Répondant à la première question supplémentaire du leader de l’opposition sur l’avis du Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, qui estime que le pays a besoin d’un ministre des Finances à plein temps pour gérer la situation économique actuelle, le Premier ministre, Navin Ramgoolam a été catégorique. Il a insisté sur le fait que Maurice a besoin, à ce moment précis, d’un leadership ferme et de décisions courageuses, capable de prendre des mesures rapides et décisives pour protéger l’économie nationale et le bien-être de la population.
Le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, a répondu que le gouvernement est pleinement conscient des défis économiques et a présenté les mesures mises en place pour protéger l’économie nationale et assurer la sécurité des citoyens.
Le Premier ministre a souligné que la situation au Moyen-Orient aurait pu déstabiliser l’économie, particulièrement pour un pays vulnérable comme Maurice. Il a indiqué que des contacts constants ont été maintenus avec les ministres concernés ainsi qu’avec des dignitaires étrangers pour explorer toutes les possibilités d’atténuer les effets économiques et sociaux de ce conflit.
Tous les ministères concernés ont mis en place des plans d’urgence et développé des stratégies à moyen et long terme pour faire face aux conséquences éventuelles. La priorité immédiate a été la sécurité des Mauriciens bloqués dans les zones de conflit. Des mesures rapides ont été prises, incluant la coordination avec Emirates Airlines et Air Mauritius pour organiser les vols de rapatriement.
Il a indiqué que depuis le début des hostilités, plus de 20 000 vols ont été annulés depuis Dubaï, nécessitant une surveillance constante et des actions diplomatiques pour protéger les ressortissants mauriciens.
Mobilisation diplomatique et rapatriement
Depuis les manifestations de décembre 2025 en Iran, le Premier ministre a indiqué que l’ambassadeur à l’Arabie Saoudite, a joué un rôle clé pour assurer le rapatriement des Mauriciens. Le 19 janvier 2026, le ministère des Affaires étrangères a mis en place une hotline pour les citoyens en détresse et conseillé d’éviter tout voyage non essentiel vers l’Iran.
Au 28 février 2026, une alerte a été diffusée avec les contacts d’urgence des missions diplomatiques et le 9 mars 2026, une mise à jour a été envoyée en raison de la situation sécuritaire. Au total, 228 ressortissants mauriciens ont contacté la hotline pour obtenir assistance.
Environ 121 Mauriciens présents dans le Golfe (Koweït, Oman, Qatar, Bahreïn, Arabie Saoudite) ont été pris en charge. Les rapatriements se sont effectués via vols commerciaux et vols spéciaux :
- 3 mars 2026 : 39 Mauriciens rapatriés via Nairobi
- 7 mars 2026 : 20 Mauriciens ont quitté Jeddah pour Maurice
- D’autres rapatriements ont été facilités grâce à la coopération avec l’Inde et la Jordanie pour des ressortissants bloqués en Israël et en Iran
Le Premier ministre a insisté sur le rôle continu du ministère des Affaires étrangères et des canaux diplomatiques pour assurer la sécurité de tous les citoyens restants.
Impacts économiques et mesures gouvernementales
Le Premier ministre a souligné que Maurice, en tant que petite économie ouverte et importatrice nette de pétrole et de denrées alimentaires, est exposée à plusieurs risques :
- Augmentation de la facture énergétique et alimentaire, entraînant une pression sur l’inflation et le coût de la vie
- Hausse des coûts commerciaux et d’assurance sur les importations
- Risques pour l’investissement étranger et le tourisme
La National Economic Coordination Committee, réunissant le Bureau du Premier ministre, le ministère des Finances, la Banque de Maurice, Statistics Mauritius et l’Economic Development Board, a analysé différents scénarios :
- Croissance du PIB 2026 avant conflit : 3,4 %
- Croissance si conflit rapide : 3,2 %
- Croissance si conflit prolongé : moins de 3 %
L’inflation pourrait atteindre 6 %, contre 4 % prévu initialement, et le déficit courant pourrait passer de 4,8 % à 6 % du PIB. La baisse de recettes liée à la ratification tardive du Chagos Treaty pourrait ajouter 10 milliards de roupies au déficit budgétaire, affirme le Premier ministre.
Il a souligné que le gouvernement a mis en place un comité de haut niveau, présidé par le Financial Secretary, incluant Business Mauritius et des organismes publics clés, pour :
- Soutenir les PME et les populations vulnérables
- Renforcer la sécurité énergétique et alimentaire
- Maintenir la résilience de l’économie face aux chocs externes
Sur la question des stocks stratégiques de carburants et de produits essentiels, le Dr Navin Ramgoolam a indiqué qu’au 16 mars 2026, Maurice dispose de réserves suffisantes pour assurer l’approvisionnement du pays pendant plusieurs semaines. L’essence est disponible à hauteur de 8 502 tonnes, couvrant environ 13 jours de consommation, le gasoil atteint 12 327 tonnes pour 23 jours, le jet fuel s’élève à 16 062 tonnes, soit environ 21 jours, et le marine gas oil à 3 000 tonnes. Concernant le gaz de cuisson (LPG), les stocks s’élèvent à 6 772 tonnes, assurant environ 23 jours de consommation.
Le Premier ministre a ajouté que de nouvelles cargaisons sont prévues entre le 17 mars, avril et mai 2026, grâce à la coopération de fournisseurs internationaux ainsi que des gouvernements indien et nigérian, afin de garantir la continuité des livraisons et la sécurité énergétique du pays.
En matière de sécurité alimentaire et de contrôle des prix, le gouvernement maintient une régulation stricte pour protéger les consommateurs. Trente produits alimentaires de base sont soumis à un système de maximum markup, tandis que trente autres produits essentiels bénéficient d’un prix fixe maximum.
Le secteur pharmaceutique est également encadré par un contrôle progressif des marges afin d’éviter toute hausse excessive des prix des médicaments. Enfin, le gouvernement mobilise un fonds de stabilisation des prix de 10 milliards de roupies, destiné à soutenir l’accès aux produits essentiels et aux biens de première nécessité pour la population.
« Malgré les tensions persistantes au Moyen-Orient, le gouvernement reste pleinement engagé à protéger la résilience de l’économie mauricienne et le bien-être de la population. » affirme le Premier ministre.

