Le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, a détaillé les principales orientations du prochain budget lors d’une conférence de presse tenue à Port-Louis. Il affirme que le gouvernement met en avant la sécurité alimentaire comme axe central de sa stratégie. L’objectif est de renforcer la production locale à travers la modernisation du secteur agro-industriel, tout en réduisant progressivement la dépendance aux importations.
La transition énergétique constitue un autre pilier des priorités annoncées. Le ministère vise une part de 20 % d’énergie issue de la biomasse, dans le cadre d’une stratégie de diversification énergétique et de réduction de la dépendance au charbon. Parallèlement, de nouvelles législations sur les forêts et les zones humides sont en préparation afin de renforcer le cadre environnemental et la gestion durable des ressources naturelles.
Le développement de l’économie bleue occupe également une place importante dans les orientations budgétaires. Le ministre Boolell affirme que le gouvernement entend exploiter davantage le potentiel de la Zone Économique Exclusive (ZEE), notamment la zone Saya de Malha, tout en poursuivant la modernisation des infrastructures portuaires afin de soutenir les activités maritimes et logistiques.
Sur le plan de l’emploi, le ministre a annoncé le recours à une main-d’œuvre étrangère pour répondre aux pénuries dans certains secteurs. Des travailleurs en provenance du Népal, de l’Inde et de Madagascar sont concernés, avec environ 300 arrivées attendues dans les prochains jours.
Abordant les pressions économiques externes, le ministre a évoqué les perturbations dans le détroit d’Hormuz ainsi que l’impact d’une taxe américaine de 15 % sur certaines exportations. Il a souligné la nécessité pour Maurice, en tant que petit État insulaire, de défendre ses intérêts dans un environnement international instable.
Par ailleurs, le ministre s’est dit préoccupé par la décision du Royaume-Uni d’accorder un accès sans droits de douane au thon à tous les pays exportateurs. Une mesure qui pourrait, selon lui, fragiliser la compétitivité du secteur mauricien, qui génère environ Rs 14 milliards par an.

