Le Premier ministre, Dr Navin Ramgoolam, a vivement dénoncé les lenteurs et blocages qui, selon lui, freinent certaines initiatives médicales au sein du ministère de la Santé. Il s’exprimait le 10 août lors d’une rencontre avec deux éminents ophtalmologues mauriciens établis au Royaume-Uni, venus proposer leur expertise et contribuer au développement de nouvelles pratiques médicales à Maurice.
La rencontre, tenue au bureau du Premier ministre, au Bâtiment du Trésor à Port-Louis, avait notamment pour objectif de présenter plusieurs projets dans le domaine de l’ophtalmologie, dont le dépistage des maladies oculaires à l’aide de l’intelligence artificielle et l’introduction d’une technique innovante dans le traitement du glaucome.
Les deux spécialistes souhaitent mettre leur expertise au service du système de santé mauricien. Parmi les initiatives proposées figure l’utilisation d’un micro-implant destiné à réduire la pression à l’intérieur de l’œil chez les patients atteints de glaucome. Cette technique, qui n’est pas encore pratiquée à Maurice, pourrait contribuer à prévenir la perte progressive de la vision et, dans certains cas, la cécité.
Dans le cadre de cette démarche, les deux ophtalmologues ont fait don de dix implants destinés au traitement du glaucome, afin de permettre le développement de cette pratique à Maurice.
Mais c’est surtout la question des blocages administratifs qui a retenu l’attention lors de la rencontre.
Remerciant les deux spécialistes pour leur démarche, le Premier ministre a déploré le fait que des Mauriciens ayant bénéficié d’une formation et acquis une expertise à l’étranger soient prêts à revenir servir leur pays, parfois sans demander de rémunération, mais se retrouvent confrontés à des obstacles au sein du système.
Selon Navin Ramgoolam§, les deux médecins concernés, aujourd’hui consultants au Royaume-Uni, ont choisi de revenir à Maurice pour apporter leur contribution, malgré les difficultés et les contraintes auxquelles ils peuvent être confrontés.
« Si dimoun pa lé travay, pran retret ale ! », a lancé Navin Ramgoolam, dans une intervention particulièrement virulente visant ceux qui, selon lui, empêchent ou ralentissent la mise en œuvre de telles initiatives.
Le Premier ministre a également dénoncé le fait que même lorsqu’un dispositif concret est proposé et que des équipements sont disponibles, des procédures ou des blocages internes peuvent empêcher leur utilisation au bénéfice des patients.
Pour lui, une telle situation est d’autant plus préoccupante que les maladies chroniques, notamment le diabète, représentent un enjeu majeur de santé publique à Maurice. Le diabète pouvant entraîner de graves complications oculaires, l’amélioration du dépistage et de la prise en charge constitue un enjeu important pour éviter les pertes de vision évitables.
Le Premier ministre a clairement appelé à ne pas laisser les procédures administratives faire obstacle à l’introduction de nouvelles techniques médicales.
« Pa blok développement pays », a-t-il insisté, appelant les responsables concernés à faciliter plutôt qu’à empêcher les initiatives susceptibles d’améliorer les soins offerts à la population.
« Nou krwar nou konn tou », a-t-il notamment lancé, dénonçant cette attitude qui peut, selon lui, constituer un frein à l’innovation et au progrès.

