Affaire Ravatomanga : « L’argent sale récupéré doit être restitué à Madagascar », réclame la ministre malgache de la Justice

ByRédaction

February 6, 2026

En mission officielle à Maurice depuis le 4 février, la ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, a réaffirmé avec fermeté la volonté de son gouvernement de rapatrier à Madagascar les fonds issus de la corruption, dans le cadre d’une coopération judiciaire internationale renforcée avec les autorités mauriciennes.

Face à la presse, la ministre a expliqué que cette visite s’inscrit dans une démarche claire de collaboration entre l’État mauricien et la justice malgache, notamment dans la lutte contre la corruption, le blanchiment d’argent et l’assainissement du climat des affaires à Madagascar.

Commission rogatoire internationale et enquêtes financières

Dans le cadre d’une commission rogatoire internationale concernant l’affaire Mamy Ravatomanga, une unité d’investigation financière fait partie intégrante de la délégation malgache. Les investigations portent notamment sur des flux financiers suspects impliquant des proches de dirigeants malgaches, dont l’homme d’affaires Mamy Ravatomanga.

La ministre s’est montrée prudente sur les détails de l’enquête : « Certaines informations relèvent du secret de l’instruction et ne peuvent être divulguées. », a-t-elle déclaré.

Elle a toutefois confirmé que des fonds provenant de Madagascar auraient été placés à Maurice et que les deux pays sont convenus que tout rapatriement d’avoirs se fera après des jugements définitifs, dans le strict respect des procédures judiciaires internationales.

« Ne pas garder l’argent sale »

« Piller son pays pour investir ailleurs est illégal. L’argent sale récupéré doit être restitué à Madagascar. » Selon elle, les autorités malgaches ont déjà identifié environ 140 sociétés écrans liées à Mamy Ravatomanga. Elle a ajouté que d’autres personnalités influentes seraient également impliquées dans des pratiques similaires, sans toutefois révéler de noms à ce stade.

« L’argent sale attire. Mais nous allons vous aider à vous en débarrasser pour qu’il soit rapatrié chez nous », a-t-elle affirmé, insistant sur le caractère illégal des fonds détournés.

Extradition et suites judiciaires

La ministre a également indiqué que l’extradition de Mamy Ravatomanga sera demandée si les autorités mauriciennes ne retiennent pas l’homme d’affaires sur leur territoire.

« Si les procédures judiciaires prennent fin à Maurice, nous demandons que l’intéressé soit renvoyé à Madagascar et non vers un autre pays, afin qu’il puisse répondre devant la justice malgache », a-t-elle souligné, précisant que l’extradition interviendrait après condamnation, dans le cadre prévu par la commission rogatoire internationale.

Elle a par ailleurs confirmé qu’une demande de saisie de biens, y compris celle d’un jet privé, a été formulée.

Situation des migrants malgaches à Maurice

L’un des principaux objectifs de cette mission est aussi de rencontrer les autorités mauriciennes afin de mettre en place ou consolider des accords bilatéraux de coopération judiciaire, en particulier en matière d’entraide pénale internationale.

« Nous sommes engagés à suivre de près le cas de plusieurs détenus malgaches, avec la possibilité de leur transfert à Madagascar afin qu’ils y purgent leur peine, lorsque le cadre juridique le permet », a indiqué Fanirisoa Ernaivo.


Elle a également interpellé les autorités mauriciennes sur la situation des travailleurs, étudiants et migrants malgaches vivant à Maurice. Elle a plaidé pour une facilitation de leur intégration et de leur régularisation, dénonçant la lenteur administrative, ainsi que des cas d’exploitation, de confiscation de passeports et de travail clandestin.