Passionnée de scène depuis la maternelle, maquilleuse devenue comédienne, femme engagée, mère et artiste dans l’âme, Widaad Toomun Ghivalla est aujourd’hui l’une des voix féminines les plus identifiées du théâtre et de la comédie mauricienne. De ses premiers poèmes récités en classe jusqu’aux tournées en Europe avec les Komikos, elle livre un parcours guidé par l’intuition, soutenu par sa famille et façonné par un amour absolu pour le public.
Une vocation née sur les bancs de l’école
« Tout le temps mo ti content lor la scène », confie-t-elle avec le sourire, comme si les images d’antan se rejouaient devant elle. Depuis ses débuts en maternelle, Widaad participe à tout : poésie, chant, danse, concours, activités extrascolaires… « Sa goût la mo ti fini gagner depuis bien jeune. » Au secondaire, elle se distingue dans les débats, les pièces théâtrales et toutes les occasions de se produire. Être actrice, dit-elle, était un rêve qu’elle gardait longtemps au fond du cœur, même si son environnement ne semblait pas encore lui offrir cette voie.
La porte s’ouvre finalement plus tard, presque par hasard, quand on lui propose un rôle dans la sitcom Fami Pa Kontan. Le rêve devient réalité.
De la passion au métier : la force du soutien familial
Si certains hésitent avant de se lancer, Widaad a eu la chance d’être portée par une famille qui a cru en elle dès le départ. « Mo fami ine soutenir moi et respecter moi. » Ce soutien est d’autant plus important que sa passion n’est pas qu’un loisir : la comédie devient son travail, son revenu, son activité professionnelle.
Le métier demande toutefois des sacrifices, de l’énergie, des heures de répétition et de tournage. Mais dans son quotidien, une personne facilite ce chemin : son mari, Acktar Ghivalla, lui aussi comédien. Il comprend les horaires imprévisibles, la pression, les tournages qui dépassent les minutes prévues. Un équilibre précieux où la passion devient un dialogue partagé.
Être femme en 2025 : équilibre, volonté et affirmation
Dans son parcours, Widaad ne s’est jamais sentie freinée parce qu’elle est une femme. Les vrais défis, dit-elle, surgissent lorsqu’on manque d’appui ou lorsqu’on jongle entre les responsabilités familiales, professionnelles et artistiques.
Sur scène comme en dehors, Widaad s’engage. Avec les Komiko, elle joue dans plusieurs pièces portant des messages forts, notamment sur les enjeux sociaux et la place de la femme.
« Sur scène, je ne joue pas un rôle : je vis une vérité différente à chaque fois. »
Widaad affirme avec humilité que ce n’est pas elle qui a décidé de sa voie. « C’est la comédie qui m’a choisie. » Sans elle, dit-elle, elle aurait sans doute travaillé « lor terrain », car elle n’a jamais aimé « rester entre les quatre coins du mur ».
L’humour, pour elle, est une boussole inattendue. « L’humour m’a apporté énormément… la joie de vivre, la capacité de donner le sourire aux autres, et ce défi permanent de me dépasser. » Chaque rôle l’a fait grandir : secrétaire, policière, maman, belle-mère, belle-sœur, journaliste, voisine de Madame Maunique, autant de personnages traversés, sondés, incarnés.
Mais son moment de fierté ultime reste sa première tournée européenne avec les Komiko, à Paris et Londres. « Je dis merci à Dieu, et un immense merci à Miselaine Duval pour sa confiance. C’était un très grand succès. »
Un message pour toutes les femmes : vivre sans se retenir
« Je dis à toutes les femmes : si vous avez envie de faire quelque chose, faites-le. On ne vit qu’une fois. N’attendez pas pour ne pas regretter ensuite. » Elle croit profondément en la force féminine : « Nous, femmes, Dieu nous a rendues solides. Nous pouvons suivre nos passions tout en accomplissant nos devoirs de fille, de femme et de mère. Nous tombons, mais quand on se relève, c’est toujours plus fort. » Et pour celles qui continuent de rêver, elle ajoute, avec un sourire complice : « Continuez à rêver jusqu’à ce que vos rêves deviennent réalité, comme cela a été le cas pour moi. »










