Le Finance Bill 2025 apporte un tournant majeur pour l’industrie sucrière et énergétique avec une réforme de la Sugar Industry Efficiency Act (SIE Act). Objectif : rétablir un équilibre entre les droits des compagnies sucrières et leurs responsabilités envers l’économie nationale et leurs employés.
Longtemps, les grandes compagnies ont profité d’avantages comparatifs sans réelle obligation de réinvestir dans la filière. La loi révisée introduit désormais une exigence claire : au moins 50 % des recettes issues de la conversion de terres agricoles devront être réinjectées dans la production sucrière ou dans des projets de diversification du secteur. Le ministre de l’Agro-Industrie, Dr Arvin Boolell, a insisté sur la nécessité de relancer la production de bagasse et de biomasse, rappelant que la part des énergies renouvelables est tombée à 18 %, dont seulement 12 % proviennent de la bagasse.
La réforme élargit également le champ d’application de la SIE Act aux schémas de départ anticipé, volontaire ou de rupture de contrat. Désormais, toute séparation d’emploi devra obtenir l’autorisation du ministère et s’accompagner d’un rapport officiel de la Mauritius Cane Industry Authority. Les entreprises respectant ces conditions bénéficieront d’exemptions fiscales sur la conversion des terres, ce qui facilitera le financement des compensations dues aux travailleurs.
Cette mesure vise notamment à corriger des injustices passées. Exemple : les 13 anciens employés de Bel Air Agricultural Ltd, licenciés en 2019, dont le dossier n’avait jamais été régularisé. « Ils ont été laissés pour compte bien trop longtemps par le précédent régime », a rappelé le ministre, confirmant que leurs droits seront enfin rétablis.
Soutien aux entités en difficulté
Une disposition spécifique cible également le redressement du Rose Belle Sugar Estate Board. L’organisme, confronté à de graves difficultés financières, sera exempté de la taxe sur la conversion des terres. L’objectif est d’attirer des capitaux et de favoriser des projets dans l’agro-industrie, l’énergie renouvelable et l’agriculture à valeur ajoutée.
Au-delà de la simple survie du secteur, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de revitalisation et de modernisation. Elles offrent aux entreprises un cadre légal plus transparent pour investir dans des technologies innovantes, améliorer la productivité des terres et contribuer à un développement durable.

