Répondant à la Private Notice Question (PNQ) du Leader de l’opposition, le ministre du Commerce et de la Protection des consommateurs a annoncé que Rs 710,1 millions ont déjà été versées aux opérateurs éligibles dans le cadre du Price Stabilisation Fund, tandis que Rs 366 millions de remboursements supplémentaires sont en cours de traitement. À cela s’ajoutent Rs 280 millions versées aux boulangeries.
Au total, le gouvernement prévoit une enveloppe de Rs 1,4 milliard destinée à financer les subventions sur une série de produits de première nécessité, affirme-t-il.
Le ministre a expliqué que les produits retenus l’ont été après une analyse menée en concertation avec plusieurs institutions, dont la Mauritius Revenue Authority, le ministère des Finances et les associations de consommateurs. Cette étude s’est appuyée sur l’évolution des prix internationaux, les coûts du fret, les fluctuations du taux de change, les coûts d’importation ainsi que les habitudes de consommation des ménages.
Le mécanisme, approuvé à la fin du mois d’août 2025, a d’abord concerné le lait en poudre, l’huile alimentaire, le lait infantile, les couches pour bébés et le fromage fondu. Il a ensuite été élargi aux conserves de maquereaux et de pilchards, à d’autres catégories de couches ainsi qu’à trois familles de médicaments essentiels : les traitements contre le diabète, l’hypertension et les maladies cardiovasculaires.
Selon le ministre, le choix d’une subvention fixe par unité plutôt qu’un pourcentage variable permet de mieux maîtriser les dépenses publiques tout en garantissant une réduction visible pour les consommateurs.
Les relevés effectués par le ministère montrent que les baisses de prix observées sur les produits alimentaires concernés varient généralement entre Rs 10 et Rs 55 par unité.
Les montants déjà remboursés concernent principalement le lait en poudre (Rs 362 millions), l’huile alimentaire (Rs 246 millions), le fromage fondu (Rs 41,7 millions), le lait infantile (Rs 26,5 millions) et les couches pour bébés (Rs 11,2 millions), les autres catégories bénéficiant également d’un soutien financier.
Le dispositif sera désormais étendu à Rodrigues selon un principe d’égalisation des prix afin que les consommateurs rodriguais bénéficient des mêmes prix qu’à Maurice. Cette extension représente un coût annuel estimé à Rs 260,2 millions, dont Rs 1,4 million pour Rodrigues.
Concernant l’extension de la taxe d’accise de Rs 2 aux bouteilles en plastique, mesure prévue à partir du 1er octobre 2026, le Leader de l’opposition a demandé pourquoi certains fabricants et distributeurs avaient déjà augmenté leurs prix avant même l’entrée en vigueur de cette taxe et si le ministère avait ouvert une enquête.
Le ministre a répondu qu’il s’agissait d’une mesure fiscale relevant de la politique environnementale du gouvernement. Les produits concernés n’étant pas soumis au contrôle des prix, les entreprises restent libres d’absorber ce coût ou de le répercuter sur les consommateurs.
Joe Lesjongard a également affirmé que cette mesure pourrait toucher plus de 2 000 produits commercialisés quotidiennement, y compris certaines boissons considérées comme saines, tout en regrettant qu’aucune alternative aux bouteilles en plastique n’ait été proposée aux fabricants.
Le ministre a estimé que les opérateurs économiques devront progressivement s’adapter, tout en rappelant que cette mesure vise à réduire l’utilisation du plastique et à protéger l’environnement.
Plus de 11 500 inspections en un an
Le ministre a également mis en avant le renforcement des contrôles effectués par la Consumer Affairs Unit.
Entre le 8 juillet 2025 et le 6 juillet 2026, 11 567 commerces ont été inspectés. Les agents ont constaté 1 240 infractions, donné lieu à 1 215 Fixed Penalty Notices et réalisé 595 opérations d’échantillonnage.
Parallèlement, 2 541 plaintes ont été enregistrées sur le Citizen Support Portal, dont 89,5 % ont déjà été résolues.
Les principales infractions relevées concernent l’absence d’affichage des prix, des étiquettes non conformes, des pratiques commerciales déloyales, la vente au-dessus des prix autorisés, la rétention de marchandises, le défaut de transmission des fiches de coûts ainsi que le non-respect des obligations liées aux produits subventionnés.
Depuis la présentation du Budget jusqu’au 6 juillet 2026, les inspecteurs ont effectué 515 nouvelles inspections, sanctionnant 43 infractions.
Questionné sur l’absence de recrutements supplémentaires alors que plus de 11 000 inspections sont prévues cette année, le ministre a assuré que les effectifs actuels atteignent déjà leurs objectifs et que de nouveaux outils numériques permettront d’améliorer davantage la surveillance du marché.
Il a notamment annoncé la mise en place d’un logiciel permettant de consulter et comparer les prix pratiqués dans différents points de vente à travers le pays.

