À partir du 1er octobre 2026, le droit d’accise de Rs 2 actuellement appliqué aux bouteilles en PET contenant de l’eau ou des boissons gazeuses sera étendu à d’autres bouteilles en plastique. Cette mesure devrait rapporter Rs 135 millions au gouvernement durant l’exercice financier 2026-2027.
L’extension de cette taxe était au cœur d’une question parlementaire adressée au Premier ministre. Ce dernier cette mesure s’inscrit dans le cadre de la lutte contre la pollution plastique, devenue un enjeu environnemental majeur pour Maurice.
En tant que petit État insulaire en développement, Maurice est particulièrement exposée aux effets du changement climatique et de la pollution. Le Premier ministre a notamment évoqué l’accumulation de déchets plastiques dans les espaces publics, les sites d’enfouissement ainsi que dans les écosystèmes côtiers et marins. Les épisodes de fortes pluies et d’inondations ont également démontré la quantité de déchets plastiques transportés par les drains et les cours d’eau.
Maurice génère environ 518 300 tonnes de déchets par an, dont près de 14 %, soit quelque 72 600 tonnes, sont constituées de plastique. Toutefois, seulement environ 2 900 tonnes sont collectées par des recycleurs et exportateurs enregistrés.
Le gouvernement estime ainsi nécessaire d’agir rapidement afin de réduire la pollution plastique et ses conséquences sur la santé publique, la biodiversité, les écosystèmes marins et terrestres ainsi que les activités économiques liées à la pêche et au tourisme.
38 catégories de produits exemptées
Toutefois, le Premier ministre a précisé que le droit d’accise de Rs 2 ne s’appliquera pas à l’ensemble des bouteilles en plastique. 38 catégories de produits seront exemptées, notamment les produits laitiers, les aliments pour nourrissons, les huiles comestibles, la margarine, le beurre, les épices, le miel, les légumes préparés, les jus, les produits pour bébés ainsi que les produits pharmaceutiques.
Cette exemption vise à éviter une hausse excessive du prix de produits essentiels et à tenir compte de l’absence d’alternatives facilement disponibles pour certains emballages.
Contrairement à ce qui pourrait être attendu, les recettes supplémentaires générées par cette mesure ne seront pas directement versées dans un fonds environnemental spécifique. Le Premier ministre a indiqué qu’elles seront versées au Consolidated Fund.
Le gouvernement rappelle toutefois qu’un Climate and Sustainability Fund existe déjà pour financer des initiatives liées à la protection, à la restauration et à la gestion des écosystèmes naturels ainsi qu’à la lutte contre les effets du changement climatique. Pour l’exercice 2026-2027, Rs 2,5 milliards seront transférés du Consolidated Fund vers ce fonds.
Par ailleurs, Rs 3,5 milliards ont été réservées dans le Consolidated Fund pour financer différents projets et programmes de protection de l’environnement à travers plusieurs ministères.
Jusqu’à Rs 30 par kilo pour le recyclage
Le gouvernement entend également renforcer les mécanismes d’incitation au recyclage. Un programme administré par la Mauritius Revenue Authority prévoit actuellement un remboursement de Rs 15 par kilo de déchets de bouteilles en PET exportés et de Rs 30 par kilo pour les bouteilles recyclées localement.
Avec l’extension du droit d’accise aux autres bouteilles en plastique, ce mécanisme sera lui aussi élargi. Les déchets plastiques pourront ainsi bénéficier du système de remboursement, qu’ils aient ou non été soumis au droit d’accise.
Cette mesure devrait soutenir les activités des recycleurs et encourager davantage la récupération des déchets plastiques.
Le gouvernement travaille également sur plusieurs initiatives visant à accompagner la transition vers une économie plus circulaire. Parmi celles-ci figurent une étude de référence sur les types de produits plastiques pouvant être recyclés, l’élaboration de normes techniques nationales pour les plastiques recyclés et la formation des recycleurs et des autorités locales aux nouvelles méthodes de tri, de contrôle de la contamination et de sécurité.
L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans la mise en œuvre d’une feuille de route sur dix ans pour parvenir à une Maurice débarrassée de la pollution plastique. L’objectif affiché est de réduire la dépendance aux emballages polluants tout en renforçant les capacités locales de collecte, de recyclage et de valorisation des déchets.

