Lokmat One World Summit : Maurice et l’Inde veulent passer des liens historiques à une nouvelle dynamique économique

ByRédaction

August 25, 2026

De la relation « de sang » entre Maurice et l’Inde aux opportunités d’investissement, en passant par l’Afrique, le commerce, le cinéma et le tourisme : le Lokmat One World Summit & Awards 2026, organisé ce mardi à l’hotêl Le Méridien, a placé les relations entre nos deux pays sous le signe d’un partenariat appelé à prendre une nouvelle dimension.

Présidé par le Chairman de Lokmat Media Group, Dr Vijay Darda, l’événement a notamment été marqué par les interventions du président de la République, Dharam Gokhool, du ministre de l’Agro-Industrie, de la Sécurité alimentaire, de l’Économie bleue et de la Pêche, Arvin Boolell, du Junior Minister Rajen Narsinghen, ainsi que celui du Haut-Commissaire de l’Inde à Maurice, Anurag Srivastava, et du leader de l’Opposition de Goa, Yuri Alemao.

Vijay Darda : « Nous devons regarder vers l’avenir »

En ouverture du sommet, le Chairman de Lokmat Media Group, Dr Vijay Darda, a placé la rencontre sous le signe de la proximité exceptionnelle entre les deux pays.

Il a rappelé que Maurice et l’Inde entretiennent une relation qui dépasse largement les relations diplomatiques officielles. Il a évoqué une relation entre deux peuples, construite au fil de l’histoire, de la migration, de la culture et des échanges humains. Pour lui, cette proximité constitue aujourd’hui une base solide pour aller plus loin. Il a également insisté sur la nécessité de transformer cette relation historique en opportunités économiques concrètes.

L’Inde, puissance économique majeure, et Maurice, petite économie insulaire mais fortement connectée aux marchés internationaux, peuvent, selon lui, développer davantage de synergies dans les domaines de l’investissement, du commerce et de l’entrepreneuriat. Le Dr Darda a notamment rappelé la position stratégique de Maurice dans l’océan Indien et son potentiel comme plateforme vers l’Afrique.

Son message aux entrepreneurs indiens était clair : ne pas considérer Maurice uniquement comme un petit marché de consommation, mais comme une porte d’entrée vers un continent de près de 1,4 milliard d’habitants. Il a également insisté sur l’importance des accords existants entre Maurice et l’Inde, ainsi que sur les instruments permettant de faciliter les investissements et les échanges.

Pour lui, l’enjeu est désormais de faire de ces instruments des outils au service de projets réels. Le Chairman de Lokmat a appelé à faire de l’investissement un moteur de développement. Mais il a également insisté sur le fait que l’investissement ne doit pas être considéré comme une fin en soi. Il doit permettre de créer des emplois, développer les compétences et renforcer l’employabilité.

Anurag Srivastava: « Namaste diplomacy » et une relation fondée sur le cœur

Pour Anurag Srivastava, Haut Commissaire de l’Inde à Maurice, la relation spéciale entre Maurice et l’Inde, repose sur « le respect mutuel, l’amour et la coopération ». Il a également salué la vision des anciens dirigeants des deux pays, notamment Sir Seewoosagur Ramgoolam, ainsi que celle des dirigeants actuels, Narendra Modi et Navin Ramgoolam. Le Haut-Commissaire indien a rappelé que cette relation ne se limite pas aux déclarations diplomatiques. Il a notamment cité la visite récente à Maurice du ministre indien du Pétrole et du Gaz naturel, Hardeep Singh Puri, dans le cadre du renforcement de la coopération énergétique. La sécurité de l’océan Indien constitue également un autre axe important.

Pour Maurice comme pour l’Inde, cet espace maritime possède une importance stratégique considérable. La coopération entre les deux pays s’inscrit ainsi dans une approche plus large de sécurité et de stabilité régionales. La santé constitue également un domaine dans lequel la coopération indo-mauricienne s’est développée.

Anurag Srivastava a par ailleurs rappelé le principe de réciprocité qui caractérise les relations entre les deux pays : Maurice a régulièrement soutenu l’Inde dans les instances internationales, tandis que New Delhi a également apporté son soutien à Maurice dans des dossiers importants.

