’une de ses enseignes dans cette partie de l’île. La reprise de Maradiva lui permettrait donc de s’implanter directement à Flic-en-Flac, une zone stratégique de la côte Ouest, tout en ajoutant à son portefeuille un établissement haut de gamme déjà opérationnel.L’opération permettrait surtout à LUX* Resorts de renforcer sa couverture de la côte Ouest avec deux produits aux positionnements complémentaires.
Rs 10,6 milliards de revenus, Rs 3,2 milliards de dette
L’entrée de LUX* Resorts dans la course intervient après la publication de ses résultats pour l’exercice 2025. Le groupe a enregistré des revenus globaux de Rs 10,6 milliards, en hausse de 9,3 %. Le bénéfice attribuable aux actionnaires s’est établi à Rs 1,21 milliard.Pour le trimestre allant d’octobre à décembre 2025, le bénéfice net a progressé de 14 %, soutenu par les activités opérationnelles. Le taux d’occupation annuel à Maurice a atteint 85 %, tandis que le dividende déclaré s’élève à Rs 2,50 par action.
La question de l’endettement reste un élément central dans l’évaluation de sa capacité de financement. LUX* Resorts a réduit sa dette totale à Rs 3,2 milliards, pour un ratio d’endettement de 15 %. Le groupe a également remboursé Rs 750 millions sur les obligations convertibles souscrites par la Mauritius Investment Corporation.
Ces données devraient peser dans l’évaluation de la capacité financière du groupe à mener à bien l’acquisition et à financer les investissements qui pourraient suivre.
Sanjeev Ramdanee n’abandonne pas le dossier
Un autre élément maintient toutefois le suspense autour de l’avenir de Maradiva. Sanjeev Ramdanee, frère de Kobita Jugnauth et beau-frère de Pravind Jugnauth, n’aurait pas renoncé à conserver l’établissement familial.Il avait récemment demandé l’autorisation de quitter Maurice afin de recouvrer des dettes que lui devraient des personnes ou des entités à l’étranger. Selon les informations communiquées, cette démarche devait lui permettre de mobiliser les fonds nécessaires pour tenter de sauver Maradiva et de maintenir l’établissement dans le giron familial. Le dossier reste donc ouvert.

