Légumes : les prix chutent à l’encan, mais les consommateurs continuent de payer le prix fort

ByRédaction

July 27, 2026
  • Vers une meilleure transparence des prix : le ministre du commerce annonce un mécanisme

La pleine saison hivernale fait chuter les prix des légumes sur les marchés de gros. Grâce à une production abondante, plusieurs produits affichent des tarifs en nette baisse à l’encan. Pourtant, cette diminution est loin d’être entièrement répercutée sur les étals des marchés et des supermarchés. Entre le prix payé par les détaillants et celui déboursé par les consommateurs, les écarts demeurent parfois très importants.

Poivrons à Rs 25 à l’encan, Rs 200 au détail

Le cas du poivron est sans doute le plus spectaculaire. Acheté Rs 25 la livre à l’encan, il est revendu jusqu’à Rs 200 la livre au détail, soit un écart de 700 %. Le concombre vert passe de Rs 8 à Rs 35 la pièce, le gros piment de Rs 30 à Rs 120 la livre, tandis que la laitue est achetée Rs 10 avant d’être revendue Rs 40.

Les autres légumes suivent la même tendance. Le chouchou grimpe de Rs 7 à Rs 25 la livre, les carottes et les betteraves passent de Rs 10 à Rs 25, le gingembre de Rs 30 à Rs 80, le chou vert de Rs 20 à Rs 50, tandis que le pâtisson augmente de Rs 35 à Rs 60 la pièce. Même la rave, vendue Rs 7 à l’encan, atteint Rs 15 chez les détaillants. La tomate constitue un cas particulier. La caisse s’échange actuellement entre Rs 1 200 et Rs 1 500 à l’encan, contre des niveaux bien plus élevés il y a quelques semaines. Malgré cette baisse, la tomate reste commercialisée autour de Rs 60 la livre au détail.

Comparatif des prix

ProduitEncanDétail
TomateRs 1 200–1 500/caisseRs 60/lb
ConcombreRs 30/pièceRs 70/pièce
Concombre vertRs 8/pièceRs 35/pièce
ChouchouRs 7/lbRs 25/lb
Haricot vertRs 30/lbRs 60/lb
PoivronRs 25/lbRs 200/lb
Gros pimentRs 30/lbRs 120/lb
Petit pimentRs 100/lbRs 200/lb
Piment curryRs 35/lbRs 120/lb
LaloRs 100/lbRs 150/lb
MargoseRs 35/lbRs 50/lb
PâtissonRs 35/pièceRs 60/pièce
CarotteRs 10/lbRs 25/lb
BetteraveRs 10/pièceRs 25/pièce
RaveRs 7/pièceRs 15/pièce
GingembreRs 30/lbRs 80/lb
Chou vertRs 20/pièceRs 50/pièce
Chou rougeRs 50/pièceRs 80/pièce
Chou-fleurRs 40/pièceRs 75/pièce
LaitueRs 10/pièceRs 40/pièce
CressonRs 15/pièceRs 30/pièce
PoireauRs 10/pièceRs 25/pièce
Brède chouchouRs 10/pièceRs 30/pièce
Brède de ChineRs 10/pièceRs 25/pièce
Brède nationaleRs 10/pièceRs 35/pièce
    

Les professionnels du secteur rappellent toutefois que ces écarts ne représentent pas uniquement une marge bénéficiaire. Les détaillants doivent absorber les pertes liées aux invendus, au transport, aux frais de personnel, à la location des étals, à l’électricité, ainsi qu’aux variations quotidiennes des prix à l’encan. Ces coûts pèsent directement sur leur rentabilité. Néanmoins, plusieurs consommateurs estiment que certaines hausses dépassent largement ces charges et s’interrogent sur le niveau réel des marges appliquées sur certains produits.

Marchands et grossistes de légumes sous surveillance fiscale

Parallèlement à cette évolution des prix, le secteur des fruits et légumes figure également parmi les activités suivies de près par la Mauritius Revenue Authority (MRA). Dans le cadre de sa stratégie de lutte contre l’évasion fiscale et la sous-déclaration de revenus, l’administration fiscale renforce ses contrôles auprès de plusieurs secteurs économiques, y compris celui du commerce des produits agricoles. Les vérifications peuvent porter sur la cohérence entre les volumes achetés à l’encan, les ventes réalisées, les revenus déclarés et les mouvements financiers. L’objectif est de s’assurer que les obligations fiscales sont respectées par tous les opérateurs.

Avec la production hivernale qui bat son plein, les prix à l’encan devraient rester relativement bas au cours des prochaines semaines si les conditions météorologiques demeurent favorables. Les consommateurs espèrent désormais que cette tendance se traduira par une baisse plus visible des prix sur les marchés et dans les supermarchés. Une meilleure transmission des baisses de prix tout au long de la chaîne d’approvisionnement contribuerait à préserver le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte où le coût de la vie reste une préoccupation majeure.

Vers un mécanisme de surveillance des prix ?

Face aux importantes disparités observées entre les prix pratiqués à l’encan et ceux affichés sur les étals, le gouvernement envisage la mise en place d’un mécanisme de suivi des prix afin de renforcer la transparence tout au long de la chaîne de distribution. Le ministre du Commerce a déjà reconnu que cette question constitue une préoccupation majeure pour de nombreux consommateurs, confrontés à un coût de la vie toujours élevé.

L’objectif d’un tel dispositif serait de mieux suivre l’évolution des prix, depuis l’achat à l’encan jusqu’à la vente au détail, tout en permettant aux autorités d’identifier les écarts excessifs lorsqu’ils existent. Une telle mesure pourrait également offrir aux consommateurs une meilleure visibilité sur les prix pratiqués et favoriser une concurrence plus saine entre les opérateurs. Sans remettre en cause la liberté du commerce, ce mécanisme viserait à assurer une plus grande transparence du marché et à garantir que les baisses des prix à la production puissent davantage bénéficier aux ménages mauriciens.