Les acquisitions du fils de l’ex-commissaire affolent les compteurs
L’enquête de la Financial Crime Commission (FCC) s’intéresse désormais aux avoirs de l’ancien Commissaire de police, Anilkumarsing Dip, et de ses proches. Selon les documents consultés, la famille Dip détient plusieurs biens immobiliers et véhicules de luxe, certains acquis à des montants et dans des conditions qui suscitent de vives interrogations. Mais ce qui attire particulièrement l’attention des enquêteurs, ce sont les acquisitions spectaculaires de son fils, Chandra Prakash Dip, dont la fortune s’est considérablement accrue au fil des années.
Anilkumarsing Dip : un ex-CP au portefeuille garni
Marié à Chandni Busawah, l’ancien patron des Casernes Centrales a investi dans l’immobilier dès 2008. Le 21 avril 2008, il acquiert un terrain de 638 mètres carrés à Marie Jeannie, Rose-Belle, pour la somme de Rs 350 000, auprès de Veuve Baboo Dheerujsing Busawah. La transaction est consignée au registre 783/518, sous le titre TV 6968/50.
Côté automobile, l’ex-CP se distingue aussi : il détient une BMW (2835 AP 12) et une Jaguar E-Pace (7880 MY 25) — deux véhicules de prestige qui traduisent un certain train de vie.
Chandni Dip née Busawah : plusieurs parcelles à son nom
L’épouse de l’ex-commissaire n’est pas en reste. Elle devient propriétaire, le 14 avril 2008, d’un terrain agricole de 2 955 mètres carrés à Marie Jeannie, Rose-Belle, acheté pour Rs 125 000, auprès de la même veuve Baboo Dheerujsing Busawah (registre 783/518, TV 6968/48).
Plus récemment, le 20 novembre 2022, elle a fait l’acquisition d’un terrain de 2 110,44 m² dans le cadre d’un co-partagement, selon le titre TV 5058/38. Le prix n’est pas précisé, ni le nom du vendeur.
Elle détient également un « Goods Vehicle » immatriculé BK 406, utilisé pour le transport de marchandises.
Chandra Prakashsing Dip : le fils, au cœur de la tourmente et des fortunes
Directeur de compagnie et régulièrement cité dans plusieurs affaires judiciaires sensibles, Chandra Prakashsing Dip est marié à Karishma Mungra. Sa trajectoire immobilière, en revanche, témoigne d’un enrichissement fulgurant.
• 06 septembre 2013 : il achète 319 m² de terrain à ses propres parents à Marie Jeannie, Rose-Belle, pour Rs 100 000 (registre 1036/9535, titre TV 9018/25).
• 26 juin 2023 : il s’offre 1 111 m², soit le lot No 31 à Hillside, Forbach, pour la somme colossale de Rs 5 262 474 auprès de La Compagnie Domaine de Labourdonnais Ltée (registre 2016/300033, TV 202308/003093).
• 05 septembre 2024 : le couple Dip acquiert le Lot No 2 du projet résidentiel « Les Serins du Cap » à Rivière du Rempart (Marie Sèche) pour Rs 15 millions, auprès de M. et Mme Koosraj Pandee Gooriah (registre 206/30033, TV 202409/001503).
• 14 mai 2025 : ils récidivent avec le Lot No 1 du même complexe immobilier, pour Rs 15 millions supplémentaires, des mêmes vendeurs (registre 2016/30033, TV 202505/001738).
Ces acquisitions successives, réalisées en l’espace de deux ans à peine, intriguent les enquêteurs, qui cherchent à déterminer l’origine des fonds utilisés pour financer ces transactions.
Côté véhicules, Chandra Dip possède une GWM Steed (5426 SP 11) et une Land Rover Range Rover Sport (6308 JU 23), deux modèles haut de gamme estimés à plusieurs millions de roupies.
Une enquête aux ramifications multiples
La FCC aurait déjà commencé à croiser les données bancaires et les registres fonciers pour retracer la provenance des fonds ayant servi à ces acquisitions. L’objectif : établir si les montants déboursés correspondent aux revenus déclarés par la famille Dip et leurs sociétés associées.
Selon une source proche du dossier, des mouvements financiers inhabituels auraient également été détectés, ce qui pourrait justifier une extension de l’enquête à d’autres personnes ou entreprises liées à la famille.
Vers une nouvelle étape du dossier
Alors que Chandra Prakash Dip est déjà impliqué dans plusieurs affaires en cours devant la justice, cette vérification des avoirs par la FCC pourrait raviver les soupçons de blanchiment et d’enrichissement illicite autour du clan Dip.
Pour l’heure, aucune saisie n’a été effectuée, mais les investigations s’annoncent longues et complexes. Un proche du dossier résume : « Ce n’est que la partie visible de l’iceberg. D’autres noms pourraient suivre. »

