- Soleil, chaleur et quelques caprices tropicaux au menu du réveillon
À l’approche des fêtes de fin d’année, l’ile se pare de ses plus belles lumières. Guirlandes scintillantes, décorations rouges et dorées, vitrines festives… Dans les maisons comme dans les centres commerciaux, l’esprit de Noël s’installe, revisité à la sauce tropicale. Une question, pourtant, revient inlassablement chaque mois de décembre : sapin artificiel ou sapin naturel ? Si le synthétique gagne clairement du terrain, le sapin naturel conserve une place à part dans le cœur de nombreux Mauriciens
La météo varie toutefois selon les régions.
Décembre marque l’entrée franche dans l’été austral. Les journées sont longues près de 13 heures de lumière et les températures oscillent entre 28 et 31 °C en journée, avec des nuits douces autour de 23 à 25 °C. Pour les réveillons de Noël et du Nouvel An, la tendance est claire : du soleil, de la chaleur et quelques averses tropicales passagères, souvent en fin de journée ou en soirée.
Au Nord et à l’Ouest, notamment à Grand Baie ou Port-Louis, le temps est généralement plus sec et ensoleillé, idéal pour les réveillons en bord de mer ou les dîners en plein air. Sur le Plateau central, autour de Curepipe, l’ambiance est plus fraîche, mais les averses y sont plus fréquentes. À l’Est et au Sud-Est, chaleur et humidité dominent, avec des pluies brèves mais régulières. Rien d’inhabituel pour un mois de décembre mauricien, mais des conditions qui influencent directement… le choix du sapin.
Pourquoi le sapin artificiel a la côte
Dans les allées des grandes surfaces et des magasins de décoration, le constat est sans appel : le sapin artificiel domine largement les ventes. Vert classique, blanc enneigé, doré, parfois déjà décoré, il se décline en toutes tailles et tous styles.
« Avec la chaleur et l’humidité, un sapin naturel ne tient pas longtemps. Il sèche vite et perd ses aiguilles », confie une mère de famille à Quatre-Bornes. Le sapin artificiel, lui, ne craint ni le climat tropical ni les averses, et reste impeccable jusqu’au 31 décembre… et même au-delà.
Côté budget, l’argument est aussi économique à moyen terme. Les prix varient généralement entre Rs 1 200 et Rs 6 000, selon la taille et la qualité. Un investissement plus conséquent au départ, mais rentable sur plusieurs années. « Aujourd’hui, les familles préfèrent acheter une fois et réutiliser. C’est plus pratique et plus durable », explique un commerçant de Port-Louis.
À cela s’ajoute une sensibilité écologique croissante : éviter la coupe annuelle d’arbres, même encadrée, séduit une partie de la population urbaine.
Le sapin naturel, un rituel qui perdure
Pourtant, malgré cette montée en puissance du synthétique, le sapin naturel n’a pas dit son dernier mot. Son parfum, son authenticité et la symbolique qu’il porte continuent de séduire les amateurs de traditions.
Comme chaque année, la Forestry Service du ministère de l’Agro-Industrie a lancé la vente de ses traditionnels sapins de Noël en pin. La commercialisation a débuté le samedi 20 décembre et se poursuit jusqu’à l’épuisement des stocks, au prix unique et très accessible de Rs 200 l’unité.
Cinq sites à travers l’île accueillent le public :
Curepipe, Port-Louis, Quartier Militaire, Souillac et Pamplemousses.
Des milliers de sapins sont ainsi proposés chaque année, issus de plantations dédiées, dans le cadre d’une gestion forestière contrôlée.
« Ce ne sont pas des coupes sauvages. Ces arbres sont cultivés spécifiquement pour Noël », précise un responsable du service forestier. Sur le Plateau central notamment, de nombreuses familles restent attachées à ce rituel, perçu comme indissociable de l’esprit de Noël.
Le canard, toujours en bonne place sur les tables festives
Qui dit Noël dit repas généreux, parfums qui envahissent la maison et recettes transmises de génération en génération. Et parmi les plats qui traversent les années sans perdre de leur popularité, le canard reste une valeur sûre du repas de Noël.
Rôti au four, laqué au miel, préparé en civet ou accompagné d’une sauce à l’orange ou au gingembre, le canard séduit par sa chair savoureuse et son côté festif. « C’est un plat qu’on réserve aux grandes occasions. À Noël, on veut quelque chose de spécial, qui change du quotidien », confie une mère de famille de Vacoas, occupée à préparer son menu des fêtes.
Si la dinde conserve son aura “traditionnelle”, le canard s’impose comme une alternative élégante, souvent jugée plus raffinée et mieux adaptée aux goûts locaux. Il s’accorde facilement avec les saveurs mauriciennes : épices douces, fruits, miel ou sauce soja légère.
Dans un contexte de chaleur estivale, beaucoup privilégient aussi des accompagnements plus légers : salades fraîches, légumes grillés, fruits tropicaux. Mais une chose ne change pas : le repas de Noël reste un moment de partage, où le canard, trônant au centre de la table, rassemble famille et amis dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

