Flash-back: Il y a un an, Pravind Jugnauth perdait son aura politique avec son arrestation dans l’affaires des valises de Rs 114 millions

ByRédaction

February 16, 2026

Le dimanche 15 février 2026, marque la première année jour pour jour de Pravind Jugnauth dans une affaire de blanchiment d’argent allégué. A la même époque l’année derniere, le leader du MSM et ancien Premier ministre de 2017 à 2024 a été interpellé la suite d’une perquisition à son domicile à Angus Road.

Tout commence avec l’interpellation de Chandradeo Oomah, Chief Financial Officer de My Holidays Ltd et de MyGroup à Pointe aux Canonniers. Ce dernier est retrouvé avec deux valises et un sac rempli d’argent ont été saisis dans ses locaux. Ils renfermaient environ Rs 109 millions. Outre cet argent, majoritairement en devises étrangères, les policiers ont découvert des enveloppes au nom de Pravind Jugnauth ainsi que des documents de voyage portant le nom de son épouse, Kobita Jugnauth.  Une perquisition est menée chez le dénommé Oomah et débouchera sur la saisie d’une troisième valise par l’équipe du surintendant Vikash Seebaruth de la MCIT lors d’une fouille au domicile de ce comptable de 39 ans à Terre-Rouge. Elle contenait, pour sa part, environ Rs 5,5 millions en devises. Un coffre-fort et des documents ont aussi été saisis dans le bureau de Chandradeo Oomah. La somme de Rs 497 000 a été saisie dans ses locaux.

Il balance alors le nom de son patron Josian Deelawon, , Chief Executive Officer (CEO) de My Holidays Ltd, également à la tête de MyGroup. Rapidement, ce dernier affirme aux enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT), « Pravind Jugnauth inn donn mwa valiz pou garde » au sujet des Rs 114 millions retrouvées chez lui. Selon Deelawon, Pravind Jugnauth lui aurait demandé de garder des valises contenant de l’argent, qu’une dénommée Devianee Ramchurn devait lui remettre. Cette dernière, une ancienne conseillère municipale, a également été arrêté et libéré sous caution dans cette affaire

Une déclaration qui provoquera une onde de choc dans le pays et mènera à l’interpellation de l’ancien Premier ministre le 15 février 2025. Son épouse Kobita est également conduite à la Financial Crimes Commission où elles seront rejointes par leurs filles Sonali. Ces dernières seront relâchées tard dans la soirée tandis que Pravind Jugnauth, après son interrogatoire, pendant deux heures, est placé en état d’arrestation. Il sera ensuite conduit au Moka Detention Centre.

Pourtant rien ne laissait présager cette tournure des évènements, car après les élections, le nouveau pouvoir a laissé Pravind Jugnauth et son épouse quitter le pays avec les honneurs dû à son rang d’ancien Premier ministre pour assister à la cérémonie de remise de diplôme de sa fille à Londres. Le voyage s’est déroulé sans anicroche à l’aller comme au retour.

Après son arrestation, Pravind Jugnauth a obtenu la liberté sous caution fort tard dans la soirée du dimanche 16 février après les plaidoiries de son homme de loi Raouf Gulbul. Le lendemain, le lundi 17, il s’est rendu au tribunal de Pamplemousses pour régler le montant de sa caution.  Ses deux cautions s’élevant à Rs 750 000 chacune en sus de signer une reconnaissance de dette personnelle s’élevant à  Rs 5 millionsParmi les autres conditions imposées: (i) interdiction formelle d’entrer en contact, directement ou indirectement, avec des témoins ou des témoins potentiels liés à l’affaire; (ii) interdiction de discuter de l’affaire avec quiconque en dehors des autorités d’enquête ou de la cour, (iii) obligation de résider à une adresse fixe communiquée à la police et de notifier tout changement d’adresse et (v) être en possession permanente d’un téléphone mobile dont le numéro a été communiqué à la police pour rester à la disposition des enquêteurs. 

Toutefois, le 22 mai 2025, Pravind Jugnauth saisit la cour de district de Pamplemousses, à travers ses hommes de lois, Mes Gulbul et Ravi Yerrigadoo, pour obtenir une modification des conditions de sa liberté provisoire. Il a demandé la révision d’une clause de sa remise en liberté conditionnelle en raison de son lien familial avec Sanjiv Ramdanee et d’autres considérations personnelles, où il est amené à rencontrer son beau-frère. Or ce dernier, grand ami de Josian Deelawon, a lui aussi été interrogé par la FCC dans le cadre de la même enquête avant d’être arrêté dans une autre affaire de prêt toxique de la SBM. Sous serment, Pravind Jugnauth a affirmé qu’il n’a, à aucun moment, interféré avec un témoin, et qu’il n’a nullement l’intention de le faire. Il a pris l’engagement de ne pas évoquer l’affaire en cours à son beau-frère qu’il est appelé à rencontrer en raison des liens familiaux.

Cette année, ses hommes de loi ont déposé une motion pour que la Financial Crime Commission vienne révéler la liste des témoins avec lesquels, Pravind Jugnauth ne doit pas interférer.  Cette requête vise à clarifier les témoins ou individus liés au dossier afin d’éviter une violation involontaire de ses conditions de liberté conditionnelle. La FCC a demandé un renvoi, et l’affaire sera rappelée le 26 février 2026. 

L’horizon politique s’est assombri

Outre la lourde défaite de 2024 qui a plongé le MSM et Pravind Jugnauth dans ce que les observateurs politiques appellent «la poubelle de l’histoire », cette affaire a complètement assombri l’horizon politique du leader du MSM et de son parti. Pour cause, le MSM n’a pas été capable de réunir ne serait-ce que son comité régional au Sun Trust depuis presque 16 mois. Les rares sorties de Pravind Jugnauth se font chez les diplomates et les chancelleries présentes à Maurice ou dans des réceptions privées de ses partisans et amis. Il n’a animé que deux points de presse depuis sa débâcle aux législatives de 2024. Signe de ses difficultés politiques : lui-même et les dirigeants du MSM furent copieusement hués lors d’une tentative de récupérer la marche contre la pension à 60 ans. Cela après une gestion calamiteuse des affaires de l’Etat et une économie en berne laissée comme héritage.

D’ailleurs plusieurs figures de proues du parti du soleil sont actuellement inquiétées par la FCC ou la justice. Parmi l’on retrouve : l’ex-ministre des Finances, Renganaden Padayachy dans l’affaire MIC/BoM, ou encore son secrétaire général Maneesh Gobin dans l’affaire Stag Party. Sans compter que Kalpana Koonjoo-Shah répond d’une accusation de vol à l’étagère devant la justice. D’autres personnes qui lui sont proches comme l’ex- Commissaire de Police, Anil Kumar Dip, l’ACP Dunraz Gungadin et l’ancien patron de la défunte Special Striking Team, Ashik Jagai tous en liberté conditionnelle dans l’affaire de Reward Money.

 Beaucoup d’internautes fustigent le MSM jusqu’à ce jour pour avoir empiété sur leurs libertés en coupant l’accès à l’Internet à quelques jours des élections générales de 2024.  Malgré les carences actuelles des dirigeants du jour, Pravind Jugnauth pourrait difficilement rebondir dans le contexte actuel. D’ailleurs le MSM est resté sur la défensive en refusant de soumettre ses propositions aux comités de la réforme électorale sous prétexte que c’est au gouvernement de le faire. Sans compter que de nouvelles arrestations dans des dossiers sensibles et d’intérêt public ne sont pas à écarter.