PNQ: Rs 957 millions saisies, 1 650 arrestations, et 1 068 conducteurs testés positifs à la drogue synthétique depuis janvier 2025

ByRédaction

June 2, 2026

La lutte contre les drogues synthétiques était au centre de la Private Notice Question (PNQ) de Joe Lesjongard adressée au Premier ministre. Dressant un état des lieux préoccupant de la situation, le Premier ministre a affirmé que Maurice continue de faire face à un défi majeur en matière de consommation, de trafic et de criminalité liés aux drogues synthétiques, tout en mettant en avant les mesures entreprises par son gouvernement pour renforcer la lutte contre ce fléau.

Navin Ramgoolam a soutenu que son gouvernement avait hérité d’une « situation toxique » marquée par l’expansion du trafic de drogue et de la consommation de substances illicites sous l’ancien gouvernement MSM.

La consommation de drogues synthétiques a été détectée pour la première fois à Maurice en 2013. Depuis, les autorités ont dû adapter le cadre législatif et renforcer les capacités des services de répression face à l’apparition constante de nouvelles substances psychoactives.

Plus de 1 500 cas recensés et 1 650 arrestations

Le Premier ministre a indiqué que selon les chiffres communiqués par le Commissaire de police, entre janvier 2025 et le 1er juin 2026, la police a enregistré 1 594 affaires liées aux drogues synthétiques, aboutissant à 1 650 arrestations.

Il a également révélé que 361 opérations de répression ont été menées durant cette période. Ces opérations ont permis la saisie de drogues synthétiques d’une valeur estimée à Rs 957,1 millions.

Parallèlement, les contrôles routiers ont été intensifiés. Depuis janvier 2025, 1 837 461 véhicules ont été arrêtés et contrôlés. Les tests effectués ont permis de détecter 1 068 conducteurs positifs aux drogues synthétiques.

Six morts dans des accidents impliquant des conducteurs drogués

Le chef du gouvernement a également attiré l’attention sur les conséquences dramatiques de la consommation de drogues sur la sécurité routière.

Entre janvier 2025 et juin 2026, 44 accidents de la route impliquant des conducteurs ayant été testés positifs aux drogues dangereuses ont été recensés. Ces accidents ont causé la mort de six personnes, tandis que six autres ont été blessées.

Afin de renforcer la lutte contre les trafiquants, la police a mis en œuvre plusieurs stratégies, notamment la collecte de renseignements, le repérage des zones à risque, la surveillance discrète des suspects, les opérations ciblées dans les régions sensibles ainsi que l’utilisation de drones pour les missions de surveillance. Des ressources supplémentaires en véhicules, en effectifs et en équipements spécialisés ont également été déployées.

La NADC au cœur du dispositif national

Le Premier ministre a rappelé que la National Agency for Drug Control (NADC), créée en vertu de la National Agency for Drug Control Act 2025 entrée en vigueur le 15 mai 2025, constitue désormais l’organisme central chargé de coordonner la prévention, la répression, le traitement, la réhabilitation et les actions de réduction des risques.

Cette agence pilote actuellement la mise en œuvre du National Drug Control Master Plan ainsi que plusieurs études destinées à mieux comprendre l’évolution du phénomène.

Une enquête nationale sera prochainement menée auprès des élèves du secondaire afin d’évaluer la prévalence de la consommation de drogues synthétiques chez les jeunes. La NADC prévoit également d’actualiser les données du Drug Use Survey réalisé en 2021 afin de mesurer l’évolution des tendances et d’orienter les futures politiques publiques.

Les recommandations de l’UNODC

Le Premier ministre a rappelé qu’une évaluation réalisée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) en 2024 avait formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles :

  • la mise en place d’un système d’alerte précoce pour détecter rapidement l’apparition de nouvelles drogues ;
  • le renforcement des campagnes de sensibilisation ;
  • l’amélioration de l’accès aux services de traitement et de réhabilitation ;
  • le développement de programmes de suivi post-réhabilitation ;
  • le renforcement de la formation des agents de terrain ;
  • une coopération régionale et internationale accrue.

Dans cette optique, la NADC travaille actuellement avec les institutions de santé et les laboratoires à la mise en place d’un mécanisme national d’alerte précoce destiné à identifier rapidement les nouvelles substances psychoactives et leurs précurseurs chimiques.

Cannabis : consultations en cours

Interrogé par le Leader de l’opposition sur l’absence de référence explicite à une réforme du cannabis dans le National Drug Control Master Plan, le Premier ministre a indiqué qu’un groupe de travail technique étudiait actuellement les différentes options possibles, notamment la législation, la dépénalisation ou d’autres modèles réglementaires.

Des consultations publiques nationales ont été lancées récemment et les recommandations finales seront formulées sur la base des données scientifiques, des études en cours et des avis recueillis auprès des différentes parties prenantes.

Le laboratoire médico-légal face à un arriéré de 8 000 dossiers

Le Premier ministre a indiqué que le laboratoire médico-légal disposait d’équipements modernes et qu’il était actuellement en cours de restructuration sous la direction d’un nouveau directeur recruté du Royaume-Uni.

Toutefois, il a reconnu l’existence d’un important arriéré d’environ 8 000 dossiers. Plusieurs pistes sont actuellement envisagées, dont le recours à l’externalisation de certaines analyses afin d’accélérer le traitement des échantillons.

Le manque de personnel spécialisé constitue également un défi. Le chef du gouvernement a souligné que de nombreux experts du laboratoire consacrent une part importante de leur temps aux procédures judiciaires, ce qui réduit leur disponibilité pour les analyses scientifiques.

Une soixantaine de nouvelles substances identifiées depuis 2013

Selon les données du Forensic Science Laboratory, les cannabinoïdes synthétiques demeurent la principale catégorie de drogues synthétiques détectées à Maurice. En 2025, 1 110 cas impliquant ces substances ont été enregistrés.

Par ailleurs, 252 cas concernaient d’autres drogues dangereuses, notamment des opioïdes synthétiques, des cathinones synthétiques, des benzodiazépines, de la cocaïne et de la méthamphétamine.

Depuis l’apparition du premier cas de drogue synthétique en 2013, environ 60 nouvelles substances psychoactives ont été identifiées à Maurice.

Le Premier ministre a lancé un appel à l’unité nationale face à ce qu’il a qualifié de menace majeure pour la société mauricienne. Selon lui, la lutte contre les drogues synthétiques doit dépasser les clivages politiques et mobiliser l’ensemble des acteurs concernés afin d’empêcher les réseaux criminels de prendre davantage d’emprise sur le pays.

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