Le Projet Sandfish franchit une nouvelle étape avec l’objectif de restaurer les ressources marines tout en explorant le potentiel de l’aquaculture durable. Le ministre de l’Agro-industrie, Dr Arvin Boolell, a fait le point sur cette initiative hier lors d’une table ronde organisée au Albion Fisheries Research Centre (AFRC).
Le projet repose sur la recherche scientifique, l’expertise internationale et le renforcement des compétences locales. L’objectif immédiat est de contribuer au repeuplement des eaux mauriciennes en concombres de mer, également appelés sandfish, dont les populations ont connu un déclin.
Environ 800 juvéniles de sandfish devraient être introduits dans le milieu marin dans le cadre de cette initiative.
Selon le ministre Boolell, les travaux de recherche appliquée menés à l’AFRC doivent avant tout produire des résultats concrets pour la population et contribuer à une gestion durable des ressources marines. Le repeuplement du lagon constitue ainsi l’un des principaux objectifs du projet.
Le ministre a également rappelé le rôle écologique important des concombres de mer. Ces organismes contribuent à nettoyer les fonds marins et à améliorer la qualité des sédiments, participant ainsi au maintien d’un écosystème marin sain.
Toutefois, une éventuelle commercialisation devra être abordée avec prudence et de manière progressive. Des données supplémentaires sont nécessaires avant d’envisager un développement à plus grande échelle.
Une coopération entre Maurice et l’Australie
La table ronde s’est déroulée en présence du Junior Minister Fabrice David, de la Haut-Commissaire d’Australie à Maurice, Kate Chamley, ainsi que des chercheurs de l’University of Sunshine Coast, le professeur Paul Southgate et Dr Cathy Hair, et des responsables de l’AFRC.
Pour Kate Chamley, le projet illustre concrètement la coopération entre Maurice et l’Australie dans le domaine de l’économie bleue. La collaboration entre chercheurs australiens et équipes mauriciennes a notamment permis un transfert de technologies et un renforcement des compétences locales dans le domaine de l’aquaculture.
Elle a salué les progrès réalisés à l’AFRC, notamment la production réussie de juvéniles en écloserie et la montée en compétence des équipes mauriciennes, qui jouent désormais un rôle croissant dans le processus de production.
Au-delà de la restauration des stocks, le projet pourrait, à terme, ouvrir la voie à une industrie aquacole durable, susceptible de contribuer à la création d’emplois, à la croissance économique et à la sécurité alimentaire.
Le professeur Paul Southgate a, pour sa part, confirmé que la production de juvéniles était désormais maîtrisée au centre d’Albion. La prochaine phase consistera à recueillir davantage de données sur leur croissance, leur taux de survie, les rendements de production ainsi que les coûts économiques.
Ces informations permettront de déterminer si une production commerciale de sandfish est viable à Maurice.
Les chercheurs soulignent également leur rôle dans l’équilibre des écosystèmes marins. En traitant les matières présentes dans les fonds marins, les sandfish contribuent notamment à oxygéner les sédiments et à créer des conditions plus favorables pour d’autres organismes marins.
La rencontre s’est achevée par une visite des bassins de l’AFRC afin d’évaluer les progrès réalisés dans le cadre du projet.

