Prison de Melrose : des détenus étrangers durcissent le ton face à la direction

ByRédaction

August 24, 2026

À la prison de Melrose, une grève de la faim menée par des détenus étrangers remet au premier plan une question sensible : celle de la durée des détentions préventives à Maurice. Au cœur des préoccupations figure le cas du Britannique Ashley Tierney, incarcéré depuis novembre 2019 et dont le procès est annoncé du 7 au 18 septembre 2026 à Port-Louis. Le Foreign Prisoners Network réclame davantage de transparence, de célérité judiciaire et de garanties concernant les conditions de détention.

Une grève de la faim collective de détenus étrangers à la prison de Melrose vient raviver un débat qui dépasse les murs de l’établissement pénitentiaire : combien de temps une personne présumée innocente peut-elle rester derrière les barreaux dans l’attente de son procès ?

Selon le Foreign Prisoners Network, plusieurs ressortissants étrangers détenus à Maurice seraient confrontés à des périodes particulièrement longues de détention préventive. Pour certains, l’attente se compterait en années. La grève de la faim serait ainsi devenue, selon l’organisation, un moyen ultime d’attirer l’attention des autorités sur leur situation.

Le réseau évoque plusieurs difficultés : lenteur des procédures, accès parfois compliqué à une représentation juridique, éloignement des familles, contacts consulaires limités et barrières linguistiques pouvant rendre la compréhension du système judiciaire encore plus difficile. Pour ces détenus, l’attente ne serait donc pas uniquement judiciaire. Elle aurait aussi des conséquences humaines et psychologiques considérables.

Des conditions de détention également pointées du doigt

À la question de la durée de la détention s’ajoutent des critiques concernant les conditions de vie en milieu carcéral. Le Foreign Prisoners Network fait notamment état d’allégations concernant l’accès aux soins médicaux, la qualité de l’alimentation et certaines infrastructures pénitentiaires. La situation des ressortissants étrangers présente une difficulté supplémentaire : beaucoup sont séparés de leurs proches par des milliers de kilomètres. 

Sans famille à Maurice et parfois confrontés à des problèmes de langue, ils peuvent se retrouver particulièrement isolés. Jean Jacques, porte-parole du Foreign Prisoners Network, emploie des mots forts pour décrire la situation. « Ces individus sont détenus dans un vide juridique où les droits humains fondamentaux sont systématiquement ignorés », affirme-t-il. Il qualifie également la grève de la faim de « cri à l’aide » lancé par des détenus estimant avoir épuisé les autres recours pour attirer l’attention sur leur sort. L’organisation demande ainsi aux autorités mauriciennes d’accélérer le traitement des dossiers, de garantir un accès effectif à la défense et de s’assurer que les conditions de détention respectent les normes applicables aux personnes privées de liberté.

Ashley Tierney, près de sept ans derrière les barreaux

Un dossier cristallise particulièrement les préoccupations du réseau : celui d’Ashley Tierney, ressortissant britannique arrêté à Maurice en novembre 2019.

Près de sept ans plus tard, il demeure détenu sans avoir encore été condamné dans l’affaire principale ayant conduit à son arrestation. Son procès est désormais prévu du 7 au 18 septembre 2026 à Port-Louis. Cette échéance est considérée comme déterminante par le Foreign Prisoners Network, qui appelle les médias britanniques et internationaux, les organisations de défense des droits humains et les observateurs judiciaires à suivre les audiences. L’organisation présente le cas Tierney comme emblématique des interrogations entourant les détentions préventives particulièrement longues.

Selon des témoignages écrits transmis au réseau, le Britannique affirme avoir connu, au cours de sa détention, des épisodes de violences, d’intimidation et d’isolement, ainsi que des conditions qu’il juge dégradantes. Il affirme également avoir été séparé de son enfant durant toutes ces années. Ces affirmations devront cependant être confrontées aux éléments détenus par les autorités et examinées dans le cadre des procédures appropriées.

Des accusations qui restent à établir

Ashley Tierney conteste plusieurs aspects de son arrestation et de son dossier. Il affirme avoir été contraint, sous la menace, de transporter des stupéfiants et soulève des interrogations sur la conservation de certains éléments de preuve, notamment des capsules qui auraient été retrouvées dans son corps. Il fait par ailleurs état d’une seconde procédure liée à une substance qui serait restée dans son organisme après son incarcération. Tierney affirme également ne pas avoir eu, pendant plusieurs années, la possibilité de présenter pleinement sa défense dans les conditions qu’il estimait nécessaires. 

Le Foreign Prisoners Network réclame également que les accusations concernant d’éventuels mauvais traitements physiques et psychologiques fassent l’objet d’un examen sérieux et indépendant. La grève de la faim des détenus étrangers de Melrose donne aujourd’hui une résonance particulière à ce débat. À quelques semaines du procès d’Ashley Tierney, les regards devraient donc se tourner vers les tribunaux autant que vers le système pénitentiaire. 

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