Dodo Lodge : accusation d’agression et soupçons financiers, le nom de Roger Prizzi au cœur d’une double tourmente

ByRédaction

March 4, 2026

Le nom de Dodo Lodge, complexe de villas touristiques situé à Belle-Mare, se retrouve aujourd’hui associé à une double controverse judiciaire. Mais c’est d’abord une accusation d’agression qui retient l’attention, une affaire humaine aux conséquences lourdes, avant même le volet commercial opposant les actionnaires du projet. Au centre des deux dossiers : Roger Prizzi, administrateur et associé au sein de la structure.

Une employée suspendue à la décision du DPP

Les faits allégués remontent au mois de mars 2025. Ce jour-là, selon sa version, S.P., employée comme femme de ménage dans une villa du complexe Dodo Lodge à Belle-Mare, se retrouve au cœur d’une vive altercation entre propriétaires.

Elle explique qu’une dispute aurait éclaté à l’intérieur de la résidence alors qu’elle accomplissait ses tâches quotidiennes. Les voix montent, la tension devient palpable. Elle affirme avoir été sommée de quitter immédiatement la pièce sur un ton qu’elle décrit comme agressif et humiliant. Déstabilisée, cherchant simplement à s’éclipser sans envenimer la situation, elle soutient avoir été saisie par le cou avant d’être poussée contre un portail à l’extérieur de la villa.

Dans les jours qui suivent, elle consulte un médecin. Un formulaire médical est établi, consignant ses doléances et les douleurs ressenties au niveau du cou et des épaules.

Peu après les faits, une plainte est officiellement consignée auprès de la police. Une enquête est ouverte et des dépositions sont recueillies. Selon nos informations , en décembre 2025, l’enquête est complétée et le dossier transmis au bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) pour décision quant à d’éventuelles poursuites.

À ce jour près d’un an après les faits aucune arrestation n’a été effectuée. Roger Prizzi, visé par l’accusation, conteste fermement la version de la plaignante.

Une attente qui s’éternise

Entre mars 2025 et aujourd’hui, la vie de S.P. a profondément changé. Elle affirme avoir quitté son emploi quelques semaines après l’incident, évoquant un climat d’angoisse et de malaise persistant. « Depuis ce jour-là, je ne me sens plus en sécurité dans ce type d’environnement », confie-t-elle.

Elle explique avoir longtemps hésité avant de parler publiquement, craignant des représailles professionnelles ou un discrédit social. « Quand on est employée, on a peur de ne pas être prise au sérieux. » Pour elle, l’enjeu dépasse sa situation personnelle. « Je veux que la vérité soit établie. Je veux que justice soit faite, quelle qu’elle soit. »

En second plan : un litige financier majeur

Parallèlement à cette accusation distincte, Dodo Lodge fait également l’objet d’un important contentieux commercial.

Sergey Bagaev, actionnaire et directeur de Locarama Management Ltd, a saisi la justice contre ses co-directeurs et associés : Roger Prizzi, Razwantee Deepak et Ramdin Dinesh Michael.

Il affirme avoir injecté près d’un million d’euros dans le projet afin de soutenir son développement et d’assurer sa stabilité financière. Le complexe, valorisé à environ USD 4,5 millions soit plus de Rs 200 millions représente un actif immobilier stratégique.

Au cœur du différend figure la résiliation d’un bail en avril 2024, bail qui générait un revenu mensuel de Rs 159 400 (près de Rs 1,9 million par an). Sergey Bagaev soutient que cette décision aurait été prise sans approbation formelle du conseil d’administration, privant la société de son principal flux de trésorerie.

Dans son affidavit, il évoque également un contrôle exclusif présumé des comptes bancaires par certains administrateurs, des transactions qui auraient été effectuées sans validation collective formelle et un manque d’accès aux informations comptables complètes.

Un montant de Rs 600 000 est cité comme exemple d’opération contestée. Le plaignant réclame un audit indépendant afin d’établir la traçabilité des fonds et demande à la Cour suprême l’autorisation d’engager une action au nom de la société contre ses propres dirigeants.

En additionnant la valeur de l’actif immobilier, les apports en capital et les flux financiers contestés, le litige pourrait concerner des montants dépassant Rs 250 millions.

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