Sattar Hajee Abdoola : l’accusation provisoire tombe, la FCC envisage l’appel

ByRédaction

September 1, 2026

La cour de Rose-Hill a rayé, cette semaine , l’accusation provisoire de blanchiment d’argent qui pesait sur Abdul Sattar Hajee Abdoola dans le cadre d’un paiement de Rs 3,696 millions effectué par Air Mauritius à Grant Thornton Advisory Services Ltd (GTAS Ltd). La magistrate Shaheen Dawreeawoo a estimé que les éléments présentés ne permettaient pas d’établir un lien concret entre le suspect et l’infraction alléguée. La Financial Crimes Commission (FCC) envisagerait toutefois de contester cette décision en appel.

L’affaire trouve son origine dans un contrat de Rs 8,5 millions conclu entre Air Mauritius Ltd et Grant Thornton Advisory Services Ltd pour des services de conseil. C’est dans ce contexte qu’un montant de Rs 3,696 millions avait été versé, le 31 mars 2020, sur le compte bancaire de GTAS Ltd auprès d’AfrAsia Bank. Sattar Hajee Abdoola, qui était alors directeur de la société, avait été arrêté le 19 novembre 2025 dans le cadre de l’enquête menée par la Financial Crimes Commission. Il avait par la suite été libéré sous caution.

Les soupçons de la FCC

L’enquête, initiée par la FCC, portait notamment sur les circonstances entourant l’attribution du contrat de Rs 8,5 millions. Selon la Commission, les procédures habituelles de passation de marché n’auraient pas été respectées. Le contrat n’aurait notamment pas été soumis au service des achats ni au département juridique d’Air Mauritius et n’aurait pas reçu l’approbation du conseil d’administration de la compagnie aérienne. La FCC soutenait également qu’aucun rapport de GTAS Ltd n’aurait été remis à la compagnie.

Les enquêteurs estimaient par ailleurs que Sattar Hajee Abdoola avait participé aux discussions concernant le contrat, notamment sur la nature des services à fournir, la fixation des honoraires et les modalités de paiement. La FCC s’était également intéressée à la rapidité avec laquelle le paiement avait été effectué, dans le contexte particulier du confinement lié à la pandémie de Covid-19, ainsi qu’à la nomination ultérieure de Sattar Hajee Abdoola comme administrateur conjoint d’Air Mauritius.

Selon la thèse de la Commission, les services concernés n’auraient pas été exécutés et les fonds versés n’auraient pas été remboursés. Une ordonnance de saisie pénale avait ainsi été obtenue concernant la somme litigieuse.

La défense conteste le lien avec Sattar Hajee Abdoola

La défense a, pour sa part, soutenu que le paiement découlait d’un contrat conclu entre deux entités juridiquement distinctes. Elle a également mis en avant le rôle de Mariam Rajabally, elle aussi directrice de GTAS Ltd à l’époque. Selon les arguments présentés devant la cour, c’est elle qui aurait négocié et signé l’accord, agi comme interlocutrice auprès d’Air Mauritius et signé aussi bien la facture que les instructions relatives au paiement.

 La défense contestait ainsi l’existence d’éléments permettant de rattacher personnellement Sattar Hajee Abdoola à une éventuelle infraction de blanchiment d’argent.

« Des faits concrets », pas des conjectures

Dans sa décision, la magistrate Shaheen Dawreeawoo a rappelé la nature particulière d’une accusation provisoire. Celle-ci sert essentiellement à encadrer juridiquement un suspect pendant qu’une enquête est en cours et ne constitue en aucun cas une décision sur sa culpabilité.

La cour a reconnu que certains éléments avancés par la FCC pouvaient justifier la poursuite des investigations. Elle a toutefois estimé qu’ils ne permettaient pas, à ce stade, d’établir un lien suffisamment concret entre Sattar Hajee Abdoola et l’infraction alléguée. « La suspicion raisonnable doit reposer sur des faits concrets compatibles avec l’implication du suspect, et non sur une conjecture », a notamment souligné la magistrate.

En conséquence, l’accusation provisoire de blanchiment d’argent a été rayée le 27 août.

Cette décision ne signifie toutefois pas nécessairement la fin du dossier. La FCC envisage de faire appel, ce qui pourrait ouvrir un nouveau chapitre judiciaire dans cette affaire.

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