Alors que le Fron Militan Progresis peine encore à imposer une ligne politique claire depuis sa création, la pression monte autour de Joanna Bérenger et de la question du poste de leader de l’Opposition. Entre refus assumé, critiques grandissantes et soupçons de calculs politiques, l’héritière du clan Bérenger se retrouve désormais au centre de toutes les interrogations. Pendant ce temps, au MMM, les figures montantes avancent déjà à grande vitesse sur l’échiquier politique.
Sur les ondes d’une radio privée cette semaine, Joanna Bérenger n’a pas réellement fait mouche. Comme si le déclic attendu n’arrivait jamais… ou qu’il devenait difficile d’allumer un pétard mouillé. Officiellement, la raison avancée pour ne pas accepter le poste de leader de l’Opposition à savoir que cela donnerait de l’eau au moulin de ses adversaires peine à convaincre. Comment peut-elle refuser un poste qui lui permettrait justement de mettre en avant sa stratégie politique tout en dénonçant ce qu’elle-même et son père critiquent depuis qu’ils ont « crossed the floor » ?
Les observateurs politiques se disent d’ailleurs surpris par la teneur de certaines de ses interpellations sur la pension de vieillesse à 65 ans, le « fair share contribution » ou encore l’utilisation des pesticides. Dans plusieurs dossiers, Joanna Bérenger ne pourra pas oublier qu’elle-même et la bande au FMP ont voté le dernier Budget ainsi que les mesures qui y figurent. D’ailleurs, ils ont prudemment précisé qu’ils ne remettaient pas en cause l’extension de l’âge de la retraite.
Les critiques ? Elles viendront quand même
Serait-ce parce qu’elle refuse le poste de leader de l’Opposition que Joanna Bérenger échappera aux critiques de ses adversaires ? Certainement pas.
D’ailleurs, Reza Uteem n’a pas hésité à annoncer la couleur. Dans un message publié sur Facebook, le président du MMM estime que Paul Bérenger aurait dû devenir automatiquement leader de l’Opposition. Selon lui, le FMP dispose actuellement du plus grand nombre de députés au sein de l’opposition parlementaire, et ce choix constitutionnel devrait logiquement revenir au leader de cette formation.
Il va même plus loin en laissant entendre qu’un rapprochement politique entre le FMP et le Mouvement Socialiste Militant pourrait déjà être en préparation. Dans ce contexte, le FMP aurait préféré soutenir Joe Lesjongard, actuel président du MSM.
Selon Reza Uteem, le fait de ne pas revendiquer ce poste constitutionnel, malgré le poids numérique des parlementaires du FMP, pourrait traduire une volonté de ne pas fragiliser une éventuelle entente politique avec le MSM. Poussant son raisonnement encore plus loin, il estime qu’avec le « deal papa-tifi », Paul Bérenger ne veut surtout pas faire de l’ombre à sa fille.
Baboolall ne décolle pas
Sur l’échiquier politique, l’option consistant à mettre la « marionnette » Chetan Baboolall en avant ne semble pas gagner en momentum.
La politique reste un art où il faut faire monter la mayonnaise des idées et des convictions afin de fédérer autour de soi. Malgré toute la bonne volonté de ceux qui restent, il paraît difficile de voir le député du No 10, Bel-Air/Grande Rivière Sud-Est, émerger face à des figures comme Sushil Khushiram, Motee Ramdass ou encore Dr Satish Boolell.
D’ailleurs, il se montre très discret à l’Assemblée nationale, sans doute encore dans une phase d’apprentissage et de rodage au sein du FMP.
Quelque chose a-t-il réellement changé ?
Clairement, le FMP peine à convaincre. D’abord parce qu’il tente de pêcher dans le même bassin électoral que le MMM, où la devise semble être : « the winner takes it all ».
Sur le plan ethno-politique, il faut reconnaître que des figures comme Patrick Assirvaden, Anabelle Savabaddy, Sydney Pierre ou encore Adrien Duval ne quittent pas d’un demi-pouce le terrain de leurs électorats respectifs. Ce qui complique davantage la tâche du FMP.
Nous ne sommes plus dans les années 80 où les formations politiques étaient suivies aveuglément.
Il n’y a pas eu de tsunami dans l’opinion publique pour faire pencher la balance en faveur du camp Bérenger et du FMP. Au contraire, il y a surtout eu du doute, des critiques et beaucoup de confusion. À titre d’exemple, ni le nom du parti ni son symbole ne semblent réellement accrocher jusqu’ici. Un signe des difficultés évidentes auxquelles cette nouvelle formation fait face.
Reza Uteem : « Ne te cache pas derrière Baboolall »
C’est en substance le message lancé par Reza Uteem à l’héritière de la dynastie Bérenger. Face à cette situation, Joanna Bérenger pourrait n’avoir d’autre choix que d’assumer le poste de leader de l’Opposition afin de jouer un rôle de premier plan dans l’avenir politique du pays. Pourtant, elle a clairement refusé d’endosser cette responsabilité.
Elle a publiquement affirmé ne nourrir ni envie personnelle ni ambition particulière pour le leadership de l’Opposition ou du MMM. Une explication qui paraît difficile à croire, même pour un enfant de l’école primaire.
Un épisode n’est d’ailleurs pas passé inaperçu. Juste après l’expulsion de Franco Quirin, la fille de Paul Bérenger avait été propulsée au poste de vice-présidente du MMM dans un silence presque religieux. Pour une personne affirmant ne pas avoir ce genre d’ambition, elle aurait très bien pu refuser. Pourquoi ne l’a-t-elle pas fait alors ? Et pourquoi devrait-elle refuser aujourd’hui ?
Baboolall soutenu, mais sans élan
Elle affirme certes vouloir privilégier les convictions aux titres, mettant en avant un engagement guidé par des principes plutôt que par la recherche de fonctions. D’où sa décision de soutenir d’autres profils qu’elle juge compétents, comme Chetan Baboolall, estimant qu’il est « pleinement disposé et prêt à assumer le rôle » si nécessaire, tout en essayant d’éviter soigneusement l’étiquette dynastique dont elle souhaite se débarrasser.
Malgré la pression de ses proches pour occuper ce rôle, Paul Bérenger avait déjà indiqué, fin avril 2026, ne pas souhaiter devenir leader de l’Opposition, préférant se concentrer sur la mise en place des structures de son nouveau parti.
Cette semaine encore, interrogé plus précisément sur les propos de Reza Uteem et les allusions à une éventuelle alliance avec le MSM, Paul Bérenger a sèchement répondu :
« Mo pena nanye pou dir lor Reza Uteem. Mo pena okenn komanter pou fer lor seki linn dir. Mo pa akord okenn linportans Reza Uteem. »

