Depuis vendredi, le prix de l’essence est passé à Rs 70,65 le litre, alors que le diesel reste à Rs 71,25. Face à cette nouvelle hausse, le gouvernement dit vouloir trouver des solutions durables pour inverser la tendance et alléger la facture des consommateurs. En parallèle, la STC renforce son dispositif de surveillance sur une chaîne d’approvisionnement stratégique : près de 500 000 tonnes de produits pétroliers et des opérations de plusieurs centaines de millions de roupies devront être contrôlées, de l’arrivée des navires jusqu’au stockage.
À travers un nouvel appel d’offres international, la STC recherche un prestataire spécialisé dans l’inspection et le contrôle des cargaisons pétrolières. Le contrat doit débuter le 1er novembre 2026 et prendre fin le 31 octobre 2027, avec une possibilité de prolongation de deux années supplémentaires, sous réserve des performances du prestataire retenu.
La State Trading Corporation estime à environ 500 000 tonnes métriques par an les volumes de produits pétroliers concernés par les opérations de contrôle. Pas question, donc, de confier cette mission à un novice. Le cahier des charges exige du candidat une expérience minimale de deux ans dans l’inspection de cargaisons de produits pétroliers. Il devra également démontrer qu’il dispose des ressources humaines et des moyens techniques nécessaires pour gérer des volumes importants et effectuer des contrôles fiables.
Les prévisions d’importation donnent une idée de l’ampleur des opérations. Pour les besoins nationaux, quelque 210 000 tonnes métriques d’essence (Mogas) et 240 000 tonnes de diesel (Gas Oil) sont prévues. Le secteur aérien nécessitera également des volumes importants de Jet A1, avec environ 310 000 tonnes prévues. Le Central Electricity Board (CEB) devra, pour sa part, disposer d’environ 375 000 tonnes de Heavy Fuel Oil pour ses besoins. À cela peuvent s’ajouter d’autres produits, notamment jusqu’à 50 000 tonnes de Marine Gas Oil, avec une marge de variation de plus ou moins 25 %, ainsi que des volumes supplémentaires de fuel lourd.
Depuis plusieurs années, l’organisme assure l’approvisionnement du pays en plusieurs produits essentiels, notamment les carburants, le gaz liquéfié, le riz et la farine, réalise environ 1,1 milliard de dollars américains de chiffre d’affaires annuel.
Le contrôle des cargaisons pétrolières ne relève donc pas d’une simple formalité administrative. Il s’agit de sécuriser des opérations commerciales considérables et de s’assurer que les produits réceptionnés correspondent aux quantités et aux spécifications prévues dans les contrats. Chaque étape devient ainsi cruciale : quantité livrée, qualité du produit, opérations de déchargement, stockage et transfert.
Du navire aux réservoirs : aucun maillon ne doit échapper au contrôle
Le dispositif imaginé par la STC couvre l’ensemble de la chaîne logistique. Les cargaisons seront notamment destinées à Vivo Energy Mauritius Ltd, TotalEnergies Marketing Mauritius Ltd, Engen Petroleum Mauritius Ltd et Indian Oil Mauritius Ltd. Le Mer Rouge Oil Storage Terminal (MOST) constitue également un maillon important du dispositif. Situé dans la zone portuaire, MOST dispose de cinq réservoirs d’une capacité de 5 000 tonnes métriques chacun, soit une capacité totale de 25 000 tonnes. Quelque 15 000 tonnes sont réservées à l’essence et 10 000 tonnes au diesel. Les produits appartenant à la STC peuvent y être stockés avant d’être progressivement transférés aux compagnies pétrolières locales.
Le futur prestataire devra donc suivre les mouvements des produits et intervenir aux différentes étapes de la chaîne. Pour permettre l’organisation des contrôles, la STC devra lui transmettre les informations nécessaires au moins quatre jours avant l’arrivée d’un navire à Port-Louis ou avant tout transfert depuis MOST. L’objectif est de permettre une préparation adéquate des inspections et de réduire au maximum les risques d’erreur ou de contrôle incomplet. Au-delà de l’expertise technique, la STC insiste également sur les exigences de confidentialité, d’intégrité et d’éthique professionnelle.
Contrôler chaque goutte pour mieux maîtriser la facture
Derrière ce dispositif de contrôle se joue aussi une question essentielle : celle du prix payé par le consommateur. En vérifiant les volumes réellement livrés, leur qualité et les opérations de transfert, la STC cherche à réduire les risques de pertes, d’erreurs de mesure ou de surcoûts tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Une meilleure maîtrise des coûts permettrait ainsi de limiter les dépenses supportées en amont et, à terme, de contribuer à contenir la pression sur les prix des carburants.
Le contrôle des cargaisons n’est donc pas une solution directe à la hausse des prix. Il constitue plutôt un levier de maîtrise des coûts et de transparence, dans un marché où chaque tonne de carburant représente des sommes considérables. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de savoir si ces économies potentielles pourront réellement se traduire par une facture moins lourde à la pompe.

