Raj Pentiah : « Nous n’avons plus le droit à l’immobilisme »

ByRédaction

January 2, 2026
  • « Le PRB n’est pas un exercice comptable, c’est un levier de réforme »

À l’heure où le rapport du Pay Research Bureau (PRB) 2025 est désormais public, la fonction publique mauricienne entre dans l’une des périodes les plus décisives de son histoire. Attentes salariales, pressions syndicales, réforme structurelle de l’État, enjeux politiques et transformation institutionnelle : le ministre de la Fonction publique, Raj Pentiah, répond sans détour.

Le rapport du PRB est désormais public. Quelle est votre lecture de ce moment ?


Le PRB est une institution indépendante et son rôle dépasse largement la simple question salariale. Ce rapport vise à assurer un équilibre entre justice sociale, viabilité économique et efficacité de l’État. Il marque une étape importante, car il remet à plat les structures, les carrières et les mécanismes de rémunération. Ce n’est pas un exercice comptable, c’est un véritable outil de transformation de la fonction publique.

« Gouverner, ce n’est pas promettre ce que l’on ne peut pas financer »

Les syndicats dénoncent une hausse insuffisante et menacent de mobilisation. Comment réagissez-vous ?

Je comprends parfaitement la pression sociale. Les attentes sont légitimes. Mais gouverner, ce n’est pas promettre ce que l’on ne peut pas financer. Une réforme sérieuse ne peut pas être construite sur des slogans ou des décisions émotionnelles. Le dialogue avec les partenaires sociaux est permanent, mais le cap reste celui de la responsabilité.

N’est-ce pas un risque politique majeur pour le gouvernement ?

Toute réforme profonde comporte un risque politique. Mais l’immobilisme est un risque bien plus grave. Le pays ne peut plus fonctionner avec une administration lente, rigide et dépassée. Nous avons fait le choix du courage politique, car c’est le seul compatible avec l’intérêt national.

« Nous construisons la fonction publique des vingt prochaines années »

Quel avenir dessinez-vous pour la fonction publique mauricienne ?

Nous construisons une fonction publique moderne, compétente, performante et orientée vers les résultats. Avec l’Institut Atal Bihari Vajpayee, nous introduisons pour la première fois des parcours professionnels certifiants, reconnus localement et internationalement. Le fonctionnaire de demain ne sera plus un simple exécutant administratif, mais un acteur du développement national.

En quoi cette réforme dépasse-t-elle la seule question administrative ?

La fonction publique est le premier visage de l’État. Si elle est inefficace, c’est toute la crédibilité du gouvernement qui s’effondre. Réformer l’administration, c’est restaurer la confiance des citoyens dans les institutions et dans la capacité de l’État à les servir efficacement.

« Une vraie réforme dérange toujours »

Certains estiment que le gouvernement va trop vite, d’autres pas assez loin. Que leur répondez-vous ?

C’est le signe que nous sommes sur le bon chemin. Une vraie réforme dérange toujours. Elle bouscule des habitudes, des intérêts et des zones de confort. Mais nous ne construisons pas la fonction publique du passé, nous construisons celle des vingt prochaines années.

Sur le plan politique, l’alliance Ramgoolam–Bérenger est-elle solide malgré leurs différentes sensibilités ?

Chacun a son histoire, sa sensibilité et sa base politique. Mais il n’y a qu’un seul pays et une seule vision nationale. Navin Ramgoolam et Paul Bérenger ont compris que ce moment de l’histoire exige unité, stabilité et maturité politique. Cette alliance fonctionne parce qu’elle est fondée sur l’intérêt supérieur de la nation.

En tant que juriste, quel regard portez-vous sur l’état actuel du système judiciaire ?

Mon collègue, l’Attorney General Gavin Glover, abat un travail remarquable. Plusieurs projets de loi sont en gestation pour renforcer la sécurité des citoyens, moderniser l’appareil judiciaire et restaurer l’autorité de l’État. Le bureau du DPP a retrouvé toutes ses prérogatives. Les dossiers de la FCC avancent et les enquêtes sont menées sans pression, sans favoritisme et sans peur.

« Le développement doit se voir et se vivre »

Votre circonscription No.7 : que préparez-vous concrètement pour les habitants ?

Avec mes deux colistiers, le Dr Subron et Purrag, nous avons posé des bases solides. Nous avons un engagement sincère pour le développement des villageois. De grands chantiers sont programmés pour 2026 : infrastructures, équipements sociaux, soutien à la jeunesse, création d’emplois et modernisation des villages. Le développement doit se voir et se vivre dans le quotidien des citoyens.

2026 est souvent présentée comme une année charnière. Pourquoi ?

Tout ce que nous mettons en place aujourd’hui – gouvernance, réforme administrative, justice, sécurité, économie  produira pleinement ses effets en 2026. Ce sera une année de performance supérieure pour le pays, dans tous les domaines.

Pour conclure, quel message souhaitez-vous adresser aux Mauriciens ?

Notre pays traverse une période de transformation profonde. L’État se modernise, la justice se renforce, l’économie se prépare aux défis de demain et le service public évolue pour mieux servir les citoyens. À tous les Mauriciens, je souhaite de très belles fêtes en famille. Restons responsables, unis et confiants dans l’avenir. Le meilleur reste à venir.