Paul Bérenger affirme que le Front Militant Progressiste (FMP) n’a exercé aucune pression sur le Président de la République, Dharam Gokhool, concernant la nomination de Chetan Baboolall au poste de Leader de l’opposition.
Face à la presse ce samedi 8 août, le dirigeant du FMP a expliqué que son parti avait simplement écrit au Président afin de clarifier la situation au sein de l’opposition parlementaire, dans le respect des dispositions constitutionnelles. Le Président de la République a alors procédé à des consultations avant de nommer Chetan Baboolall.
Paul Bérenger a également précisé avoir personnellement téléphoné à Joe Lesjongard afin de lui expliquer la démarche entreprise par le FMP. Selon lui, le Président a agi conformément aux dispositions constitutionnelles.
« Nous avons écrit pour éclaircir et non pour réclamer quoi que ce soit », a-t-il insisté.
Concernant la nouvelle configuration de l’opposition, Paul Bérenger a annoncé que Joanna Bérenger sera la nouvelle whip de l’opposition. Il estime qu’il est « absolument logique » que le whip appartienne au même parti que le Leader de l’opposition afin d’assurer une meilleure coordination du travail parlementaire.
Il a également indiqué qu’il ne souhaite pas prendre la présidence du Public Accounts Committee. Si Joe Lesjongard souhaite occuper cette fonction, « il peut », a indiqué Paul Bérenger.
Sur le plan de l’organisation du FMP, Paul Bérenger a précisé qu’il assume actuellement les fonctions d’acting leader du parti, en attendant la tenue d’une assemblée des délégués dans les prochains mois.
Par ailleurs, le dirigeant du FMP a appelé à « une nouvelle façon de gouverner », fondée sur un dialogue institutionnalisé. Selon lui, les récents débats autour du Finance Bill et de la pension de vieillesse ont démontré les limites d’une gouvernance sans dialogue ni consultation.
Paul Bérenger estime que Maurice pourrait notamment s’inspirer de la Jamaïque en matière de transparence et de responsabilité budgétaire. Il a cité le Financial Responsibility Act, le Financial Administration and Audit Act, le Public Bodies Management and Accountability Act ainsi que l’Independent Fiscal Commission.
Selon lui, le FMP défend depuis plusieurs années des mécanismes similaires à Maurice. Il affirme que certaines de ces propositions figuraient dans le discours du Budget de l’année dernière, mais qu’elles auraient disparu du Budget présenté cette année.
Il a renouvelé son appel aux forces progressistes du pays afin qu’elles « mettent la tête ensemble » pour réfléchir à une nouvelle manière de gouverner. Il souhaite notamment organiser des conférences-débats avec les syndicats et les différentes composantes progressistes afin de rechercher de nouvelles solutions pour le pays.
Paul Bérenger estime que la situation politique actuelle est devenue urgente. Il affirme qu’« il n’y a plus de gouvernement » et parle du « début de la fin du règne » du gouvernement actuel. Il appelle les forces progressistes à s’unir pour « barrer le chemin » au Parti travailliste de Navin Ramgoolam et au MSM.
Concernant l’enquête portant sur une présumée tentative d’importation de cannabis impliquant Véronique Leu-Govind et son époux Gulshan Govind, Paul Bérenger s’est montré prudent. Il préfère attendre l’évolution de l’enquête avant de se prononcer sur une éventuelle démission de la députée.

