En pleine haute saison touristique, le Legend Hill Resort à Rivière-Noire, porté par MJ Développement en partenariat avec Phoenix Hotel Collection, demeure dans l’attente de son autorisation finale de la Tourism Authority pour ouvrir ses portes. Un projet de Rs 4,78 milliards, achevé, certifié, et prêt à fonctionner, mais toujours bloqué. Michaël Ruel, PDG du groupe, revient sur cette situation paradoxale et sur l’enjeu de confiance qu’elle représente pour Maurice et ses investisseurs.
Q : Où en est le projet Legend Hill Resort aujourd’hui ?
Michaël Ruel : Nous avons terminé toutes les étapes de construction, obtenu le certificat d’occupation, et validé la conformité de l’ensemble du site. Les villas, les suites, les infrastructures, le spa, la salle de sport, tout est prêt à fonctionner. Nous avons respecté scrupuleusement les exigences du Property Development Scheme (PDS) et rempli toutes les obligations légales. Aujourd’hui, il ne manque qu’une seule autorisation : celle de la Tourism Authority. Notre demande a été déposée depuis plusieurs mois. Nous attendons simplement que la dernière étape administrative soit franchie pour pouvoir accueillir nos premiers clients.
« Derrière ce retard, ce sont des familles et des investisseurs qui souffrent »
Q : Qui sont les premiers impactés par cette attente ?
Avant tout, nos 84 collaborateurs mauriciens. Cela fait presque neuf mois qu’ils sont en poste, formés, rémunérés, et prêts à démarrer. Ce sont des femmes et des hommes passionnés, fiers de travailler dans un établissement d’exception. Mais au-delà d’eux, je pense aussi à nos propriétaires et investisseurs, venus du monde entier, qui ont cru en la solidité du cadre légal mauricien et en son potentiel touristique. Ils ont investi Rs 4,78 milliards en toute confiance. Aujourd’hui, ils attendent comme nous, dans l’incompréhension. Cette situation envoie un message d’incertitude que Maurice ne peut se permettre.
Q : Quel est l’impact économique de ce blocage ?
Il est considérable. Nous sommes en pleine haute saison touristique, une période cruciale pour l’économie mauricienne. Legend Hill pourrait déjà accueillir une clientèle internationale haut de gamme, attirée par notre concept et la présence d’un chef trois étoiles. Chaque mois d’attente, ce sont des nuitées, des emplois indirects, des revenus fiscaux et des retombées locales qui ne se réalisent pas. Rivière-Noire pourrait bénéficier d’un puissant levier économique, mais nous restons à quai.
« Nous continuons à payer nos employés, par respect et par conviction »
Q : Vous maintenez les salaires malgré le retard d’ouverture ?
Oui, et c’est un choix que nous assumons pleinement. Nos 84 collaborateurs sont tous mauriciens, à plus de 98 %. Nous avons investi dans leur formation, leur savoir-faire, leur engagement. Il n’était pas question de les abandonner. Chaque mois, nous continuons à honorer les salaires, car nous croyons profondément à ce projet. Mais évidemment, cette attente devient difficile à supporter, pour eux comme pour leurs familles. Ils veulent travailler, servir, faire vivre Legend Hill.
Q : Quelle était la philosophie du projet à l’origine ?
Legend Hill a été pensé comme un symbole d’excellence et d’élégance mauricienne. C’est un projet qui combine architecture contemporaine, art de vivre tropical et gastronomie de haut niveau. Notre ambition n’a jamais été de créer un simple resort, mais une expérience immersive dans la beauté et la culture de Maurice. Nous voulons positionner l’île comme une destination touristique haut de gamme reconnue pour son raffinement et son hospitalité authentique.
« Le pays perd une opportunité en pleine haute saison »
Q : Quel serait l’impact à long terme sur la région de Rivière-Noire ?
Le projet représente à lui seul Rs 4,78 milliards d’investissement direct étranger. Outre les emplois directs, il stimulera une multitude d’activités : commerces, artisans, prestataires, agriculteurs, pêcheurs, fournisseurs. C’est tout un tissu économique local qui se mettra en mouvement. Legend Hill n’est pas une enclave, c’est un pôle de dynamisme. Son ouverture créera un effet multiplicateur réel pour la région et pour le pays.
Q : Pourquoi avoir choisi de collaborer avec Phoenix Hotel Collection et Thierry Naidu ?
C’est un partenariat naturel. MJ Développement possède une solide expertise en immobilier et un ancrage financier fort, avec plus de Rs 13,9 milliards investis à Maurice depuis plus de 11 ans. De son côté, Phoenix Hotel Collection, dirigée par Thierry Naidu et sa fille Eva, apporte une maîtrise complète du secteur hôtelier et une connaissance intime du marché mauricien. Ensemble, nous partageons une même vision : faire rayonner Maurice à travers des projets exemplaires, innovants et durables. Thierry et Eva sont des Mauriciens de cœur, revenus au pays pour investir leur expérience internationale dans le tourisme d’excellence.
Q : Vous avez annoncé la venue du chef triplement étoilé Michelin, Glen Viel. Pourquoi ce choix ?
Parce que nous voulons faire de Legend Hill un lieu qui inspire et attire. Glen Viel, chef du restaurant L’Oustau de Baumanière à Baux-de-Provence, figure parmi les plus grands noms de la gastronomie mondiale. Sa venue à Maurice, pour ouvrir un restaurant au sein du resort, est une véritable première. Cela positionne notre établissement au niveau des destinations gastronomiques de prestige et donne une visibilité internationale à la destination Maurice. Ce projet n’est pas seulement hôtelier — c’est un acte de foi dans la créativité et la qualité mauricienne.
« Legend Hill est un moteur pour tout l’Ouest »
Q : Quel message souhaitez-vous adresser aujourd’hui ?
Que Legend Hill n’est pas qu’un projet immobilier ou hôtelier. C’est une promesse faite à Maurice — celle de croire en son potentiel, en son avenir et en ses talents. C’est un projet porté par des Mauriciens et des partenaires internationaux qui ont choisi d’investir ici, de créer de l’emploi, de partager un savoir-faire et une vision. Nous sommes confiants. Nous continuerons à défendre ce projet avec transparence, rigueur et respect des lois. Legend Hill mérite d’ouvrir. Maurice mérite de briller. Et nos collaborateurs méritent enfin de travailler.