S’adressant directement aux entrepreneurs, investisseurs et représentants du monde des affaires présents au sommet, Anurag Srivastava les a invités à changer de perspective. Maurice est certes une petite île et possède un marché intérieur limité. Mais, selon lui, la véritable opportunité se trouve au-delà des frontières mauriciennes. Il a invité les investisseurs indiens à étudier de près les différents accords dont bénéficie Maurice. Il a notamment cité la SADC, le COMESA et l’AfCFTA, autant de cadres qui permettent à Maurice d’avoir accès à différents marchés africains.

Rajen Narsinghen: « Ne regardez pas seulement Maurice, regardez l’Afrique »

De son côté, le Junior Minister a souligné que l’un des avantages de Maurice est précisément de permettre aux entreprises indiennes de ne pas se limiter aux marchés anglophones traditionnels. La maîtrise du français et de l’anglais par les professionnels mauriciens peut notamment servir de passerelle vers les marchés francophones d’Afrique.

C’est un avantage qu’il considère comme encore insuffisamment exploité par les investisseurs indiens. L’idée qu’il a défendue est celle d’une implantation à Maurice permettant ensuite de « sauter » vers différents marchés africains, en s’appuyant sur les compétences et l’expertise locales. Il a également insisté sur l’importance des accords fiscaux entre Maurice et l’Inde.

Il a notamment invité les entrepreneurs à ne pas se contenter de connaître l’existence des accords, mais à véritablement les étudier afin de comprendre les possibilités offertes en matière de structuration des activités. Il a évoqué la récente ratification, en 2026, de l’accord de non-double imposition entre les deux pays, après de longues négociations. Il a affirmé que Maurice peut servir de juridiction de structuration pour les entreprises indiennes souhaitant se développer en Afrique, dans le respect des cadres légaux et fiscaux.

Rajen Narsinghen a aussi évoqué la présence déjà importante d’investissements indiens transitant par Maurice et les possibilités de développer davantage cette dynamique. Cette stratégie ne concerne pas uniquement le commerce traditionnel selon lui. Le potentiel de Maurice se trouve également dans les secteurs d’avenir. L’intelligence artificielle, les technologies de l’information, la biotechnologie, la pharmacie, l’économie bleue, le manufacturing, le wellness et l’éducation ont été cités comme des domaines présentant des possibilités de développement.

Arvin Boolell : « Faisons de l’investissement le moteur de deux grandes nations »

Pour le ministre Arvin Boolell, l’Inde est aujourd’hui une puissance mondiale et nos deux pays doivent désormais aller au-delà des affinités culturelles et renforcer les liens dans les domaines de l’investissement, du commerce et de l’entrepreneuriat.

Il a souligné que le gouvernement, sous la direction du Premier ministre Navin Ramgoolam, a mis en place un environnement favorable aux investisseurs. Maurice peut ainsi servir de tremplin vers l’Afrique, un marché de près de 1,4 milliard de personnes avec la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Arvin Boolell a également mis en avant les différents instruments qui facilitent cette coopération, notamment les accords de promotion et de protection des investissements ainsi que les conventions visant à éviter la double imposition entre Maurice et l’Inde.

Il a réaffirmé la solidité des relations entre Maurice et l’Inde, tout en appelant à franchir une nouvelle étape dans la coopération économique. Soulignant le rôle de l’Inde comme partenaire stratégique de Maurice, il a appelé les entrepreneurs indiens à saisir les opportunités offertes par Maurice et à faire de l’investissement le moteur d’un partenariat gagnant-gagnant.

Dharam Gokhool : « Maurice et l’Inde ne sont pas deux pays, mais une seule famille »

Le président de la République, Dharam Gokhool, a mis en avant la profondeur historique, culturelle et humaine des relations entre Maurice et l’Inde, rappelant les propos de Narendra Modi selon lesquels les deux pays sont « une seule famille ». Il a également souligné le rôle de l’Inde dans la formation de nombreux Mauriciens avant même l’indépendance, notamment à travers l’ouverture de ses universités aux étudiants mauriciens.

Revenant sur son propre parcours, lui-même formé en Inde, Dharam Gokhool a évoqué son passage de l’université à la politique, avant sa nomination à la présidence de la République en 2024. Il a également salué le choix de Vijay Darda d’organiser le Lokmat One World Summit and Awards à Maurice, estimant que cet événement constitue une excellente vitrine pour le pays et un moyen de renforcer les liens entre les deux peuples.

Il a aussi rendu un hommage à Jawaharlal Darda, fondateur de Lokmat, et salué l’initiative de Vijay Darda, qui selon lui a fait de ce rendez-vous un symbole de cette proximité entre Maurice et l’Inde.

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