« L’adoption du nouveau Sports Bill sera un levier majeur pour structurer l’avenir du sport. »
Après une année 2025 marquée par des réformes profondes, des tensions dans certaines fédérations et un vaste chantier de modernisation, le ministre Deven Nagalingum affiche une conviction ferme : la relance du football de haut niveau entre dans une nouvelle ère. Gouvernance, jeunesse, infrastructures, transparence… Entretien sur les fondations d’un renouveau.
Monsieur le ministre, comment résumeriez-vous l’année 2025 sur le plan sportif ?
2025 a été une année de reconstruction et de vérité. Nous avons hérité d’un système fragilisé, marqué par des dysfonctionnements, une perte de crédibilité et une gouvernance parfois défaillante. Nous avons donc commencé par l’essentiel : remettre de l’ordre, restaurer la confiance et bâtir des bases solides. Ce travail est discret, mais absolument nécessaire. Aujourd’hui, nous disposons enfin d’une structure qui permet de planifier l’avenir avec sérieux et cohérence.
« Un budget est d’ores et déjà prévu, et nous avançons selon un plan structuré et méthodique. »
Le football traverse une période difficile. Peut-on réellement parler de renaissance ?
Oui, sans hésitation. Le football renaîtra. Cette renaissance ne sera pas spectaculaire du jour au lendemain, mais elle sera profonde et durable. Nous avons identifié les problèmes : gouvernance fragile, conflits internes, gestion peu rigoureuse. Nous y répondons avec méthode, sans esprit de revanche, mais avec fermeté. Le football est trop important pour notre pays pour être laissé prisonnier d’intérêts personnels ou de luttes de pouvoir.
Qu’est-ce que cela change concrètement pour la Mauritius Football Association ?
Cela change tout. Désormais, les règles sont claires : transparence financière, respect des statuts, procédures conformes au droit sportif, élections organisées dans les règles. Nous accompagnons la MFA dans cette transformation, mais nous ne transigerons jamais sur les principes. La crédibilité du football dépend directement de la qualité de sa gouvernance.
« Nous posons les fondations d’un modèle plus juste, plus transparent et plus crédible pour l’avenir du sport. »
Vous avez annoncé la création d’un Registrar of Associations propre au ministère. Pourquoi cette réforme est-elle déterminante ?
Parce que le système actuel a montré ses limites. Trop de fédérations ont fonctionné sans réel contrôle, avec des statuts flous et des pratiques parfois contestables.
Le nouveau Registrar of Associations permettra un suivi rigoureux des fédérations : leurs statuts, leurs finances, leur fonctionnement et leurs dirigeants.
C’est une réforme structurante qui protège les athlètes, soutient les dirigeants honnêtes et renforce la crédibilité de l’ensemble du mouvement sportif.
Certaines fédérations parlent de pressions. Comment réagissez-vous ?
Je ne fais pression sur personne. Je demande simplement le respect des règles. Lorsque l’argent public est engagé et que l’avenir de nos jeunes est en jeu, la responsabilité est immense. Ceux qui travaillent honnêtement n’ont rien à craindre. Ceux qui refusent la transparence devront rendre des comptes. Ce n’est pas de l’autoritarisme, c’est de la bonne gouvernance.
« Le développement du sport passe nécessairement par des infrastructures modernes, sûres et accessibles à tous. »
Les infrastructures restent un chantier majeur. Où en est-on aujourd’hui ?
Nous avançons sur deux axes. D’abord, le complexe sportif de Côte-d’Or est désormais pleinement opérationnel et constitue un pilier pour le sport de haut niveau et la détection des jeunes talents. Ensuite, nous préparons un vaste programme de rénovation pour plusieurs stades emblématiques, notamment Anjalay Coopen et George V. Ces enceintes doivent retrouver leur place centrale dans la vie sportive nationale.
Quelle place la jeunesse occupe-t-elle dans votre vision ?
La jeunesse est au cœur de notre politique. Nous renforçons les compétitions intercollèges, car c’est là que naissent les vocations et que se construit la discipline. Le sport est un formidable outil d’éducation, d’inclusion et de prévention contre la drogue, la violence et le décrochage scolaire. Il forge le caractère, développe le respect, l’effort et la persévérance. C’est un investissement humain bien plus puissant que n’importe quel programme théorique.
Que dites-vous aux supporters souvent désabusés ?
Je leur dis de garder espoir. Le sport est en train de se reconstruire. Cela prend du temps, mais les fondations sont désormais solides. Nous ne cherchons pas des solutions rapides et fragiles, mais une transformation durable. Le football renaîtra sur des bases plus saines, plus justes et plus ambitieuses.
« L’introduction du nouveau Sports Bill constituera l’un des piliers majeurs de notre action cette année. »
À quoi ressemblera 2026 pour le sport local ?
2026 sera l’année de la consolidation et de l’accélération. Nous introduirons le nouveau Sports Bill, nous poursuivrons la modernisation des infrastructures et nous renforcerons nos programmes jeunesse. Notre objectif est clair : faire du sport un véritable levier de développement social, économique et humain.
Un dernier mot ?
Le sport a trop longtemps été freiné par ses propres faiblesses internes. Aujourd’hui, nous avons le courage d’y faire face. Je suis convaincu que le football renaîtra, que nos athlètes continueront à nous rendre fiers et que la jeunesse trouvera dans le sport un véritable chemin d’avenir.Ce combat, nous le mènerons jusqu’au bout.

