Aarti Gulrajani-Descann : du tennis de table au Comité olympique, une vie guidée par la passion du sport

ByRédaction

November 13, 2025

De la petite balle blanche aux grands cercles décisionnels du sport mauricien, Aarti Gulrajani-Descann incarne la ténacité et la passion. Ancienne championne de tennis de table, elle est aujourd’hui présidente de la Fédération d’escrime de Maurice et membre exécutif du Comité national olympique mauricien (MOC). Un parcours inspirant, façonné par la rigueur, la persévérance et un amour profond pour le sport.

Les débuts d’une battante

Tout commence très tôt, sous l’impulsion de son père. « C’est lui qui m’a mise au tennis de table, je voulais lui faire plaisir », confie-t-elle. Sans talent naturel particulier, mais avec une volonté de fer, la jeune Aarti s’entraîne sans relâche. Son premier tournoi national, en 1989, lui offre déjà une médaille d’or dans la catégorie poussine. Un déclic.

Intégrée au Triveni Club de Beau-Bassin, elle y affine son jeu. Perfectionniste, elle multiplie les heures d’entraînement, sacrifiant loisirs et sorties familiales pour progresser. Ce dévouement la mène rapidement au sommet : elle devient plusieurs fois championne de Maurice et brille dans les compétitions régionales. À chaque déplacement, elle découvre d’autres cultures, d’autres manières d’aborder le sport. « Le tennis de table m’a ouverte au monde », dit-elle aujourd’hui.

Le sport lui a aussi offert une belle histoire personnelle. Son mari, Rajessen Descann, lui aussi multiple champion national et représentant du pays à l’international, partage sa passion. De coéquipiers à rivaux en double mixte, ils ont souvent croisé la raquette sur les tables, avant de s’unir pour la vie. « Nos duels restaient toujours sportifs ! » sourit-elle.

De la raquette à l’olympisme

À 18 ans, Aarti participe à un concours littéraire international sur l’éducation et le mouvement olympique. Elle remporte le premier prix, une victoire qui change le cours de sa vie. Cette expérience lui ouvre les portes du monde de l’olympisme et la pousse à s’engager dans l’administration sportive. Pendant plus de vingt ans, elle se forme et s’investit au sein de l’Académie olympique mauricienne, avant de devenir secrétaire générale du Comité olympique mauricien.

Dans un milieu encore largement dominé par les hommes, Aarti milite sans relâche pour une meilleure représentativité féminine dans les instances sportives. Elle estime que les femmes doivent occuper plus de postes décisionnels, que ce soit à la tête des fédérations ou dans les comités exécutifs. « L’équité n’est pas un privilège, c’est une nécessité », affirme-t-elle.

La foi dans la jeunesse mauricienne

Selon elle, les athlètes mauriciens ont tout pour briller au niveau international. « Le talent est là, la passion aussi. Ce qui manque, c’est le soutien financier et l’encadrement continu », souligne-t-elle. Les sponsors et partenaires privés, dit-elle, jouent un rôle crucial dans la progression vers le haut niveau.

Concernant la relève, elle lance un message clair : « Les parents doivent encourager leurs enfants à faire du sport, même sans ambition de médaille. » Car, selon elle, la pratique sportive développe des qualités essentielles : la discipline, la rigueur, la confiance, le respect et le sens du collectif. « Le sport, c’est une école de vie », conclut-elle.

Aujourd’hui encore, Aarti Gulrajani-Descann reste animée par la même énergie qu’à ses débuts. Qu’il s’agisse de défendre les valeurs de l’olympisme, de promouvoir l’escrime ou d’encourager les jeunes filles à oser le sport, elle avance avec conviction. Son parcours, à la fois sportif et humain, illustre qu’avec de la volonté et de la passion, tout devient possible.