Joe Lesjongard : « Ce budget est la plus grande trahison de l’histoire politique du pays »

ByRédaction

June 22, 2026

Lors de son intervention dans le cadre des débats budgétaires, le leader de l’opposition, Joe Lesjongard a lancé une sévère charge contre le gouvernement, estimant que le Budget 2026-2027 est marqué par des promesses non tenues, une gestion confuse et une profonde déconnexion avec les préoccupations de la population.

Dès l’entame de son discours, il a dénoncé ce qu’il considère comme une démarche incohérente du gouvernement concernant la réforme des pensions.

« On présente un budget et ensuite on commence les consultations. C’est le monde à l’envers », a-t-il déclaré, critiquant également le temps limité accordé aux parlementaires pour débattre du Budget.

La pension au cœur des critiques

Joe Lesjongard est longuement revenu sur la réforme de la pension de vieillesse, qu’il qualifie de « plus grande trahison de l’histoire politique du pays ».

Selon lui, l’Alliance du Changement a été élue sur la base de promesses qui ne sont aujourd’hui pas respectées, notamment l’engagement d’augmenter la pension de vieillesse.

« Le terme “voler la pension” est désormais ancré dans la mémoire collective », a-t-il affirmé, estimant que la population ne pardonnera pas cette décision. Le leader de l’opposition a également critiqué le recours à un comité d’experts pour élaborer le nouveau mécanisme de pension, soutenant que même au sein du gouvernement et de la majorité, les explications fournies restent floues.

« La caisse est vide », mais Rs 455 millions pour Clarisse House

Alors que le gouvernement justifie certaines mesures par les contraintes budgétaires, Joe Lesjongard s’est interrogé sur l’inscription, dans le Public Sector Investment Programme, d’un montant de Rs 455 millions destiné à la rénovation et à la modernisation de Clarisse House.

« On nous dit que la caisse est vide et qu’il n’y a pas d’argent pour financer la pension, mais l’État prévoit investir Rs 455 millions dans la rénovation de Clarisse House alors que le peuple souffre », a-t-il lancé. Joe Lesjongard a accusé le gouvernement d’avoir mené campagne sur de « bluffs » et des « fausses promesses ».

Parmi les engagements qu’il estime abandonnés figurent, l’augmentation de la pension de vieillesse ; la baisse du prix des carburants ; la réduction du coût de l’électricité. Selon lui, la réalité a été tout autre, avec plusieurs hausses des prix des carburants et une augmentation de 15 % des tarifs d’électricité.

« Le peuple avait de l’espoir. Aujourd’hui, il se retrouve dans une marée noire », a-t-il déclaré.

Joe Lesjongard a également dressé un constat préoccupant de l’administration publique, qu’il juge « en panne » et fonctionnant au ralenti. Il a évoqué les nombreux départs enregistrés depuis l’arrivée au pouvoir de l’Alliance du Changement, notamment au sein du gouvernement, des conseils d’administration et de plusieurs institutions publiques.

Selon lui, ces événements témoignent de profondes tensions internes et d’un manque de stabilité au sommet de l’État.

Drogue, violence et insécurité : un pays « hors de contrôle »

Le leader de l’opposition a également consacré une partie de son intervention aux problèmes sociaux. Il a notamment dénoncé la progression de la drogue synthétique, affirmant que Maurice est en train de « perdre une génération ».

Il a aussi évoqué la violence et le harcèlement dans les établissements scolaires, ainsi que les difficultés rencontrées par la police, qu’il estime confrontée à un manque de ressources humaines et à un leadership insuffisant. « Nous sommes face à un pays hors de contrôle », a-t-il déclaré.

Quelques mesures saluées

Malgré ses nombreuses critiques, Joe Lesjongard a reconnu plusieurs mesures positives du Budget dont la révision du congé de maternité ; l’allocation de Rs 10 millions pour lutter contre le harcèlement scolaire ; l’acquisition de manuels scolaires et de matériel pédagogique ; la mise en place de programmes pratiques destinés aux élèves de Grade 7 à Grade 9 ; l’instauration d’un jour férié compensatoire lorsqu’une fête publique tombe un dimanche ; et le doublement de l’amende pour pollution sonore, portée de Rs 10 000 à Rs 20 000.

Il a toutefois estimé que ces mesures demeurent insuffisantes face aux difficultés économiques auxquelles sont confrontés les ménages.